16/04/2008

The Brunettes & Alaska in Winter @ Botanique

Alaska


The Brunettes & Alaska in Winter @ Botanique

 

Mardi 15 avril 2008. 20h.

 

Deux mois. Ça fait plus de mois que je garde cette place à l’abri d’un vol ou d’une perte. Il faut dire qu’avec une telle affiche, la soirée devait être magistrale. Quelque part entre la Nouvelle-Zélande, le Nouveau Mexique et l’Alska, deux-cents personnes dans une Rotonde bien remplie et Bruxelles, le temps d’une soirée musicale, au centre du monde.

 

Quand j’ai eu l’occasion de les découvrir en novembre dernier au Recyclart (chronique par ici), The Brunettes avaient brillé et m’avaient conquis. La seule question qui me hantée était de savoir quand ces néo-zélandais reviendraient en Belgique. Un souhait rapidement réalisé. Un souhait rêvé aussi puisqu’en plus de revenir cinq mois plus tard, ils jouent ce soir dans la plus jolie salle du Royaume, la Rotonde.

20h05 pétantes. Dès les premières notes, je suis ravi de constater qu’entre l’univers des Brunettes et moi la magie prend toujours autant et aussi rapidement. Ils sont charmants et amusants. Entre le couple, qui occupe le devant de la scène, l’harmonie est parfaite et touchante. Une harmonie qui côtoie une grande complicité largement ressentie. Pourtant, ils ne sont pas seuls et ils s’intègrent plus ou moins facilement au groupe de quatre musiciens multi-instrumentalistes qui les accompagnent. Je dis plus ou moins car cette fois entre eux et le groupe ça prenait un peu moins bien, il n’y avait pas cette bonne humeur ambiante sur scène ou cette prise de parole à tout va. C’est essentiellement le duo qui occupe le devant de la scène.  A eux six, avec de nombreux instruments, cuivres et percussions, ils apportent une ampleur supplémentaire à des morceaux juste sympas et gentils sur cd. Mais alors, des tubes comme Brunettes Against Bubblegum Youth ou Her Hairagami Set déjà efficaces et entraînants en version album prennent en live une tournure magique et insoupçonnée.

Par contre, par rapport à leur dernière prestation bruxelloise, le groupe paraît moins en forme, plus fatigué et les musiciens un peu moins barrés. Dommage parce qu’il y avait moyen de mettre un joyeux bordel sur scène avec des gars loufoques comme eux. J’en ressors satisfait mais un peu déçu. Une déception qui s’accentue encore un peu plus après avoir été discuté avec le chanteur du groupe après le concert…plutôt antipathique… Un gars qui expliquera ne pas trop être en forme pour…avoir trop mangé lors du souper…

Après cinquante minutes et une bonne prestation ni trop courte ni trop longue, le groupe quitte la scène pour laisser place à Alaska in Winter.

 

Brunettes (2)


 
 

A Alaska in Winter est inexorablement accolé le nom de Zach Codon de Beirut et c’est sans doute ce qui leur vaut une bonne partie de leur renommée. Pourtant, sur scène, et c’est une surprise pour certains, pas de traces de Zach. On y retrouve juste  son influence vocale et musicale (dans les cuivres). Sur scène, pas l’ombre d’un musicien. Et là aussi, ce sera une surprise pour une bonne partie du public. Alaska in Winter, sur scène en tout cas, c’est l’œuvre d’un mec, de sa voix, de son Mac et d’un dvd. Sur ce dernier, l’enregistrement d’un orchestre vidéo. Pour faire simple, toutes les parties instrumentales sont enregistrées ; l’écran est divisé en plusieurs cases et dans chacune de celles-ci, le gars mime de jouer aux instruments qu’on entend.

L’espace est donc désespérément vide. Un Mac et un projecteur planté au milieu font donc office de groupe. A l’extrême droite, un micro. Le chanteur lance son dvd et il vient y poser une voix pas toujours juste. C’est surprenant, voire intéressant, durant les trois premiers morceaux mais tout ça perd très rapidement tout intérêt. S’il y avait une pointe de génie, de charisme ou d’intelligence dans le personnage, ça aurait pu rester intéressant. Mais là, je ne vois pas grand-chose d’autre qu’un gugusse qui change de vêtement à chaque morceau. Un gugusse qui ira même jusqu’à quitter la scène durant deux minutes pour changer de veste… Je n’accroche pas du tout et j’en ressors déçu comme tout… Même si sur cd, ça reste du plus bel effet…

 

Brunettes


23/11/2007

Crëvecoeur & The Brunettes @ Recyclart

Crëvecoeur & The Brunettes @ Recyclart

 

Mercredi 21 novembre 2007.

