26/01/2008

Soirée lancement Focus Vif

Jeudi 24 Janvier 2008. Bruxelles.

 

« ToX, Chroniqueur mondain ? »

 

Putain. Enfin. Après quinze jours d’une session d’exams somme toute assez tranquille. Après une dernière journée de sept heures de présentations orales et d’enfermement dans un bureau. Après un début 2008 assez calme. La libération. Mon année peut enfin commencer. Retour des concerts, des pseudos grasse mat’, des découvertes musicales et de ToX. Et mise à part le temps de merde qui s’abat sur Bruxelles, cette libération ne pouvait pas mieux commencer. Imaginez plutôt : une invitation pour le lancement d’un nouveau mag culturel belge, une ancienne centrale électrique qui fait maintenant office de centre d’art contemporain, quelques concerts et surtout le retour de Girls in Hawaii. Quatre ans…putain…

 

Hé ouais, quatre ans. Il y a quatre ans que le sextuor belge sortait From Here To There,  leur premier album. Quatre ans plus tard, après 60 000 exemplaires vendus, après une tournée européenne et quelques dates américaines, ils sont de retour avec Plan Your Escape, leur second album.  

 

Ce soir, Le Vif L’Express lance son nouvel hebdomadaire Focus Vif. Un news culturel de 100 pages qui balaiera tout le spectre de la culture, de la musique au cinéma en passant par la télévision, les jeux vidéo, le multimédia, les livres, la BD et les DVD. (Toutes les infos sur le mag ICI)

 

Pour l’occasion, le moins que l’on puisse dire c'est qu'ils ont mis les petits plats dans les grands, avec en exclusivité, trois semaines avant la sortie de leur nouvel album et avant leur date sold-out au Cirque Royal, les belges de Girls in Hawaii. Aussi de la partie, Yaël Naïm dont la première date belge, le 30 janvier, affiche elle aussi complète ; et en guise d’apéritif, les belges de Minerale.

 

Focus


A l’entrée, la couleur de la soirée est annoncée : dispositif de sécurité, tenues de soirée, coupes de champagne et amuse-gueules en guise de bienvenue.

Dans la salle, la cinquantaine de personnes invitées par Le Vif est facilement (et timidement) reconnaissable parmi le gratin belge : personnalités, journalistes, petite bourgeoisie  bruxelloise branchée et autres représentants de la scène rock belge (Montevideo, Hollywood Porn Star ou encore Superlux). Ils sont tous là ou presque.

 

Le m’as-tu-vu des plus branchés l’emporte. Les paillettes et les tenues de soirée sont plus que conseillées.

 

Deux bars dans la salle. Derrière ceux-ci, six heures de bulles à volonté.

 

Et sur la scène alors ! Enfin un milieu avec lequel je suis plus un peu plus à l’aise…

Comme prévu, c’est Minerale qui se charge d’ouvrir les hostilités. Un set qui impressionne par… sa courté, 20 minutes ! Malgré un manque certain d’originalité et de personnalité, Minérale commence à trouver sa voie, plutôt pop, entre mud flow et Nada Surf. Ce soir, Minérale ose aussi. Le groupe ose reprendre le mythique Love Will Tear Us Appart de Joy Division. Plutôt réussi.

 

Une autre qui ose, c’est Yaël Naïm. Elle ose, à raison, débuter son set en s’en prenant au public, à son goût trop bruyant pour qu’elle puisse jouer dans de bonnes conditions.

En vain…

 

Focus (3)


Sur scène, la demoiselle qui alterne entre gratte et piano, mais aussi entre hébreux, français et anglais, est entourée de trois musiciens. Après Minérale qui s’attaque à Joy Division, Yaël Naïm, dans un autre registre, s’en prend quant à elle à Britney Spears et reprend Toxic au piano.

Elle tente d’imposer ses pop-soul-folk songs à un public de plus en plus alcoolisé. Une tentative pas vraiment réussie ; mise à part l’efficacité de son single New Soul et de sa reprise de Britney, ses autres compos nettement plus intimistes ont beaucoup plus de mal à s’imposer dans cette soirée. Malgré tout, en face de nous, un petit bout de femme impressionnant (et avec du caractère). Les premiers rangs sont conquis.

