10/05/2007

Nuits Botanique 09/05 : Kissaway, Peter Von Poehl

Nuits Botanique 09/05 : Kissaway, Peter Von Poehl

 

Première surprise de taille en entrant en ce mercredi soir dans l’Orangerie : l’agencement de la salle, c’était en effet la disposition en places assises qui avait été choisie. Ambiance tranquille en perspective donc, et vu mon état de fatigue ce n’était pas plus mal. C’était néanmoins la première fois que je voyais l’Orangerie dans une telle disposition… et Dieu sait si l’ambiance dans la salle s’en ressent…

 

Deux formations françaises étaient chargées d’ouvrir la soirée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fut extrêmement peu convainquant. 20H, Superflu (l’histoire dira que je ne compris que 1h plus tard que c’était Superflu et non Seb Martel) commence une prestation bien fade, aucune émotion, aucune présence scénique et ce ne sont ni leurs textes ni leur prise de position politique qui viendront les sauver.

 

1h plus tard, c’est au tour de Seb Martel. On aurait pu croire qu’il n’aurait pu faire que mieux que Superflu…Erreur… Une prestation anecdotique à oublier au plus vite. Et ce n’est pas l’attitude de Seb qui viendra sauver les meubles. En effet, ce jeune homme (guitariste de M au passage) n’a aucune reconnaissance envers le public, c’est à peine si il nous remercie et ne peut que se plaindre sur le fait que ce soit des places assises… Tchusss Seb Martel.

 

22h, laissons de côté les prestations de piètre qualité de ces artistes français. Place à ce vent du Nord qui s’abat depuis quelques mois sur l’Europe, avec d’excellents artistes nordiques et scandinaves. C’est que pour le moment, ces artistes scandinaves occupent la part belle de la scène rock européenne.

 

Oublions donc la première partie de soirée. Et recommençons à zéro avec tout d’abord, The Kissaway Trail.

 

Anciens membres du groupe Isles, le groupe danois a changé d'identité pour devenir The Kissaway Trail. La voix perçante du chanteur accompagne les compositions planantes aux tonalités d’un rock alternatif. Remarqué via Myspace, leur premier album éponyme enregistré par Mandy Parnell (Sigur Rós, Depeche Mode) est sorti chez Bella Union en 2007.

 

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Découvert il y a quelques jours, j’attendais beaucoup de les voir sur scène. Ces 5 danois ont énormément de talent et ont prouvé qu’il faudra compter sur eux dans les années à venir. Alors que la plupart des nouvelles formations rock ont désormais tendance à insérer un claviériste pour donner ce petit côté électro qui marche si bien pour le moment, Kissaway laisse la part belle aux voix et aux guitares. En effet, 5 membres sur scènes et 5 micro pour une harmonie pourtant toujours au rendez-vous. Le son est fort, puissant et mélodique à la fois. Leur prestation est certes assez courte (35 minutes) et les places assises ne permettent pas de créer une ambiance et un accueil digne de ce nom, mais ils ont cependant eu l’occasion de nous montrer tout leur potentiel. Et même si leur prestation scénique n’est pas parfaite, la puissance de leurs morceaux est présente et se retrouve avec plaisir sur leur excellent premier album. A suivre et rendez-vous dans quelques jours sur ma platine, puisque et c’est une agréable surprise, à l’achat de leur album, nous recevons gratuitement l’album de Isles, leur précédente formation !

 

Après cette agréable surprise, c’est au tour de Peter Von Poehl, la tête d’affiche de la soirée, de se prester.

 

Après avoir assuré la première partie de Dominique A au Cirque Royal, Peter Von Poehl revient lors des Nuits Botanique. Encouragé par Burgalat qui l’a engagé comme guitariste, il compose et écrit de sublimes ballades folk. “Going to where the tea trees are”, au départ un modeste 45 Tours, devient le titre de son premier album sorti fin 2006.      

 

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Le moins que l’on puisse dire c’est que Peter a largement assuré son statut de tête d’affiche. Sur scène tout d’abord, l’éclairage et la disposition créent une ambiance intimiste vraiment très chouette. Peter est accompagné d’un claviériste, d’un bassiste et d’un batteur mais sur scène c’est vers lui que les regards sont tournés. Peter a cette certaine classe et fait la plus belle des impressions. Ajoutez à cela le français exemplaire de ce suédois et une communication avec le public omniprésente et vous obtiendrez la cerise sur le gâteau. Sa voix est sublime, exactement comme sur son disque et nous emmène dans des ballades folk très agréables. Toujours en français, Peter nous fait pousser la chansonnette (ou du moins il le tente) et nous raconte des anecdotes et histoires pas toujours drôles à propos de ses enregistrements ou encore de ses superstitions. (Serait ce d’ailleurs pour cela qu’il a un chiffon blanc noué à l’arrière de sa ceinture ?) Je suis conquis. Pour le rappel final, après une petite heure de concert, il nous revient seule sur scène pour nous interpréter ‘Tooth Fairy Part 1’.

Merci Peter, tu nous a prouvé (mais était ce nécessaire ?) qu’il faut réellement compter sur les suédois dans le paysage musicale actuelle.

