08/05/2008

Tuung, This is the kit, Cafeneon @ Nuits Botanique

« Ça y est, c’est parti ! Les examens ?! Non, les Nuits Botanique… »

 

Même si cette année la programmation n’est pas des plus extraordinaires, les Nuits Botanique se sont imposées comme étant l’un des festivals belges les plus intéressants du printemps. Bon, c’est vrai qu’il n’y en a pas des masses non plus, mais quand même, ça reste très intéressant. Et puis, en cette soirée d’ouverture, c’était l’occasion pour moi d’enfin découvrir sur scène les londoniens de Tunng. Des londoniens qui ne devraient pas vous être inconnus puisque je vous en avais parlé ici et .

 

20h. Dans une Orangerie qui peine à se remplir, c’est This is The Kit (http://www.myspace.com/thisisthekit) qui se lance. Seule le temps de deux morceaux, la jeune demoiselle est rapidement rejointe sur scène par son mari. Les sonorités de ces deux anglais (s’exprimant parfaitement en français) s’inscrivent dans la plus pure tradition folk acoustique. Les personnages sont quant à  eux un peu perdus et surtout terriblement maladroits dans leur façon d’être. Ils sont néanmoins attachants (un peu) et excellents musiciens. C’est mignon, calme, reposant mais… endormant et très vite lassant. C’est gentil, beaucoup trop gentil, et j’aurai aimé un peu d’énergie et de folie en tant que première partie de Tunng.

 

Tunng


De l’énergie et de la folie, ce n’est pas ce qui manque chez les gars de  Cafeneon (http://www.myspace.com/cafeneon), intermède belge entre les deux groupes anglais de la soirée. En voyant le nombre de musiciens et le bordel qu’ils déploient sur scène, je comprends mieux le choix dans la programmation des les faire passer après This is The Kit. Bien que ce soit chanté en français, c’est intéressant et ça mérite le coup d’œil. L’ambiance prend rapidement des allures electro-rock très plaisantes et on sort vite du sommeil procuré par le groupe précédent. Au-delà des paroles à peine perceptibles et incompréhensibles, c’est l’aspect instrumental et musical qui donne toute sa puissance au groupe. Une ampleur nettement moins perceptible sur les morceaux studio du groupe. Le groupe en viendra même à avouer que « C’est un peu moins foutoir sur disque »… dommage ça risque du coup de les rendre moins intéressants… En tout cas, Cafeneon est vraiment un groupe très sympathique qui fait parti des belles surprises de la soirée.

 

22h déjà, les voilà qu’ils débarquent, les six membres de Tunng (http://www.myspace.com/thisistunng). Contrairement à Cafeneon, le bordel que Tunng déploie sur scène est entièrement sous contrôle. Un peu trop d’ailleurs. Et je n’y ai pas retrouvé l’aspect psyché/déganté que j’imaginais dans l’esprit du groupe. Là, aussi c’est très sage. Ils sont quatre à s’attaquer de front à la salle. Quatre micros. Trois gars et une fille. Trois guitares en bois et un coffre à jouets. Tout au long du set, ils tambourinent du pied, ils chantent en chœurs et l’harmonie entre eux est aussi évidente que parfaite. La magie prend facilement. Derrière eux, deux autres musiciens bricoleurs s’occupent d’ajouter sur les sonorités acoustiques des premiers toute sorte de sons, divers et variés, qui viennent former l’univers de Tunng. C’est un plaisir de retrouver Take, Bullets ou encore Soup. Mais, malgré l’énergie déployée sur ce dernier morceau, le concert n’a jamais réellement décollé et est resté un peu trop gentillet. Ça reste néanmoins un très bon moment et une excellente soirée musicale au Botanique.

 

Tunng (2)


 
23h30. Il est temps de quitter les lieux pour y revenir d’ici moins de 24h avec au programme : Why ?, Xiu Xiu, Black Mountain et Archie Bronson Outfit. D’ici-là, portez-vous bien.

15/11/2007

Beirut & Dan San @ Botanique

Beirut


Beirut & Dan San @ Botanique

 

Mercredi 14 Novembre 2007.

Avec seulement quatre degré au thermomètre, c’est une soirée hivernale qui s’annonce sur Bruxelles.

Avec un concert complet depuis plusieurs semaines déjà, c’est Beirut qui se chargera de réchauffer l’atmosphère. Du moins, il essayera...

