13/04/2008

One Night Only @ Botanique

Quelques pages de lecture dominicale…

 

Je vous en avais déjà fait la présentation la semaine dernière. Par ici. Venons en donc directement au vif du sujet : Leur concert. Nous étions trois, la vingtaine, malades mais courageux. Trois à s’attaquer aux cinq anglais de One Night Only. Trois à avoir quelque chose à dire et à écrire. Trois à avoir un avis sur le groupe, sur leur prestation et sur leur public.

 

Je me lance.

 

La chronique de ToX :

 

Jeudi 10 Avril 2008. 20h.

Une angine, un état de fatigue avancé et surtout un concert a priori pas très emballant. C’est en hésitant jusqu’à la dernière minute que je me rends finalement au Botanique pour assister au concert de One Night Only. Mais c’est surtout l’occasion d’accompagner Jenny et David, de leur laisser la parole sur ToX et d’avoir plusieurs avis sur une même soirée. Malheureusement, je n’ai pas eu de nouvelles de Thibaut, le second gagnant du concours…

 

« Un concert. Trois chroniques : Le retour. »

 

Dès mon entrée dans la salle, pas de surprises, mes préjugés se confirment : une salle vide… mais remplie de jeunes filles (Donc une salle vide, c’est bien ce que je disaisJ). Seule une cinquantaine de personnes ont décidé de faire le déplacement pour admirer le dernier groupe british à la mode (et révélé par MySpace, ça vous rappelle quelque chose?). Parmi celles-ci, une horde de jeunes filles dont la moyenne d’âge semble avoisiner les 15 ans et demi. A elles seules, elles prendront environ un millier de photos. Toujours pas d’étonnement ou de surprise de ma part. Par contre, que ce soit au niveau des cris ou des démonstrations d’amour envers le groupe et son chanteur, les mêmes demoiselles furent plutôt calmes et très peu productives. Il était néanmoins bien vu de lever les bras et de se trémousser au gré des sonorités pop-rock-electro. Et ce, tout en continuant de prendre des photos et des vidéos. Du grand art.

  

Sur scène, en guise de leader du groupe : une grande croquette de deux mètres, coiffure rock’n’roll pseudo fashion, T-shirt à l’effigie de son propre groupe, lunettes de soleil et, bien entendu, l’indispensable pantalon stretch. Bref, vous l’aurez compris, un alignement de clichés. Sur scène, il est accompagné de quatre autres musiciens ; de leurs côtés, un peu olé-olé. Ce qui saute aux yeux, c’est que sur scène comme dans le public, la moyenne d’âge peine à dépasser les dix-huit ans.

 

Même si c’est sans grande originalité, musicalement, le groupe malgré son très jeune âge est parfaitement au point. Ils font dans la britpop  avec un zeste de claviers et de musique électronique. Malgré quelques singles radiophoniques efficaces, One Night Only peine à avancer et à montrer autre chose qu’un petit groupe adolescent sympathique qui ne présente pas grand-chose aux plus de dix-huit ans. Un enchainement d’assez bonnes chansons grand-public, sans âmes et sans émotions. Un concert qui ne décollera jamais.  

Le tout manque, bien évidemment, cruellement de profondeur. Mais je ne pense pas que ce soit ce qu’on leur demande.

 

Les minettes semblent apprécier et paraissent comblées… c’est sans doute le principale…

 

De mon côté, je m’attendais parfaitement à ce genre de performance et je ne suis donc nullement déçu. Par contre, là où le groupe déçoit (encore un peu plus), c’est de se barrer sans jouer de rappel pour le public… Peut-être devraient-ils retourner encore quelques années à l’école et revenir plus tard… avec une tête un peu moins grosse…

 

One Night Only. A consommer avec modération. Et pourquoi pas Seulement Une Nuit …   finalement c’était plus qu’assez… 

  

ONO


 

La chronique de David :

 

« One Night Only » et pour moi ça suffit !

