18/12/2007

Elvis Perkins – While You Were Sleeping

Elvis

Elvis Perkins – While You Were Sleeping

 

Poussière du Mercredi

 

Mardi 18 Décembre 2007. Dehors, il gèle. Le mercure peine à franchir la barre des zéro degrés. Dehors, les jours raccourcissent. Le soleil se lève à 08h40 et se couche à 16h37. Les magasins grouillent d’agitation. Les rues sont illuminées de mille feux. Les chants de noël envahissent nos oreilles. Nonnnnnnnn. Tous les éléments semblent s’associer pour forcer les étudiants à rester chez eux, les forcer à étudier… Quoique…

C’est aussi la période parfaite pour les traditionnels bilans de l’année écoulée. Pas de quoi se casser le cul, pas de grandes nouveautés (pour les lecteurs assidus de ToX en tout cas), pas de top 5 ou de top 10 j’en suis incapable, juste une sorte de récapitulatif avec en prime quelques cadeaux de fin d’année. Bienvenue dans la rubrique ‘ToP Of ToX’.

C’est aussi la période parfaite pour créer un blog. Mesdames, Messieurs, ToX fête sa première année d’existence le 29 décembre.

 

Perkins


 

Pas vraiment une révélation, plutôt un coup de cœur… juste un morceau.

While You Were Sleeping de Elvis Perkins. Le genre de morceau interminable de 6 minutes 19  qui pourrait en faire dix de plus, qui pourrait même durer des heures tant Elvis a des choses à raconter… Le genre de morceau qui transporte. Où ? Je sais pas. Sur les routes, les routes solitaires, les routes mélancoliques, dans l’univers assez triste et désespéré de l’artiste.

Une composition simple mais pas légère qui, sans pour autant être ennuyeuse, suit toujours la même ligne, le même rythme. Et pourtant, à chaque passage, elle se remplit, elle prend un peu plus d’ampleur et ce, aussi bien au niveau lyrique que musical. La guitare solitaire et rejointe par des percussions de plus en plus présentes pour laisser ensuite le morceau finir en beauté sous les cuivres et les chœurs. Un morceau qui s’étend, qui s’étend encore et qui pourrait encore s’étendre. Le résultat est un petit bijou pop folk.   

Malheureusement, le reste du cd n’est pas du même acabit et sur scène Elvis n’est pas vraiment des plus emballants (Cfr chronique de son concert à Bruxelles).

Cependant, il reste ce morceau, un morceau qui pourrait vous mener loin, très loin… Excellent pour les trajets en tout genre. Un morceau qui trouve sa place parmi les meilleurs de l'année écoulée.

 

Le Clip :

 

 

La Blogothèque qui passe avec ses concerts à emporter pour une superbe session au coeur de Paris :

 

 

Les Paroles :

 

while you were sleeping
the babies grew
the stars shined and the shadows moved
time flew, the phone rang
there was a silence when the kitchen sang
its songs competed like kids for space
we stared for hours in our maker's face
they gave us picks
said go mine the sun
and gold and come back when you're done
while you were sleeping
you tossed, you turned
you rolled your eyes as the world burned
the heavens fell, the earth quaked
i thought you must be, but you weren't awake
no, you were sleeping
you ignored the sun
you grew your power garden
for your little ones
and you found brides for them on christmas eve
they hung young cain from the adam trees
and danced
while you were sleeping
i tossed and i turned
til i closed my eyes
but the future burned
through the planet turned a hair gray
as i relived the day
while you were sleeping
the money died
machines were harmless and the earth sighed
through the wind you slept sound
and gravity caught my love around
the ocean rose, sang about decay
while witches flew
and the mermaids stayed
full of dreams, you overslept
and keeping with quiet, through the walls i crept
i walked on tiptoe, sent darkness swirling over all the kitchen in the early morning
i'll never catch up to you
who sleeps so sound
my arms are useless
my heart beats too loud to go to sleep
my mind's too crowded
while you were sleeping
the time changed
all your things were rearranged
your vampire mirrors face to face
they saw forever out into space
and found you dreaming in black and white
while it rained in all the colors of the night
i watched the tvs
memories
championships
vanished to sea
could it be, my honey between you and me
so i waited for the riddled sky
to dissolve again by sunrise
and i've made a death suit for life
for my father's ill widowed wife
did you have that strangest dream before you woke
cos in your gown you had the butterfly stroke
did it escape you like some half told joke?
when you reached for your plume of smoke
it'll haunt you, my honey bee
anyone who is anyone has that same dream
were you falling
were you flying
and were you calling out
or were you dying
thank god you're up now
let's stay that way
else there'll be no mornings
and no more days
cos when we're dreaming
our babies grow
the sun shines
and the shadows flow
time flies
the phone rings
there is a silence
and everybody tries to sing