 

Avec cependant un petit changement de dernière minute pour cause de maladie, ce ne sont pas les écossais de Twilight Sad qui ouvriront les hostilités mais des belges… un peu moins exotique donc…

 

20h. (Trop) Timidement accueillis, c’est donc le duo liégeois de Dan San qui monte sur scène.

Deux petits gars en jeans/sweat noir à capuche, deux tabourets, deux micros et deux guitares acoustiques. Le décor est planté.

Leurs compositions en anglais sont dans la lignée de la pop folk wallonne actuelle et c'est surtout vers un groupe comme les Tellers que les comparaisons se dirigeront.

Sans réellement se démarquer, le duo livre une excellente prestation et offre un petit set de trente minutes plutôt agréable, sympathique et surprenant. 

 

Sandan


 

21h. Voici Zach Condon et ses sept musiciens qui envahissent la scène.

 

Inspiré par le folklore balkanique et des artistes tel que Matt Elliott ou encore le Kocani Orkestar, le multi-instrumentiste Zach Condon allie un songwriting inspiré à des compositions sans guitare où cuivres et percussions dominent. Sur scène, entouré de nombreux musiciens extravagants, le jeune prodige jongle entre sa trompette, son ukulélé et son micro pour enchaîner les morceaux.

 

Au début, j’étais heureux. Heureux de voir arriver sur scène un garçon de mon âge qui porte des ‘chaussures bateaux’ et le même genre de gilet noir en laine avec de gros boutons que j’étais obliger de porter quand j’étais gosse. Heureux de voir le concert débuter par le fabuleux morceau ‘Nantes’. Heureux ensuite de voir Zach s’exprimer dans un français quasi-irréprochable avec le public.

 

Pourtant, au fil des minutes et des morceaux, je déchante. On est loin de l’ingéniosité, de la générosité et de la magie que le groupe a donné dans ses ‘concerts à emporter’ . Après vingt minutes de concert, Zach, personnage quelque peu hautain et nonchalant, ne prend même plus la peine de s’adresser au public, ni même de le remercier. C'est la déception qui commence à l'emporter...

 

Beirut (3)


 

Pourtant, il reste quelques éclairs de génie. L’excellent morceau ‘The Penalty’ par exemple ou encore le dernier morceau que le chanteur ira jouer, trompette à la main, au milieu du public. Un public qui sera venu en nombre pour acclamer le jeune artiste… pourtant, la magie ne prend pas. Sans être mauvais, Beirut déçoit.

 

Reste malgré tout ‘The Flying Club Cup’ un excellentissime deuxième album mais surtout un set de soixante minutes qui sonne comme LA grosse déception de cette rentrée musicale.

Avec comme seul regret de ne pas avoir cédé ma place à une des nombreuses personnes qui en recherchaient une à l’entrée du Botanique…

 

A ne pas voir sur scène mais à écouter en cd... (ou dans 'les concerts à emporter')

 

31/10/2007

Benjamin Biolay @ Botanique

BenjaminBiolay

Benjamin Biolay @ Botanique

 

« Petite connasse
Pourquoi tu fais ta radasse
Petite pétasse
Qui montre rien en surface
Qui veut qu'on l'embrasse encore
L'embrasse encore »

 

Mardi 30 Octobre. 10h33. Je reçois deux places pour assister au concert de Benjamin Biolay qui a lieu le soir même à l’Orangerie du Botanique. Voici le genre de surprise et d’aventure que j’aime particulièrement.

 

Benjamin Biolay, je vous en avais justement parlé il y a peu de temps sur ToX, en présentant son dernier single ‘Dans la Merco Benz’.

Pour le reste, je ne connaissais absolument rien à propos de l’artiste… J’avais juste comme a priori que je ne l’aimais pas beaucoup… qu’il a plutôt une grande gueule et des prises de position relativement ridicule.

 

J’avais donc tout à apprendre et tout à découvrir pour cette soirée. Benjamin Biolay, sa musique, ses compositions et…son public.

 

Première chose, trouver une personne avec qui partager ma deuxième place… ça tombe bien, il y a quelques jours, j’ai remarqué que la petite Pauline avait chez elle un album original du Monsieur… Ce sera donc à elle que je ferai plaisir…

 

Résumé de la soirée.

 

20h06. Place à la première partie : Samir Barris.

 

Toujours accompagné par l'excellent contrebassiste Nicholas Yates, ce jeune chanteur bruxellois nous livre avec sincérité et enthousiasme des textes spontanés dans uns style pop.

 

J’avais pris le parti de ne pas écouter cet artiste avant le concert en vue de laisser place à la surprise et à la découverte.