 

Je l’admets, le titre est assez dur. Mon avis est plus nuancé…

Mais commençons par le commencement : repus de mon repas, me voila en possession du ticket. Je suis accompagné d’un couple fort sympathique, mais malheureusement malade ce soir. Chacun ces petits bobos (moi y compris) ! L’un des membres du couple, masculin, m’explique un peu qui est ce groupe que je ne connais pour ainsi dire pas du tout. Une fois mon bâton d’oxygène fini, je descends rejoindre le couple dans la salle du « Witloof Bar » (au Botanique je le rappel), salle que j’ai déjà pu hanter il y a bien longtemps ; c’était après beaucoup d’alcool, à la recherche d’une soirée quelconque. J’en avais encore de vagues souvenirs mais quelle heureuse surprise de voir que cette salle est plus remarquable que ce que mes synapses et autres éléments de mes neurones me laissaient entrevoir. J’imaginais être à la place du groupe : « Quel cadre prestigieux et original qu’une salle de concert qui ressemble à une cave de château où aurait été entreposé des litres et des litres de vin ». Ce qui est resté du  ‘rouge’ ; sont les fauteuils confortables qui longent les murs en briques…rouge bien évidemment.

 

Discutant avec le couple, nous nous étonnons un peu de ce public pauvre en matière organique. Qu’avons-nous ; deux, trois petits groupes de deux ou trois personnes, je vois un mec avec une bière là-bas (j’en ferais bien autant), et il y a un banc de gonzesses devant la scène ; sept, huit à tout péter. Mais voilà, le concert commence et nous nous approchons. C’est là que je remarque que cette petite horde de demoiselle n’a pas encore fini de grandir et que…hoooo, mais les «One Night Only » non plus ! Quel étonnement de voir qu’ils n’ont pas encore vingt ans ces gars là et en même temps quelle chance de déjà faire une tournée comme celle-ci, un an après avoir singé sur le label (et non des moindres) des Killers ou de Metallica (d’après les informations qui m’ont été dévoilées).

Les premières notes arrivent, « derrière là, le batteur semble plein d’énergie ! », et le chanteur nous remercie déjà d’être là.

 

Non seulement ces anglais sont jeunes, mais en plus ils sont ‘fashion’, kiffent leur musique et font de la musique ‘fashion’. Mais parlons en de la musique ! Je dois avouer que je ne connais pas (encore) vraiment ce qui se fait dans le ‘post punk rock anglais’. Ce qui, pour moi, me rappel comme référence ; les américains des Killers (que je n’apprécie pas tellement) mais aussi de loin, et sans doute beaucoup pour le look rockeur aux santiags et jeans serrés,  les At The Drive-In…les incroyables et cultes At The Drive-In (qui ne sont pas anglais non plus). Concernant leurs influences, ToX vous en dira plus. Moi je vous dirais que la forme est bien : il y a de l’énergie, de l’esthétique, des morceaux accrocheurs mais dans le fond ce n’est pas trop ça. Pas très originaux, pas de constructions de morceaux étonnantes, pas de solos (moi j’aime bien les solos), pas beaucoup de choses qui prennent au cœur en somme. Néanmoins les morceaux sont très bien joués, la voix du chanteur est prometteuse mais tout ça dans un moule qu’on a déjà écouté cent fois, ou du moins qui donne l’impression.

 

Ce n’est pas du haut de mes vingt trois ans que j’oserai dire que « Moi je connais la musique ». Seulement, mon oreille cherche quelque chose avec plus d’identité. Ce que je n’ai pas trouvé chez One Night Only. J’en arrive à penser que je n’avais peut-être pas ma place ce soir là…place aux jeunes, ils étaient majoritaires sur une vingtaine de personne et ce soir, ils ne devaient pas étudier pour une interrogation du lendemain. Alors pourquoi leur gâcher leur soirée avec nos tronches de blasés ? Je suis passé par là aussi, les One Night Only sont passé par ici. Ils reviendront c’est sûr et j’espère pour eux qu’il y aura un public plus nombreux et plus adéquat.

 

Sur ce, je remercie le Botanique, pour être tout ce qu’il est et tout simplement lui-même, et bien sûr, mon ami ToX qui maintenant est dans le showbiz mais qui reste humble et proche de son peuple. A bientôt je l’espère.