 

22h30. Les bars ferment (pour mieux se réapprovisionner), la salle se vide. N’y voyez (peut-être) pas de relation cause à effet. Un public pas vraiment venu pour la musique qui manquera la première prestation bruxelloise depuis trois ans de Girls in Hawaii.

 

Les Girls qui annoncent directement la couleur en balançant This Farm Will End Up In Fire, premier single extrait de leur nouvel opus. Bien que lors des premiers morceaux, le son, légèrement mal réglé, noie les voix sous un déluge instrumental, le sextuor démontre rapidement qu’il revient en forme, en très grande forme. Une prestation très rock, puissante et énergique dans laquelle les six gars alternent entre nouveaux et anciens morceaux. Une sorte de répétition grandeur nature de 50 minutes qui prouve qu’ils sont désormais prêts à attaquer la tournée européenne qui les attend. Girls in Hawaii s’impose comme LE groupe belge à suivre en 2008. (Spoiler : les premières écoutes de l’album me laissent penser que ce dernier est vraiment excellent. A suivre, très rapidement)

 

Focus (2)


 

Minuit. Dernier bus. Pupilles dilatées. Un peu. Beaucoup. Passionnément. A la folie. Pas du tout. Il est temps de filer. Des souvenirs pleins la tête.

Merci Le Vif. Merci Le Vif Focus pour cette soirée 100% VIP.

 

J’pouvais pas finir comme ça, sans vous offrir un petit cadeau, ce sera This Farm Will End Up In Fire, le premier single extrait du nouvel album de Girls in Hawaii.

 

Girls In Hawaii - This Farm Will End Up In Fire [ToX].mp3

12/05/2007

Nuit Belge 2007 : mud flow, Sharko, Minérale, Sioen, Les Anges,…

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Nuit Belge 2007 : mud flow, Sharko, Minérale, Sioen, Les Anges,…

 

La fin de l’édition 2007 des Nuits Botaniques approche déjà. Surprises et déceptions se sont côtoyées durant cette quinzaine. Mais ce soir, les augures semblaient être bonnes. Au programme, la Nuit Belge, ou comment rassembler en une soirée et sur 3 scènes les artistes qui font la scène rock belge actuelle. La météo avait décidé d’être au rendez-vous et le temps c’était dégagé pour l’occasion.

 

Cette soirée était complète depuis quelques jours. Beaucoup de monde était donc au rendez-vous et trois solutions se présentaient aux nombreuses personnes qui cherchaient encore un ticket d’accès pour la soirée : Ramener des figurines pour l’équipe de la série d’animation « Panique au Village » pour les aider dans la réalisation de leur premier long-métrage, vous baladez avec une pancarte « Cherche places » aux alentours du Bota (et vous étiez nombreux à le faire !) ou encore, et c’est la dernière solution, attendre que je passe avec ma place en trop, avoir une tête sympathique et croiser mon chemin le premier.

Record d’affluence au Bota donc, et dès 19h30, une foule déjà importante est présente.

Juste le temps de descendre au Witloofbar, pour apercevoir l’accueil réservé aux nombreux VIP de la soirée. Impressionnant. Un buffet énorme de sandwich préparés et les Tellers occupés d’être interviewés dans un canapé sur le côté. Un sandwich jambon fumé kiwi pour la route et le marathon peut enfin commencer.

 

Mais dès 20h, place aux premières déceptions. Les Van Jets inaugurent la soirée et tant pis pour ceux qui arrivent à 20h05, la Rotonde est complète. Dommage, on m’en avait dis beaucoup de bien.

Qu’importe, ce soir les groupes se suivent et ce sont Les Anges qui ouvrent l’Orangerie. Là aussi, le public est au rendez-vous et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est extrêmement en forme ce soir. Et heureusement, ce n’est pas le son puissant des Anges qui pourrait les endormir. Mais pas le temps de s’attarder sur ces morceaux bien peu originaux, c’est une découverte (tardive!) qui ouvrait le Chapiteau : Minérale.

