16/03/2008

Menomena @ Botanique

Menomena (2)


Menomena @ Botanique

 

« Menomenal »

 

Vendredi 14 Mars 2008. 20h. Bruxelles.

 

Aucun doute. Le concert que Menomena (Portland, Oregon) avait livré en octobre dernier à la Rotonde du Botanique reste un de mes meilleurs souvenirs live de l’année 2007. C’était par ici. http://tox.skynetblogs.be/post/5066527/menomena--la-rotonde-botanique  

Même heure, même salle, même prix. Les revoici. A première vue, à peine cinq mois plus tard,  la question de l’intérêt de retourner les voir pourrait néanmoins se poser. Que pouvaient-ils apporter de plus à leur prestation/perfection? Je ne voyais pas. Ajoutez à cela qu’il y avait les geeks d’Hot Chip qui squattaient la salle d’à côté. Qu’on est vendredi soir. Et vous aurez un choix a priori pas évident. Pourtant, la question ne se pose pas. Impossible de résister à l’appel du trio américain de Menomena.

 

Comme souvenir de leur dernière prestation, ils m’ont laissé un magnifique poster et un excellent album. A une bonne partie du public, ils ont laissé les morceaux des œuvres que leur dessinateur réalisait en temps réel, avec l’inspiration du moment, derrière eux sur la scène. Et surtout, ils ont laissé aux belges, un morceau de leur journal de bord dans lequel on retrouve ce chaleureux message à propos de leur prestation bruxelloise:

 

"My favorite stop so far along this tour was Brussels, Belgium. We played at this incredible venue called Le Botanique, which is a massive botanical garden in the center of the city. The huge building was once an open-air arboretum that has since been converted into two performance spaces, an art gallery, theater, and restaurant. It was beautiful. The city surrounding the venue was amazing, too. We had a day off to explore the cobblestone alleys, bars, and historic buildings that seemed to pop out of every section of the city. Most memorable was the city’s most (in)famous statue, “Manneken Pis.” It’s a little fat kid urinating into a fountain. Like a mannequin pissing. Get it? You’ve probably seen it in history books. What you probably haven’t seen is the street leading up to the statue, which is lined with souvenir shops selling replicas with fully functional corkscrews in place of the little pervert’s member. Charming!"

 

Il n’en fallait pas beaucoup plus pour, une nouvelle fois, voir la Rotonde remplie pour les accueillir. Le bouche à oreille avait plutôt bien fonctionné.

 

Menomena

Cette fois, j’opte pour le premier rang. En face de moi, comme lors de leur précédent concert, le trio est parfaitement aligné et il s’attaque de front à une assemblée qui dès les premiers morceaux est totalement conquise. Justin Harris (clavier, laptop mac, xylophone, guitare, chant). Brent Knopf (saxo, guitare, basse, chant). Danny Seim (batterie, folie, chant). Trois génies, trois personnalités distinctes, trois artistes qui donneront le meilleur d’eux-même. Par contre, cette fois, ce sera (malheureusement) sans Craig Thompson, leur dessinateur attitré. Mais qu’importe. Le principal, c’est d’encore une fois, avoir en face de nous, un groupe en grande forme et super content d’être de retour à Bruxelles dans, je cite, la plus belle salle au monde. Et puis cette fois, il n’y a plus de place pour le hasard. Menomena s’impose, pour moi, comme le meilleur groupe indie sur scène. Et encore une fois, le groupe caresse une perfection qui ravie et conquit les deux-cents personnes ayant fait le déplacement. Encore une fois, j’en garderai un très bon souvenir. Un groupe stupéfiant. Un grand moment. Un très grand moment. (Qui se finira au bar avec quelques invités de marque).

 

Manu était aussi de la partie et son compte-rendu est par ici : http://blog.getnexthighestdepth.com/?p=47#more-47

 

Pour ceux qui ne connaissent pas et qui voudraient réparer ça, Menomena c'est ça :

 

 

 

05/10/2007

Menomena @ La Rotonde, Botanique

Menomena

Menomena @ La Rotonde, Botanique

 

« Un jour, tu débourseras 7€ pour assister au concert d’un groupe indie américain dont tu ne connais qu’un morceau et que quelques chroniques. Ce sera le meilleur concert auquel tu n’ai jamais assisté »

 

Vous aviez été prévenu, s’il y avait bien un endroit où les amateurs de musique se devaient d’être mardi soir, c’était au Botanique. Et pourtant, seuls une bonne centaine ne s’étaient pas trompées et comme souvent en ce début de saison, les 250 places de la Rotonde étaient loin d’être occupées. Ravi d’être accompagné par trois (merveilleuses) personnes ayant pris la décision de suivre mes conseils, je faisais parti des 175 personnes présentes pour assister à la démonstration de Menomena.