 

ONO (2)


 

La chronique de Julia :

 

« One Night Lonely»

 

Thursday night, we walk down the stairs to enter the dungeons of the Botanique. We already know this place, Witloof Bar with its’ red seats, just like the ones you can see in these chic clubs. Well then, let’s make a good use of them, we snuggle down in our armchairs and observe the youngstairs of whom the first, and Only, row is made. The vast variety of spectators consists almost Only of the 13-16-year-old girls, who, as we observe them, giggle and give nothing but expressions of their excitement. Easy to notice, that for them this must be One and Only Night like that.

 

The concert begins and as we get up we make part of the second row. Besides us, Only third, rather in vestigial form, row gathers up. Yes, so this is us there, we’re watching five musicians. Actually, I really struggle calling them musicians. I see five guys, will be guessing now, about 16-19-years-old playing music, or rather playing with music. I get the impression they’re trying too hard to imitate big stars, jumping, striking strings and doing this “I’m-so-great” face. As this doesn’t work with me, I try to concentrate on nothing but their music. It’s melodic, well presented and lively. I do like it, Only like though. It’s nice to listen to, although the lyrics summ up in “you and me” and “me and you”. The show ends, the five boys leave the stage. We applaud, the first row screams and shouts. All this for nothing, since the group decides not to come back. It’s probably because the concert was sparsely attended that the One Night Only doesn’t do an encore. Arrogant and egoistic these five boys, who, clearly, don’t come back for just anybody…

 

There’s no denying their talent, not at all. Maybe this is because I’m getting old, but I suffer a lot from watching pseudo-stars like these.

To end the long story short, I’ll let them grow up a bit before trying to get a ticket for their next gig. For an instance this will be my One and Only Night with them.

   

 

Merci au Bota et à mes deux chroniqueurs pour leur présence mais aussi pour s'être prêté au jeu des chroniques. Félicitations :o)

04/11/2007

The Strange Death Of Liberal England @ Botanique

The Strange Death Of Liberal England @ Botanique

 

tsdole


 

Dans le cadre du concours lancé par Le Botanique pour le concert de The Strange Death Of Liberal England, place au projet ‘Un Concert, Trois Chroniques’.

Bien qu’une bonne dose de courage vous sera nécessaire pour vous lancer dans la lecture de ces trois chroniques, je trouve que ce projet est une véritable réussite. Une expérience très chouette dont j’espère que la lecture et la complémentarité des trois chroniques vous plairont.  Merci à Thomas et à Renaud de s’être prêté au jeu !

 

Dans la lignée des groupes tels qu’Arcade Fire, les jeunes Anglais de The Strange Death Of Liberal England enchaînent des compositions débridées. Emmené par la voix charismatique d’Adam Woolway, leur premier album « Forward March ! » alterne post-rock et influences indie inclassables. Entre rage et folie constructive, leurs prestations scéniques sont denses et électriques et provoquent un enthousiasme général.

 

SDOLE


Un samedi soir à Bruxelles et c’est une soirée entre mecs qui se profile. Le genre de soirée qui pourrait paraitre pitoyable de l’extérieur mais qui est tellement agréable de l’intérieur. Apéro, potins et Pro Evolution Soccer. Il n’en faut pas plus. Enfin si… alors que d’autres préfèrent passer la soirée tranquillement, le cul coincé devant la télé ou encore à trémousser ce dernier en boîte de nuit ; d'un autre côté,  quelques courageux continuent de parcourir les salles de concerts belges.

 

Ce soir, c’est avec le Botanique et les anglais de The Strange Death Of Liberal England (TSDOLE) que j’ai rendez-vous. 

 

Si Le Botanique grouille d’agitation en ce samedi soir, c’est surtout pour Wax Tailor qui joue dans l’Orangerie. Pourtant, quelques rares irréductibles attendent devant la rotonde pour TSDOLE… De plus, ils sont annoncés à 20h30, avec 30 minutes de retard, ce qui laisse tout le loisir de continuer sur la lancée de l’apéro et de faire un détour par le bar.

 

20h29. C’est devant un comité restreint d’une cinquantaine de personne que le quintet anglais entre en scène. L’évolution majeure avec ma précédente rencontre avec le groupe en mai dernier ce que sachant que le groupe resterait silencieux, de marbre et ne péterait pas un mot durant le concert, je savais à quoi m’attendre et j’ai ainsi pu profiter au maximum de leur excellente prestation.

