24/03/2010

Owen Pallett @ Botanique 23/03/2010

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Deux ans plus tard…

Mardi 23 Mars 2010, 20h, Botanique, Bruxelles. Deux ans plus tard, je ne change pas. Ou plutôt, je ne change pas une recette qui gagne. Toujours la même ville, toujours la même heure et toujours le même genre de concert. Par contre, ce qui change ou en tout cas ce qui semble changer à mes yeux, c’est la centaine de personne qui m’entoure dans la Rotonde pour assister à la prestation du jour, Owen Pallett. Il y a quelques années, lorsque j’assistais à des dizaines de concerts chaque année et que je m’empressais de publier les comptes-rendus de ces soirées sur ToX, il m’arrivait assez régulièrement de me retrouver dans des salles pour ainsi-dire quasiment vides. J’y retrouvais quelques habitués, d’autres mélomanes dont les visages m’étaient familiers. Aujourd’hui, l’explosion de la musique live semble aussi se faire ressentir au Botanique. Résultats, de plus en plus de monde et de plus en plus de concerts complets. Bonne surprise. Ou pas. C’est à cause de ce nouvel engouement que j’ai raté, entre-autre, le concert de The Tallest Man On Earth. Complet à la dernière minute.

C’est qui change aussi, c’est le public. Alors qu’auparavant les néerlandophones semblaient plutôt délaisser les salles francophones du Botanique. Aujourd’hui, ils semblent y trouver leur bonheur dans la programmation indie. La faute (ou grâce c’est selon) aux médias néerlandophones qui contrairement aux médias francophones n’hésitent pas à se mouiller et à orienter leurs lecteurs/auditeurs vers une certaine prise de risque et vers des goûts et des découvertes relativement pointus. En témoigne le concert de The Antlers qui remplit par deux fois l’ABClub. Du coup, un large public néerlandophone est désormais attiré vers le Botanique.

C’est qui change aussi, mais à ma petite échelle personnelle cette fois, c’est le fait de maintenant habiter à 10 minutes à pied du Bota. Très pratique donc. Ce qui change aussi, c’est d’être salarié, d’avoir un boulot, de merde mais qu’importe, c’est d’avoir des rentrées financières qui me permettraient d’assister à beaucoup plus de concerts si je le voulais. Mais mes préoccupations sont ailleurs maintenant. Nettement moins pratique du coup.

Désormais, je choisis mes concerts. Owen Pallett en fait partie. Ce gars, je l’ai découvert en 20005 grâce à l’album qu’il a produit sous le nom de Final Fantasy, « Has a good home ». A l’époque, j’étais tombé amoureux du morceau « Furniture ». http://www.youtube.com/watch?v=85PmZJoor74 . J’ai du l’écouter des centaines de fois. Ensuite, j’ai vaguement suivi la sortie de ces EP et albums suivants. Mais surtout, j’étais toujours impressionné de constater les nouvelles contributions de cet artiste. Arcade Fire, Beirut, Stars, and many more. Je n’étais pas un auditeur acharné ou un fan absolu d’Owen Pallett mais j’appréciais ce qu’il faisait et j’attendais avec une réelle impatience de pouvoir le rencontrer en live. Pourtant, en 5 ans, je n’en avais jamais eu l’occasion. C’est réparé maintenant !


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Mardi 23 mars. 20h. Quelques heures avant le début du show, deux nouvelles. Une bonne et une mauvaise. Ou alors deux bonnes, deux mauvaises, je ne sais pas trop. Le concert est complet et une première partie est annoncée. Ce sera des norvégiens. Next Life. Trente seconde d’écoute sur MySpace me suffisent pour savoir que… ce ne sera pas ma tasse de thé. Disons le comme ça.  Quelques minutes avant le concert, je n’arrivais toujours pas à trouver la motivation pour me rendre à ce concert que j’attendais pourtant de longue date. Si bien que si un gars à l’entrée m’avait proposé de me racheter ma place, pour quelques euros de plus que les 7€ du prix d’achat, j’aurais craqué. Mais il n’avait pas d’amateur. Grand bien m’en fait.

Il fait chaud. Comme prévu la Rotonde est pleine à craquer et sur le coup de 20h10, le trio norvégien débarque. Longs cheveux, pantalons treillis, postures très particulières, avant même qu’ils ne commencent à jouer, ils proposent déjà tous les clichés de métalleux de seconde zone. Mais le plus marrant n’est pas là, il viendra justement quand ils commenceront à jouer. J’ai rarement eu cette sensation : un public, un groupe et une énorme incompréhension. Un public qui est venu pour écouter un virtuose du violon et qui se voit proposer en première partie du black métal instrumental et norvégien. Du coup, les réactions sont extraordinaires à observer. Après le premier morceau, il n’y eu que quelques applaudissements et leurs contraires, quelques huées  Par la suite, les « Bouhhhh » se sont tus, laissant place à quelques timides frappements de mains. C’était nul et franchement mauvais et pourtant, mémorable comme première partie. Heureusement, 20 minutes plus tard, ils pliaient déjà bagages.