 

 

28/10/2007

Elvis Perkins @ ABClub


ElvisPerkins

Elvis Perkins @ ABClub

 

Samedi 27 Octobre. J’ai rendez-vous à l’ABClub avec Elvis Perkins.

19h45. Quel plaisir de monter ce long escalier pour atterrir dans l’ABClub. La dernière fois que j’y étais retrouvé, c’était pour voir Just Jack. L’endroit n’a rien perdu de son charme, un pièce en parquet, une proximité extrême avec la scène et le charmant petit bar à fond de cette minuscule salle, le tout sous un éclairage merveilleux. Je tire la porte et je me retrouve au milieu de… 5 personnes… Il n’y aura pas foule ce soir, c’est une évidence et ce n’est pas plus mal. En face de moi, un stand merchandising avec d’affreux T-shirts à l’effigie du groupe, des Cds et des vinyles aussi… Curieux, je m’approche. Assis derrière la table, une femme lit un livre. Elle lève son regard, lâche un ‘Hello’ et replonge aussitôt dans son bouquin. Elle est blonde, assez bien portante et surtout elle chique la bouche ouverte. Je m’écarte et passe 10 minutes à observer cette scène digne d’un pseudo film américain. Cette femme, seule ; qui lit et qui ne lui manque plus qu’un tricot à la main et quelques gosses qu’elle engueulerait à ses pieds pour décrocher haut la main l’oscar du meilleur rôle…

 

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Le décor est planté mais je m’éloigne un peu du sujet. Je suis venu pour voir Elvis Perkins, rappelez-vous.

A 20h, début la première partie. C’est Mel Dune qui s’en charge.

Une jeune femme, accompagnée de trois musiciens, qui propose de la folk, dans la plus pure tradition, si ce n’est avec un petit accent flamand qui trahit ses origines. De la folk flamande en anglais en quelque sorte. Assis contre la scène, j’ai beaucoup de mal à me laisser prendre par ces sonorités touchantes mais sans réelle âme. Pourtant, après quelques morceaux, j’arrive peu à peu à me laisser toucher par l’univers du groupe, triste voir dépressif…mais trop tard…30 petites minutes et puis s’en vont… Un concert acoustique qui ne laissera pas un souvenir impérissable puisque vous pouvez encore ajouter à cela qu’elle ne s’exprime qu’en néerlandais et que je n’ai donc pas compris grand-chose à son charabia entre les morceaux…

 

En attendant 21h et Elvis, quelques bières me font patienter. Ce qui est bien avec l’Ancienne Belgique, c’est qu’on paye le prix du (super) gobelet en plastique dans lequel est versée la bière, on peut donc les reprendre chez soi pour en faire une collection… (Pourtant à 2,20€ la pisse de chat, ça pourrait paraître excessif mais après un passage par ce que propose nos amis français, je reste calme !)

 

21h. L’air de rien, Elvis Perkins débarque seul sur scène, guitare acoustique autour du cou et harmonica au bec, deux instruments qu’il ne quittera pas d’une seule seconde durant son concert.