 

Enregistré par Peter Crosbie (Mint, Jason Donovan,…) avec le batteur de Mud flow, « Shrines » le premier album des Bruxellois de Minerale est déjà salué par la critique. Ils proposent des mélodies efficaces entrecoupées d’envolées pop très British. Leur univers, à la fois mélancolique et fougueux, s’apparente au trip hop.

 

Le Chapiteau était comble pour les accueillir, une ambiance de folie. Un rock agréable et mélodique dont les morceaux sont extrêmement efficaces en live, sans pour autant se démarquer et sans révolutionner le genre, Minérale s’en sort avec les honneurs, je suis conquis. Avec une mention spéciale pour l’univers scénique du groupe, très joli visuellement. Juste le temps d’être convaincu, je ne m’attarde pas et je vais re-rejoindre l’Orangerie.

 

Sioen. Pas grand-chose à dire sur sa prestation. Une ambiance et un public relativement calmes pour accueillir le gantois et son piano. Trop calme à mon goût. Et même si ses albums sont excellents, les quelques morceaux de Sioen vus sur scène ne m’ont pas donné l’envie de rester.

 

Surtout que du côté du Chapiteau, c’est Sharko qui s’apprête à monter sur scène.

 

Grâce à un son pop rock aux velours rugueux, Sharko remporte la finale du Concours Circuit en 1997. Depuis, le trio est devenu une référence de la scène rock belge, chez nous comme à l’étranger. Leur nouvel album «Molecule» est produit par Dimitri Tikovoi que l’on retrouve également derrière «Meds», le dernier album de Placebo. Parfois théâtrale, souvent drôle et toujours surréaliste, c’est sur scène que la personnalité du groupe surprend le plus.

 

C’était pour moi, la première occasion de voir Sharko sur scène et c’est sous les acclamations de la foule qu’il monte sur scène. Une ambiance qui atteindra le sommet de la soirée. Et dès les premiers morceaux, le chanteur se trouve transporté pour cette ambiance. Remerciements, pas de danse, passage dans la foule, refrains repris par le public, tout y passe. Rien à dire au niveau de la prestation scénique donc. Par contre, au niveau musical, les morceaux sont assez inégaux, l’excellent côtoie le moins bon et l’ambiance retombe rapidement lors de ces derniers. Sharko a néanmoins pu démontrer toute son énergie et ses qualités scéniques bien qu’il semblerait que l’accueil du public y contribue énormément.

 

Joshua commence en retard, ce sera donc pour une prochaine fois…

 

20 minutes après le show de Sharko, c’est à mud flow, tête d’affiche de la soirée, de se produire.

 

Quelque part entre Radiohead et Echo and the Bunnymen, les Bruxellois alternent ballades mélancoliques, instrumentation de rock alternatif et envolées pop autour de la voix lancinante de Vincent Liben. Après le succès international de leur troisième opus «A Life On Standby», ils reviennent avec «Ryunosuke» un nouvel album produit par Rudy Coclet (Sharko, Arno) sur le label No vice MUSIC.      

 

Depuis la sortie de leur dernier album il y a quelques mois, les concerts de mud flow sont annoncés au compte goûte. Leur concert privé en janvier (à lire dans les archives), leur show à l’Ancienne Belgique en février et depuis pas grand chose… Juste la sortie de ‘Ryunosuke’, une énorme déception… Début juillet, ils seront aux Ardentes de Liège et fin août, ils viennent d’être annoncés pour le Pukkelpop. (Non non, la récente présence de néerlandophone dans le groupe n’y contribue pas).

Septième fois que je les voyais sur scène, des surprises parfois, des déceptions souvent. Mais ici, après cet album très peu convaincant, mud flow jouait très gros (pour moi) ce soir. Le concert de la dernière chance en quelque sorte. Pour l’occasion, je n’ai donc pas hésité à attendre 20 petites minutes pour être aux premières loges.