Samir Barris…avec un nom pareil, j’aurais pu m’attendre à … de la musique du monde. Et bien non, ce sera de la musique française. Devant un public présent en nombre, deux jeunes hommes, Samir et Nicholas, nous proposent des compositions naïves, simplettes et surtout d’une platitude extrême. C’est doux et surtout, beaucoup trop lisse.

A côté de Samir, un artiste comme Raphael (avec qui on pourrait trouver quelques ressemblances) passe même pour carrément rock’n’roll. C’est peu dire…

Samir aurait sans doute pu être un élève studieux dans la nouvelle promotion de la Star Ac, il est mignon, gentil, musicien et chanteur. Pourtant, non. Il est en première partie de Benjamin Biolay. En 40 minutes, c’est bouclé et rapidement oublié.

 

21h08. Une heure après Samir Barris, c’est au tour de Monsieur Biolay de débarquer sur scène.

 

Auteur, compositeur, interprète et arrangeur, Benjamin Biolay a composé entre autres pour Keren Ann, Juliette Gréco et Henri Salvador. Venant d’une formation classique, Benjamin Biolay nous a habitué à sa poésie mélancolique et une pop assez classieuse. Il revient avec un quatrième opus "Trash Yéyé", teinté cette fois-ci de rock, de hip hop et aussi de dub.  

 

Pendant la pause, en arrière plan de la scène, on vient placer… des mannequins taille réelle en carton… de basketteurs noirs américains… Je ne sais absolument pas ce qu’ils viennent faire là… Ils doivent faire partie de l’équipe et être présent à tous les concerts puisque Benjamin prendra plaisir à présenter ces trois mannequins quand il nous fera découvrir son équipe de musiciens… (Un pseudo-bide au passage)

Ensuite, c’est au tour de quatre musiciens, d’une demoiselle aux chœurs et enfin de Benjamin Biolay de monter sur scène. Il est vêtu très sommairement d’un t-shirt noir, d’un pantalon noir et, à son habitude, a ses cheveux plaqués en arrière. Il débute le concert sur une ballade qu’il joue sur son piano. La salle est comble, ce qui flatte et touche le chanteur, et réagit au quart de tour.

Sur scène, bien que Benjamin alterne entre des compositions calmes et d’autres nettement plus énergiques, les morceaux se suivent et se ressemblent. Pourtant, il y met du sien et n’a pas du tout la nonchalance que je lui aurai imaginé. Il communique beaucoup avec le public belge qu’il semble apprécier… et réciproquement. Justement le public, je ne savais pas trop à quoi m’attendre… j’aurai bien imaginé une assemblée majoritairement féminine… Et bien… Non. Il y avait bien quelques demoiselles, mais aussi beaucoup de messieurs, pas mal de couples, de têtes grisonnantes, de personnes de plus de 35 ans… et surtout, beaucoup de petits bourgeois bruxellois… C’était donc la grande fête… Un contraste énorme avec mes précédentes soirées…

 

Mais il manque un petit quelque chose à ce concert… Je pense… J’ai même quelque fois eu l’impression d’assister à un concert de Patrick Bruel… une équipe de musiciens en arrière plan… Un Benjamin Biolay qui se ballade entre eux et qui enchaîne ses morceaux… sans que je ne ressente la moindre émotion. Près de deux heures de concerts pour me confirmer une seule chose… Benjamin Biolay n’est pas ma tasse de thé… et c’est déjà bien de le savoir. Il m’a épuisé.

Heureusement, il y a quand même eu quelques bons morceaux, je pense par exemple à ‘Dans mon dos’ que j’ai découvert et retenu ou encore à ‘Dans la merco benz’ sur lequel, même si Biolay est loin d’atteindre l’excellence de la version studio, Benjamin s’improvise trompettiste.

 

Le public semble conquis (d’avance ?), Benjamin Biolay aussi. Samir Barris tente de vendre ses Cds à la sortie, ça semble bien marcher aussi. Tout le monde semble content… sauf moi, c’était assez chiant et surtout beaucoup trop lisse (même de la part de Biolay, c’est un comble). Mais au fait, sous ses airs de prisonniers ne serait-il pas aussi un peu (trop) BOBO ? (On me souffle dans l’oreillette que c’est bien le cas).

Quelques clopes fumées sur scène, quelques gros mots… la rebelle attitude de Benjamin s’arrête là… C’est peut-être pas plus mal finalement…

 

Reste cette question qui me turlupine : Qu’est ce qu’autant de mecs faisaient ce soir-là au Bota ?

 

 

Rock’n’Roll