Avec le quatuor français de Crëvecoeur et les néo-zélandais de The Brunettes, la soirée gratuite qui s’annonçait au Recyclart ne pouvait être, musicalement parlant, qu’exceptionnelle. La seule incertitude, mes seuls doutes ne pouvaient provenir que de l’endroit,le Recyclart.

Jackpot.

 

Le Recyclart est certainement la salle de concert la plus étrange mais aussi la plus ‘underground’ de Bruxelles et ce, non seulement par sa programmation et son public mais aussi par l’endroit lui-même, une gare désaffectée.

Je m’étais pourtant paré à toute éventualité en demandant la veille quelques confirmations au Recyclart…

 

« Les concerts de The Brunettes et Crëvecoeur sont gratuits! Ils sont prévus à 20h00.»

 

Malgré tout, je n’ai pas vraiment été surpris de devoir poiroté quelques longues minutes (mais en charmante compagnie) pour enfin voir Crëvecoeur monter sur scène à … 21h15

 

Crëvecoeur est un trio atypique, formé en 2003. Tout d'abord composé d'un duo de deux jeunes multi-instrumentistes (guitares, percussions, harmonium, trompettes et divers toy-instruments), Crëvecoeur est devenu un trio avec l'arrivée d'une violoniste, elle-même touche-à-tout musical.

 

J’étais vraiment impatient de les découvrir sur scène mais après quelques morceaux et surtout en essayant de me remémorer le concert, je ne me souviens que des mauvais côtés de ce set.

Une intensité sonore générale assez faible, en tout cas pas assez forte pour couvrir le brouhaha du public.

Un groupe pas franchement inspiré et si peu charismatique, peut-être intimidé par l’endroit, par le public. Et surtout, un public tellement peu concerné, accueillant et respectueux. C’est vraiment dommage car voir ce groupe dans une salle comme le Botanique, devant un public qui a payé sa place aurait été tellement plus agréable… Enfin, le groupe reste excellent et prometteur… sur cd…

Prochain album prévu pour mars 2008.

 

22h20. C’est au tour des stars de la soirée de tenter d’attirer l’attention de la salle, The Brunettes. Ceux qui s’attendaient à admirer un groupe de brunes plantureuses seront déçus…

 

De la Nouvelle-Zélande, certains préféreront ne retenir que la surpuissance des All Blacks.
D'autres, bien au fait de l'histoire du Rock, auront tendance à mettre le doigt sur autre chose:
admettons que cette petite île du bout du monde compte parmi ses citoyens les plus fervents défenseurs de la pop music, des Go-Betweens en passant par The Datsuns, jusqu'au négligeable Crowded House ou aux oubliés The Bats.
Leur point commun? Un goût artisanal de la chanson bien troussée, l'humilité chevillée au corps et des rêves plein la tête.
The Brunettes, à l'origine duo marital venu d'Auckland, ne pourra contredire cette affirmation: leur musique va droit au coeur.
Ainsi, depuis 1998, Jonathan Bree et Heather Mansfield mêlent adroitement ambiances douces-amères, électro légère et pop juvénile.
Le mythique label Sub Pop ne s'y trompera pas: ce groupe à du génie, comme le montre "Structure and Cosmetics", leur nouvel album à paraître en novembre 2007

 

Très joli mais peut-être un peu trop gentil et doux sur cd, The Brunettes, magnifiquement soutenu par de nombreux instruments, prend par contre toute son ampleur sur scène.

A la différence de Crëvecoeur, adossé contre un ampli à gauche de la scène, le groupe a quant à lui réussit à me faire oublier l’endroit où j’étais.

Sur scène, il y a une réelle osmose à la fois entre couple qui occupe le devant de la scène mais aussi entre les quatre autres musiciens qui les accompagnent. Une harmonie dans les voix, dans les instruments, dans les sourires, une générosité qui se dégage, une envie de faire danser, une envie de bien jouer, de rendre heureux.

L’alliance saxo, trompette, synthés, xylophones, guitares, batterie, basse et voix est parfaitement restituée sur scène. La pop qu’ils dégagent est délicieuse, jetez vous sur leur excellent dernier album « Structure & Cosmetics » et retenez bien ce nom The Brunettes.

 

N’empêche qu’il restait quand même ce public, d’une nonchalance extrême et d’un manque de respect total. Si bien que, admiratif devant le talent des six musiciens, pendant l’intégralité du concert une seule question me taraudait l’esprit : « Ils sont vraiment exceptionnels, comment faire revenir ces néo-zélandais en Belgique…aux Nuits Botanique par exemple ??? »

Et quand ils annoncent en fin de concert qu’ils reviendront au printemps pour une tournée européenne, j’ai bon espoir de voir se souhait se réaliser…

 

« Encore un » vous allez me dire, mais c’est un de mes coups de cœur de la rentrée !

 

Brunettes