A l’approche de 21h pourtant, place à la magie d’Owen Pallett. Bizarrement, c’est ce concert et ce moment intense, magique et magnifique qui m’a donné envie de reprendre la plume et de vous faire partager mes impressions et cependant, je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce moment parfait. C’est vrai qu’Owen Pallett, sur CD, c’est joli mais ça m’emballe moyennement. C’est parfois relativement chiant. Mais je savais que sur scène, il proposait autre chose. Il y a 1 an, j’avais eu l’occasion d’assister à un concert d’Andrew Bird. Comme Owen Pallett, il est seul sur scène et construit ses morceaux en maniant habillement l’oversampling (une technique de jeu musical. Elle consiste à construire un morceau en enregistrant à l'aide d'un sampler plusieurs bribes successives les unes par dessus les autres. Dixit Wikipédia) Cela m’avait beaucoup plu et je savais que je pouvais m’attendre au même genre de construction musicale pour le concert de ce soir. Par contre, je ne pouvais pas prévoir qu’une telle intensité allait se dégager des interprétations d’Owen Pallett. Le rendu sonore était tout simplement parfait et minutieusement réglé. Le jeu de l’artiste était incroyable, tout comme sa voix d’ailleurs. Et je suis resté, 1h10 durant, bluffé et emporté par un tel talent.

Bref, c’était magnifique et je me souviendrais longtemps de la prestation de cet incroyable artiste qu’est Owen Pallett.

Ce qui n’a pas changé, c’est que je ne m’aventurai pas en profondeur dans une analyse musicale du concert. C’est pas trop mon truc et d’autres font cela bien mieux que moi. Si vous voulez donc en savoir encore plus sur le concert, je vous invite à aller lire ce qu’en a écrit mon ami Marc : http://mescritiques.be/spip.php?article1032

Tchusss               

 

16/04/2008

The Brunettes & Alaska in Winter @ Botanique

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The Brunettes & Alaska in Winter @ Botanique

 

Mardi 15 avril 2008. 20h.

 

Deux mois. Ça fait plus de mois que je garde cette place à l’abri d’un vol ou d’une perte. Il faut dire qu’avec une telle affiche, la soirée devait être magistrale. Quelque part entre la Nouvelle-Zélande, le Nouveau Mexique et l’Alska, deux-cents personnes dans une Rotonde bien remplie et Bruxelles, le temps d’une soirée musicale, au centre du monde.

 

Quand j’ai eu l’occasion de les découvrir en novembre dernier au Recyclart (chronique par ici), The Brunettes avaient brillé et m’avaient conquis. La seule question qui me hantée était de savoir quand ces néo-zélandais reviendraient en Belgique. Un souhait rapidement réalisé. Un souhait rêvé aussi puisqu’en plus de revenir cinq mois plus tard, ils jouent ce soir dans la plus jolie salle du Royaume, la Rotonde.

20h05 pétantes. Dès les premières notes, je suis ravi de constater qu’entre l’univers des Brunettes et moi la magie prend toujours autant et aussi rapidement. Ils sont charmants et amusants. Entre le couple, qui occupe le devant de la scène, l’harmonie est parfaite et touchante. Une harmonie qui côtoie une grande complicité largement ressentie. Pourtant, ils ne sont pas seuls et ils s’intègrent plus ou moins facilement au groupe de quatre musiciens multi-instrumentalistes qui les accompagnent. Je dis plus ou moins car cette fois entre eux et le groupe ça prenait un peu moins bien, il n’y avait pas cette bonne humeur ambiante sur scène ou cette prise de parole à tout va. C’est essentiellement le duo qui occupe le devant de la scène.  A eux six, avec de nombreux instruments, cuivres et percussions, ils apportent une ampleur supplémentaire à des morceaux juste sympas et gentils sur cd. Mais alors, des tubes comme Brunettes Against Bubblegum Youth ou Her Hairagami Set déjà efficaces et entraînants en version album prennent en live une tournure magique et insoupçonnée.

Par contre, par rapport à leur dernière prestation bruxelloise, le groupe paraît moins en forme, plus fatigué et les musiciens un peu moins barrés. Dommage parce qu’il y avait moyen de mettre un joyeux bordel sur scène avec des gars loufoques comme eux. J’en ressors satisfait mais un peu déçu. Une déception qui s’accentue encore un peu plus après avoir été discuté avec le chanteur du groupe après le concert…plutôt antipathique… Un gars qui expliquera ne pas trop être en forme pour…avoir trop mangé lors du souper…

Après cinquante minutes et une bonne prestation ni trop courte ni trop longue, le groupe quitte la scène pour laisser place à Alaska in Winter.