Quarante minutes, il n’en a pas fallu plus à TSDOLE pour me faire rejoindre le clan de leurs admirateurs. Une véritable bouffée d’énergie. La voix quelque peu criarde d’Adam Woolway est impressionnante, tellement impressionnante que quand il se met sur le devant de la scène pour chanter sans micro… il n’y avait aucune différence. Derrière lui, un groupe de déchaînés s’agite et échange régulièrement leur place derrière les instruments.

Comme prévu, aucune communication, juste quelques pancartes. C’est une des originalités de groupe mais ça reste quand même une grande frustration pour le public…

Heureusement, après la scène, le groupe assure la communication et vient naturellement à la rencontre du public. L’occasion pour moi d’acheter l’album, de recevoir quelques cadeaux mais surtout de discuter avec Adam… en français s’il-vous-plait ! Il m’avait mis la puce à l’oreille, en découvrant il y a quelques jours qu’il traduisait lui-même son site internet dans la langue de Molière. « Messieurdames, une version en français se trouve ici »

J’en ai profité pour échanger quelques mots avec l’artiste. Et même s’il ne l’a (malheureusement) pas dit durant le concert, il trouve que la Rotonde est une des plus belles, si ce n’est la plus belle salle de concert de sa tournée européenne. Un gars souriant et proche du public mais surtout un album ‘Forward March’ qui fait parti des perles de l’année 2007.

 

24h après Arcade Fire, quel plaisir de retrouver du rock indépendant, du vrai, un peu amateur et pas toujours très délicat, un son puissant et énergique, et surtout des gens simples… et efficaces.

 

On en reparlera…


SD Bota


 

Place à la chronique de Thomas…pardon, celle d’Edmond.

 

12h07 samedi 3 novembre résidence d’Edmond. Le téléphone sonne, c’est Tox au bout du fil. Il me confirmait le concert de « Strange Death of Liberal England » et me communiquait les dernières informations pré-concert. Notamment qu’il fallait apporter un paquet de chips.

 

17h33 même jour résidence Tox. Nous mangeons tranquillement les chips avec en fond sonore le groupe de ce soir. C’est là ma première écoute de ce groupe qui je dois bien l’avouer m’était encore parfaitement inconnu jusqu’alors.

 

19h45 même jour Botanique. Nous sommes beaucoup trop tôt et décidons d’aller chercher une petite pils pour patienter. Nous passons devant le stand déjà érigé de « SDLE » et  nous y arrêtons quelques instants. Un jeune sbire est de garde, et après nous avoir furtivement adressé un œil méfiant, il replonge les bras croisés dans la contemplation du sol. Le ton est donné, le groupe de ce soir ne seront pas les rois de la communication. Voyant que Tox s’approprie dangereusement le livre d’or posé sur la table, le garde sort de sa léthargie et nous prononce quelques mots d’anglais dont voici un extrait fidèlement retranscris : « …Be careful with the book ». Charmant.

 

Mais assez parlé de l’avant-concert et passons au concert proprement dit.

Après quelques minutes de patience, la rotonde fort peu remplie voit apparaitre les membres du groupe. Armés uniquement d’un panneau avec leur nom écrit dessus, il faut en effet émettre la supposition qu’il s’agit bien d’eux. Dès la première chanson, ils déballent la puissance de leur musique et de la batterie. Sous certains aspects, ils paraissaient sous l’influence de l’ecstasy, tellement ils gesticulaient et grimaçaient à qui mieux lors de leurs chansons. Le batteur de loin le plus communicatif du groupe (assez rare d’ailleurs) singeait parfaitement la posture de quelqu’un sur le pot. De plus, il semblerait que monsieur le batteur n’avait pas attendu longtemps pour s’enivrer du délice local, comprenez de la Maes. Quand à celui tout a gauche de la scène, il semblait sortir tout droit d’un pogo de punk et j’ai prié plusieurs fois pour qu’il ne se fracasse pas le nez par terre ou qu’il ne rentre pas en collision avec un de ses compères. Le chanteur et leader du groupe avec sa tignasse bouclé orange vif m’a tout d’abord fait penser à Tahiti bob (excusez la référence) mais il s’en distinguait par la suite, jusqu’à ce que je trouve en lui le parfait sosie du bassiste des guns&roses.  La fille du groupe, ne m’a pas laissé un souvenir indélébile excepté son fort joli minois. Enfin il y avait le claviériste, tout chauve, qui semblait parfois être le père des autres membres et qui ressemble vaguement à John Locke de Lost (excusez encore la référence)