 

Minuit et quart, l’Orangerie ferme ses portes mais nos aventures sont loin d’être terminée. En effet grâce à une gestion sans faille, la STIB (Société des transports en communs bruxellois) à cette heure si tardive, ne propose plus aucun service… Pour éviter de payer le taxi, nous voila donc lancé dans la traversé pédestre et nocturne de la capitale européenne. 1h15 plus tard, je suis enfin chez moi, n’attendant qu’une chose… que mon réveil sonne, 5h30 plus tard, pour me rappeler d’aller en cours. Machin Bazar.

 

Ce soir, c’est reparti pour de nouvelles aventures avec l’invitation du Botanique à la Rotonde.

 

 

Et pour finir, l’avis de Télémoustique à propos de cette soirée :

 

Ce devait être une soirée tout en douceur et finesse. Ce le fût presque, si l'on excepte la performance de The Kissaway Train, un jeune groupe danois sympa mais dont le rock progressif manquait de toute once de subtilité.

Pour le reste, les lillois de Superflu firent ce que l'on attendait d'eux avec un set bien en place et des mélodies folk impeccables tandis que l'excellent Seb Martel épatait la galerie avec une succession de petites perles pop au goût délicieux. Dans la foulée, le plus francophile des artistes suédois, Peter Von Poehl (qui a, entre autres collaboré au dernier album de Vincent Delerm) entamait son set sur un mode mineur interprétant les chansons les plus complexes de son album Going Where The Tea Trees are. Puis, moment miraculeux, il fit une reprise somptueuse, seul à la guitare de Heartbreak Hotel d'Elvis avant d'enchaîner avec ses plus belles chansons, le tubesque Story Of The Impossible, suivi du pêchu Broken Skeleton Key, pour terminer avec le très joli Tooth Fairy (part 1). Une belle soirée dans une orangerie assisse mais bien pleine.

09/02/2007

Commu-ni-quer

En attendant les prochains concerts, je ne me lasse pas de vous faire partager quelques articles surprenants et/ou interpellants issu de mes lectures.

Ceux-ci sont extraits du journal Le Monde.

 

Avec pour commencer, un chiffre : 170  

 

170 jours

Record de détention

Un journaliste américain, Josh Wolf, âgé de 24 ans, est emprisonné depuis l’été 2006 pour avoir refusé de remettre à la justice la vidéo d’une manifestation à San Francisco (Californie) contre le sommet du G8 qui s’était tenu en juin 2005 en Ecosse.

Les images en cause montreraient l’incendie volontaire d’un véhicule de police. Le nombre de jours – 170 à la date du 7 février – passés par ce journaliste en prison pour avoir refusé de révéler ses sources constitue un record pour un tel motif, affirment des groupes de défense de la presse. Le précédent record d’incarcération pour un journaliste protégeant ses sources aux Etats-Unis était jusqu’alors détenu par Vanessa Leggett, emprisonnée pendant 168 jours en 2001 et 2002.

 

Extrait du journal Le Monde du 9 février 2007

 

 

Et maintenant place au désormais traditionnel billet, celui de Robert Solé, en dernière page du quotidien. Et comme d’habitude… je vous en laisse la réflexion.

 

Commu-ni-quer

 

ON CONNAÎT les « Justes », ces citoyens qui, au péril de leur vie, ont sauvé des juifs pendant le nazisme. Mais comment qualifier ceux d’entre eux qui ont refusé d’en parler après la guerre ?

Un rabbin britannique, cité par le Financial Times, révèle que le patron de la célèbre firme Leica, Ernst Leitz II, a aidé des centaines de ses employés juifs à fuir l’Allemagne dans les années 1930. Ce protestant ne s’en est jamais vanté par la suite : même ses petits-fils l’ignoraient. « Faites du bien, leur disait-il, et n’en parlez pas. »

Aujourd’hui, cette discrétion passerait pour pathologique. Il faut absolument « communiquer » ce que l’on a fait. Commu-ni-quer, pour défendre des idées, promouvoir une image ou gagner de l’argent.

Tout le monde s’y est mis : partis, entreprises, syndicats, Eglises, ONG… Sans compter les mendiants dans le métro et, bien sûr, les terroristes. « Communiquer » ne signifie plus entrer en relation avec quelqu’un, mais le conquérir, le séduire, voire le piéger. Agir ne sert plus à rien si l’on ne sait pas en parler. A la limite, il n’est pas nécessaire de faire : l’important est de faire savoir.

 

Mais je ne peux pas vous laisser comme ça… sans vous faire part de cette chanson The Story of the Impossible. Ce n’est pas tout nouveau mais si vous ne connaissez pas encore alors ça risque de vous faire passer un agréable week-end avec cette mélodie qui ne vous quittera plus et puis ce serait bête de passer à coté…

C’est extrait de l’émission Taratata, c’est Peter Von Poehl, c’est The Story of the Impossible et c’est sublime.

 

 

Voila, il me reste plus qu’à vous souhaiter un très bon week-end et de vous dire à très bientôt.

 

Bien à vous,