 

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A Alaska in Winter est inexorablement accolé le nom de Zach Codon de Beirut et c’est sans doute ce qui leur vaut une bonne partie de leur renommée. Pourtant, sur scène, et c’est une surprise pour certains, pas de traces de Zach. On y retrouve juste  son influence vocale et musicale (dans les cuivres). Sur scène, pas l’ombre d’un musicien. Et là aussi, ce sera une surprise pour une bonne partie du public. Alaska in Winter, sur scène en tout cas, c’est l’œuvre d’un mec, de sa voix, de son Mac et d’un dvd. Sur ce dernier, l’enregistrement d’un orchestre vidéo. Pour faire simple, toutes les parties instrumentales sont enregistrées ; l’écran est divisé en plusieurs cases et dans chacune de celles-ci, le gars mime de jouer aux instruments qu’on entend.

L’espace est donc désespérément vide. Un Mac et un projecteur planté au milieu font donc office de groupe. A l’extrême droite, un micro. Le chanteur lance son dvd et il vient y poser une voix pas toujours juste. C’est surprenant, voire intéressant, durant les trois premiers morceaux mais tout ça perd très rapidement tout intérêt. S’il y avait une pointe de génie, de charisme ou d’intelligence dans le personnage, ça aurait pu rester intéressant. Mais là, je ne vois pas grand-chose d’autre qu’un gugusse qui change de vêtement à chaque morceau. Un gugusse qui ira même jusqu’à quitter la scène durant deux minutes pour changer de veste… Je n’accroche pas du tout et j’en ressors déçu comme tout… Même si sur cd, ça reste du plus bel effet…

 

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18/03/2008

Liquido @ Botanique

Liquido


Liquido @ Botanique

           

 « Curiosité. Nostalgie. C’est fini. »

 

« Attention, clichés »

 

« Tut tut tut tut tut, tut tut tut tut, tututututututuuuu »

 

Dimanche 16 Mars 2008. 20h. Bruxelles.

 

En 1996, les allemands de Liquido débarquaient avec leur tube Narcotic. Un succès planétaire lorsque le single est réédité deux ans plus tard par Virgin. Quelques notes de synthé, vendues à plus de 700 000 exemplaires, qui ont fait le tour du monde. Un morceau culte, ou presque, qui a fait dansé toute une génération… née dans les années 80. Un succès qu’ils n’ont jamais pu réitérer…

 

 

On était une centaine à s’être déplacé. Un public essentiellement féminin, quelques groupies, mais aussi beaucoup de couples dont la principale occupation était de plus ou moins discrètement se caresser les fesses sur des morceaux de leur jeunesse. La plupart, ado-adu-lescent, était sans doute venue, comme moi, pour un tube, à la recherche d’un effet, celui que la petite madeleine avait procuré à Proust. Nostalgie quand tu nous tiens. 7€ le tube, qui dit mieux ?

 

Si les fans de ce morceau n’ont pas trop vieilli, les gars du groupe non plus. Ils se portent bien, et même s’ils n’ont pas beaucoup d’inspiration, ils sont encore et toujours capables de faire de la musique pour ados, de sautiller, de faire sautiller et surtout, de faire rêver quelques jeunes filles.

 

Aussi bien sur le plan scénique que musical, j’ai l’impression d’assister à un concert de boys band. Le genre de concert qui habituellement remplit facilement des grandes salles, mais qui cette fois se retrouve programmé dans la Rotonde devant cent cinquante personnes. Un boys band qui aurait loupé le coche ?

 

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Mise à part une légère montée de frissons sur les premières notes de Narcotic, rien de très bandant mon lieutenant. Un set très moyen qui, du débout à la fin, débouche sur de nombreux clichés. Et ce, aussi bien du côté des membres du groupe qu’au niveau musical. Imaginez plutôt. Le gros guitariste, chauve, casquette sur le crane, habillé tout de noir. Le chanteur plutôt beau gosse, en veston-cravate. Le batteur et ses tatouages. Le bassiste dont le rôle principal est de sautiller et de faire taper le public dans les mains. Le pire, c’est que ça marche et que le public est conquis, du moins, il le semble. Ça sautille dans tout les sens et c’est plutôt bon enfant. Au niveau musical, les clichés s’alignent tout autant. De la ballade romantique en solo au piano, au hip-hop electro, jusqu’à l’open stage où toutes les minettes montent sur la scène, tout y passe. Du rock qui colle parfaitement aux comédies américaines pour adolescent. Tout ça me fait énormément penser aux pseudos groupes rock us qu’on voit ou qu’on voyait passer à longueur de journée sur MTV. Une catégorie qui colle bien à Liquido. Vous comprendrez que le tout manque évidemment énormément de profondeur. En 1h20, tout y passe.

 

Je porte un regard plutôt critique sur la chose, mais, bizarrement, je ne suis ni déçu, ni frustré. Je ne m’attendais ni à mieux, ni à pire.

 

Reste que, voir Narcotic en live. Ça, c’est fait.