 

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Ponctuels à 23h, ils montent sur scène. Surprise, ce sont les premières notes de ‘Ryunosuke’, ma chanson préférée du dernier album, qui inaugure le set. Cependant, je comprends rapidement, trop vite peut être, que ce sera la dernière surprise de la soirée.

Un son horrible, exécrable, imparfait. Et ce n’est pas les nombreuses demandes des musiciens vers l’ingénieur (!?) du son qui changeront quelque chose. Le son pourri gâchera l’intégralité du concert. Le son pourri mais pas seulement… S’ajoute à cela, la prestation de Vincent, leader du groupe. Evidemment leurs morceaux ne se prêtent pas à des effusions de joie et de bonne humeur, n’empêche… Vincent n’aura que très peu de considération pour son public ce soir… Il s’en tient aux traditionnels « merci » ou encore « heureusement qu’il pleut ce soir »… rien d’autre, et ce, même durant les quelques réglages du son, il attend mais ne communique pas. L’ambiance qui était à son comble avec Sharko retombe à zéro. Et même dans les premiers rangs.

 

Peut encore s’ajouter à cela une tracklist très peu convaincante… Seulement 2 morceaux du précédent album viendront s’ajouter à ceux du dernier. (et dire qu’ils en sont à leur 4ième album !) Vincent s’obstine à nous balancer des morceaux très peu accrocheurs issus de l’exécrable ‘Ryunosuke’.

La convergence de ces 3 facteurs donne La Pire des prestations et la déception de 2007. Il ne me reste plus qu’à me mettre à l’évidence, attendre 2 ans le prochain album (si il y en a un).

Je quitte le chapiteau 5 minutes avant la fin. Ce qui me donne l’occasion de le traverser pour voir que je ne suis pas le seul décu. Aucune ambiance, des dizaines de personnes se bouchant les oreilles… Voila qui me rassure. Tchusss mud flow.

 

Au final, après tant de médiocrité, une réflexion se pose : Que vaut réellement la scène rock belge ?

Certes, le public est au rendez vous, mais n’est ce pas un peu trop ? Trop pour ça ? C’est l’impression que j’ai pu avoir ce vendredi soir… Un public qui vient pour faire la fête, fier d’assister à une si belle affiche de groupes belges, pensant qu’il ne peut être déçu tellement on en parle. Et au final, un public plus à la hauteur que les groupes et leurs prestations.

Voir certains artistes ayant déjà une très grosse tête, en plus négliger leur public, est ce vraiment nécessaire? .…

 

La scène rock belge actuelle peut-elle s’exporter hors du plat pays ? Rien n’est moins sur.

Une éventuelle percée en France, mais après ? Ont-ils vraiment l’ampleur nécessaire pour s’exporter ?

Cette soirée m’a semblé avoir montré les limites de la scène belge.   

 

Une dernière critique sera pour le Botanique. Tout d’abord, concernant le nombre de personnes présentes hier soir, trop de places auraient-elles été vendues ? Un passage difficile, des couloirs remplis, des salles combles,… Il n’était pas aisé de circuler ni de s'approcher de la scène, encore fallait il avoir l’occasion d’y entrer…

S’ajoute à cela, une programmation horaire pas top… Comme vous pouvez le voir plus haut.

Ok, c’est un festival… n’empêche…

 

La déception est donc au rendez vous de cette Nuit Belge. La prestation de mud flow y est certainement pour beaucoup. Néanmoins, voir autant de personnes rassemblées au Botanique pour voir nos artistes belges, fait extrêmement plaisir… Ne reste plus qu’à avoir des groupes vraiment à la hauteur… Rendez vous l’année prochaine !

 

Tout ceci n’étant que mon humble avis personnel, n’hésitez pas à laisser le votre ou vos réactions dans les commentaires !

Quant à moi, je file étudier avant de retrouver une dernière fois le Botanique ce soir avec les Two Gallants. L’impatience monte, avec la certitude d’une valeur sure qui ne pourra me décevoir.