 

La musique en elle-même était plus que rythmée mais malheureusement, je ne pourrai distinguer une seule chanson parmi le set, tout m’a semblé en effet très identique. De plus la batterie occupait à mon avis une place trop importante et masquait assez régulièrement les autres instruments présents.  Malgré tout, j’ai pu apprécier  le début de l’une ou l’autre chanson. Il s’agit notamment de celle où « Tahiti bob »  troque sa guitare électrique pour une bonne vieille guitare de campeur. Malheureusement, seule la première minute m’a plu car après cela repartait dans le vacarme de plus belle.

 

Les chansons étaient écrites en anglais, mais je n’ai pu à aucun moment exception faite de la dernière chanson éponyme de l’album « the Strange Death of Liberal England,  intercepter ne fusse qu’une bribe de phrase. Tout juste entendions nous des  « Ohhhhhhhh » « heeeeeee »  « ahhhhhhhhhhhhhhhh » chanté d’une voix somme toute assez plaintive.

Reste l’après-concert et le moment d’une chouette rencontre où Tox n’a pas pu s’empêcher de parler français avec le chanteur du groupe. Le temps pour moi, de réaliser qu’il ne ressemble pas vraiment au bassiste des guns&roses et qu’il arbore une toute autre voix que lorsqu’il chante.

 

Vous l’aurez compris si vous êtes arrivé au bout de la lecture de ce ramassis, The Strange Death of Liberal England ne fut pas un coup de cœur pour moi.

 


SD Bota1


Et enfin celle de Renaud.

 

Une entrée rapide et discrète sur la scène d’une rotonde à moitié remplie. Un membre du groupe agite un carton blanc arborant le nom du groupe en guise d’introduction, prenant à revers le public achevant sa commande au bar et l’ingénieur du son qui peine à retrouver la manette pour arrêter la musique. Une petite heure plus tard Strange Death of Liberal England quittera le champ de bataille à l’issue d’un concert blitzkrieg, comme ils sont arrivés, agitant simplement une pancarte « Dank U ». Entre les deux, pas une minute de répit. Le groupe enchaîne les titres de son premier album sans interruptions, quitte à prolonger un petit solo de guitare ou de batterie superflu pour laisser le temps aux autres membre du groupe de se réaccorder avant de se lancer dans le morceau suivant. Tel un bataillon de jeunes soldats guidés par la fougue et quelques grandes idées, doués mais bordéliques, attachants mais énervants, ils mènent leur assaut musical de Bruxelles comme ils l’entendent, quitte à déplaire.

 

Tandis que le claviériste se tient au garde à vous, Adam Woolway, chanteur et guitariste en chef, mène les hostilités avec sa voix faussée qui a le don de séduire ou de dresser les cheveux selon les moments. Malheureusement le réglage du son laisse un peu à désirer (fait rarissime dans cette salle) et ne lui rend pas justice. Le reste du groupe se plait à échanger d’instruments, rajoutant ainsi de la dynamique sans vraiment convaincre pour autant. Il n’y a par exemple pas de véritable batteur mais bien trois musiciens avec une formation en tambour. Aucunement dérangeant, cela renforce la martialité des rythmiques sur la plupart des morceaux mais ne leur fait pas honneur dans les envolées. Leurs compositions restent aussi solides que sur le disque. « A Day another Day », « An Old Fashioned War » et « Oh Solitude » sont livrées fidèlement. Parfois trop fidèlement. On aurait pu imaginer un prolongement de « An old Fashioned War» pour entraîner véritablement le public dans leur combat mais ils optent pour une fin abrupte. L’assaut final se fait sur « I saw Evil » où ils lâcheront enfin tout pour emmener leur chanson au niveau supérieur.

 

Un groupe prometteur donc, encore (très) jeune, mais qui possède énormément de qualités et qu’il faudra continuer à suivre. Reste à voir également combien de temps ils pourront conserver leur approche muette de l’interaction avec le public et si ils seront capables de trouver une autre solution sans pour autant sacrifier de la théâtralité qui fait leur charme.