 

175 personnes, le nombre parfait. Devant, ils étaient debout. Au milieu, ils alternaient les positions, assis ou débouts. Au fond, on pouvait assister aux deux set de la soirée allongés sur le parquet de la Rotonde.

 

A l’affiche ce soir, les canadiens de Dog Day en première partie, suivis, fort heureusement, des américains de Menomena.

 

Comme j’avais pu vous l’annoncer il y a quelques jours, j’avais un feeling particulier avec cette soirée. Pourtant, mise à part le single ‘Wet and Rusting’, leur passage aux ‘Concerts à emporter’ et quelques chroniques assez flatteuses, je ne connaissais rien de Menomena.

 

Et pourtant…

 

20h04. Place à Dog Day.

 

L’une vient de la scène indie canadienne, l’un du folk et les autres du hardcore. Des influences d’horizons très différents qui donnent un sacré métissage et font naître Dog Day. Le quatuor canadien, deux filles, deux garçons propose du rock acidulé sur lequel se posent leurs jolies voix. Ils ont sorti un album intitulé « Night Group » en avril dernier.

 

Un petit groupe canadien dans lequel, avec deux hommes (guitare/chant et batterie) et deux femmes (basse/chant et pseudo-synthé), la parité est respectée. Au niveau sonore, ça sonne bien, pas de fausses notes, ça n’écorche pas les oreilles mais après seulement quelques minutes, le groupe montre rapidement ses limites. En plus de n’avoir aucune présence scénique, leur pop rock ne comporte aucune marque de fabrique, ni d’intérêt particulier d’ailleurs et se retrouve plongée dans le panier des nombreux groupes du genre sans la moindre personnalité musicale. A ne pas suivre donc…

 

21h16. C’est au trio masculin de Menomena de monter sur scène et d’assurer le spectacle.

 

Issu de la scène indie rock expérimentale américaine, ce trio multi-instrumentaliste originaire de Portland sort un nouvel album « Friends and Foe » chez Barsuk Records (label de Nada Surf ou autres Death Cab For Cutie). Leurs compositions originales oscillent entre une rythmique énergique et une voix douce qui tourne en dérision des thèmes typiquement américains. Les mélodies tantôt entraînantes, tantôt intimistes nous plonge dans un univers mystérieux mais très travaillé.

 

Dans une Rotonde loin d’être remplie, les conditions étaient idéales pour accueillir ces trois petits gars bourrés de talents qui me feront passer ni plus ni moins que le meilleur concert auquel j’ai pu assister ces dernières années.

Sur scène, de gauche à droite. Brent Knopf, guitariste, claviériste et chanteur. Justin Harris, chanteur, saxophoniste et bassiste. Et enfin Danny Seim, batteur et lui aussi chanteur. Le groupe est dans un parfait alignement, tous occupent une place importante et aucun n’est mis en avant. Derrière eux, illuminés par des projecteurs, deux énormes supports blancs.

Surprise, le trio de musicien se fait rejoindre sur scène par un dessinateur qui, durant 1h15, avec sa plume et sa bouteille d’encre à la main, remplira les deux tableaux de superbes dessins propres à l’univers du groupe. Un univers magique et incroyable.

 

Menomena1


 

Les groupes indie expérimentaux du genre se cassent souvent la pipe sur scène. Trop brouillons, trop amateurs. Pour Menomena, la qualité sonore est impressionnante, l’harmonie est parfaite. En solo, en duo ou en trio, leurs voix sont saisissantes (et justes). Ils passent du piano à solo à la basse comme du saxo à un solo à la batterie sur des compositions variées et originales. Contrairement à Dog Day (rapidement oublié), ils ont une réelle marque de fabrique et un univers spectaculaire créé en temps réel par le dessinateur. En lâchant leur single ‘Wet and Rusting’ dès le deuxième morceau, je ne dois plus l’attendre, il me reste à découvrir et surtout à profiter. La centaine de spectateurs présents ne se trompe pas, nous assistons à un grand moment.

 

Après 1h15 de concert et un rappel, les quatre membres du groupe déchirent les deux chefs d’œuvres du dessinateur, ils distribuent les morceaux fraîchement déchirés  et viennent à la rencontre du public.

Que ce soit avec l’album, le poster, le t-shirt ou encore avec un morceau d’affiche (ou la banane de l’ingé son), chacun repart avec un souvenir de ce fantastique passage de Menomena à Bruxelles.

 

Un concert « Ménoménal ». Des artistes, des vrais dont je ne suis pas prêt d’oublier la performance de ce mardi 3 octobre 2007.           

 

Je ne résiste pas à l’idée de vous partager leur concert donné le 20 Septembre dernier en Allemagne.