 

Cet Elvis-ci n'est autre que le fils d'Anthony Perkins, l'acteur de 'Psychose'. Ceci étant dit, il est nettement plus pertinent de faire remarquer qu'ELVIS PERKINS est apparu pour la première fois sur la scène de l'AB en début d'année, en première partie de Clap Your Hands Say Yeah. Ce singer-songwriter était à l'époque totalement inconnu mais il a sorti depuis un 'Ash Wednesday' à vous donner des frissons. L'album a été enregistré à Los Angeles en compagnie de quelques amis musiciens et du batteur Gary Mallaber (Van Morrison). Un album pop folk qui s'épanche sur les bons comme les moins bons moments de la vie et qui nous fait penser, de temps à autre, à Bob Dylan. Après quelques tournées couronnées de succès à travers les Etats-Unis avec Okkervil River et My Morning Jacket, Elvis Perkins viendra cette fois en Europe, accompagné de son trio DEARLAND.
Petite communication d'ordre pratique : Elvis Perkins n'est pas contraire aux enregistrements audio et vidéo à usage privé, dixit un communiqué officiel sur son site web.

 

Après un premier morceau solo, Elvis se fait rapidement rejoindre sur scène par trois brillants musiciens multi-instrumentalistes. Une atmosphère étrange se dégage. Un univers dont je ne sais pas s’il est issu dans mon imaginaire ou non mais qui se juxtapose parfaitement à celui de la femme qui tient le stand merchandising. Imaginez à la fois des hippies dans les années 60 aux Etats-Unis et des jeunes fermiers américains tout droit tirés de leur ranch, mélangez les deux et vous aurez Elvis et ses musiciens. Elvis n’est pas très beau, sa barbe n’est pas très jolie. Il porte une chemise blanche et un vieux pantalon, un style assez négligé. Il porte autour du cou un long collier ainsi qu’un médaillon (avec une photo du christ ?). Le bassiste l’accompagne dans ce style hippie tandis que les deux autres cultivent plutôt le style bucheron avec de jolies chemises…de bucherons.

 

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Elvis est plutôt antipathique et peu communiquant, il est plongé dans son univers, un univers pas très joyeux. Durant les morceaux, il garde toujours les yeux fermés. Entre les morceaux, il change d’harmonica et de guitare et lance quelques mots au public, le plus souvent un vulgaire ‘Heyyy’.

Pourtant, le concert se déroule parfaitement, sans accros. C’était le Elvis Perkins que j’attendais. Avec un plus, les joyeux musiciens qui l’entoure. Je pense que tout seul, il doit être assez peu amusant… voir chiant… mais voir ses musiciens sourire entre eux et à toujours changer d’instruments rend le spectacle très attachant. Le nombre d’instruments joué par ces trois là durant le concert est vraiment impressionnant. Basse, contre-basse, violoncelle, trombone, grosse-caisse,… Ce qui fait qu’on peut rapidement passer de morceaux pop folks assez déprimants sur lesquels c’est Elvis qui occupe le devant de la scène à d’autres morceaux où l’on assiste à une véritable cacophonie multi-instrumentale. Dans ce bordel magnifique, le batteur qui prend la grosse caisse y joue pour beaucoup ! On s’éloigne de l’album, c’est varié, plaisant, de nombreux nouveaux morceaux sont joués… mais malgré tout, après 1h de concert, la majorité du public n’attend qu’une chose, son tube et certainement son meilleur morceau : While You Were Sleeping. Un morceau qui ne tombera finalement qu’en rappel et qui sera suivit d’un excellent morceau sur lequel les instruments se déchaînent et qui pour clôturer les 80 minutes de ce set, nous laissera partir avec un sentiment de gaieté et de bonne humeur…

1h20 de concert. Elvis n’ayant qu’un seul album, j’en suis agréablement surpris.

Du premier rang, j’ai passé un excellent moment, dans un univers particulier auquel j’étais déjà habitué… ce qui m’a facilité la tâche.

Ce n’est pas le concert de l’année mais Elvis Perkins m’a touché.

 

(Et pour 10€, c’est ce qu’on appelle : une bonne affaire).

 

0h42. Il y a 3h, j’étais à deux pas d’Elvis Perkins. Maintenant, je pense avoir fini cette chronique et je pense avoir tout dit. Reste cet interminable ‘While You Were Sleeping’ qui tourne en boucle…