15/02/2008

Girls in Hawaii showcase @ Botanique

« Postcard from Hawaii : The weather here's nice. Girls are beautiful. »

 

Bruxelles. Mardi 12 Février 2008.

Y’a des jours comme ça où je me demande ce que j’ai bien pu faire pour mériter autant de privilèges.

Y’a des jours comme ça où je me réveille à 7h du mat, alors que j’ai tout le loisir de dormir, trop stressé, trop occupé à me poser un tas de questions sur ma première journée de stage qui m’attend dans l’après-midi.

Y’a des jours comme ça où en me levant, j’apprends que le soir même aura lieu un showcase privé de Girls in Hawaii au Botanique.

Y’a des jours comme ça où après une première journée de stage et de travail, je me retrouve au concert de Girls in Hawaii.

 

Assister deux fois en trois semaines à un concert de Girls in Hawaii, la veille de la sortie de leur nouvel album et quelques jours avant le début de leur tournée européenne, doit sans doute faire partie des privilèges qui m’auront été offert.

A deux reprises, l’impatience. L’impression d’assister à un grand moment.

 

Pourtant, autant aller directement droit au but, cette fois, ils m’ont déçu.

 

Un groupe détaché, pas vraiment motivé et une prestation bien peu charismatique.

 

Derrière moi, 599 autres invités. Devant moi, sept télés (hé oui, elles sont de retour dans le paysage de GiH), un écran géant, quelques lampadaires et au milieu de tout ce brol (belgicisme, =désordre), les six belges de Girls in Hawaii.

Après la prestation quelque peu particulière à laquelle j’avais pu assister le 24 janvier dernier (ICI), les voici de retour dans les vraies conditions scéniques de leur nouvelle tournée. Un set relativement bien rodé alternant pendant 1h30 la quasi-intégralité des deux albums du groupe. En primeur ce soir, et pour la première fois en public, ils dévoilent les projections, diffusées sur les huit écrans qui les entourent, qui accompagneront chaque morceau avec un univers visuel particulier. Chaque morceau possède ainsi sa vidéo. Des visuels qui baignent dans la belgitude, qui n’apportent aucune dimension supplémentaire aux morceaux et qui sombrent trop souvent dans des clichés particulièrement inintéressants. La Mer du Nord, les mouettes. L’Ardenne, les forêts.

 Girls in Hawaii


En une vingtaine de morceaux, tout y passe, même une reprise des Beatles. Pourtant, derrière tout ça, rien de très bandant, pardon de passionnant. Des gars pas très en forme, pas très motivés, voire  même détachés. Mais bon, je les pardonne, ils sont sortis du resto 30 minutes avant le concert. Je pourrai tenter de résumer (un peu) grossièrement la setlist en disant qu’il y avait ¼ de morceaux excellents et brillants, ¼ de jolis souvenirs du premier album et ½ de morceaux chiants.

 

Alors, je ne sais pas lequel de nous deux était légèrement bourré la dernière fois mais je les ai trouvé, cette fois-ici, nettement moins rock’n’roll, moins motivés, moins dedans, moins charismatique aussi. Ça reste d’ailleurs un gros problème pour le chanteur de communiquer avec le public…

C’est plutôt mauvais signe pour la longue tournée qui les attend.

 

Pourtant, il y a bien quelques éclairs de génie à commencer par Couples on TV, premier morceau écrit, composé et brillamment interprété par Daniel, le bassiste du groupe. Certainement le moment le plus fort du concert, le plus touchant aussi. Je tacherai de suivre les projets parallèle du jeune homme, déjà à la base des défunts Hallo Kosmo. Après Couples On TV, suivent Road to Luna et Birthday Call. Ces trois morceaux sont excellents, leur interprétation aussi. L’ambiance est à son comble pour ensuite trop rapidement retomber et reprendre son train-train lassant. Dommage. Une reprise des Beatles (dont les limites de ma culture font que je ne pourrai pas vous citer le titre) et plus grand-chose en fin de compte.

 

Légère déception donc. J’ai préféré Girls in Hawaii en version courte (40min), folle, rock’n’roll et alcoolisée.

 

07/11/2007

Mud Flow & Wilco @ Cirque Royal

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Mud Flow & Wilco @ Cirque Royal

 

La soirée parfaite…

 

Mardi 7 novembre. 20h. Cirque Royal. Rendez-vous avec Wilco.

 

L’annonce des belges de Mud Flow en première partie avait de quoi me laisser perplexe…

Depuis quelques années déjà, Mud Flow et moi entretenons une relation particulière. C’est le premier groupe que j’ai vu en concert, le groupe que j’ai vu le plus souvent en concert mais le groupe qui m’a le plus souvent déçu en concert… Cette année 2007 a précipité un peu plus les choses avec la sortie du très moyen ‘Ryunosuke’ d’abord et de prestations live décevantes ensuite…

Depuis une certaine Nuit Belge, j’avais même décidé de les boycotter…

Six mois plus tard, je n’attendais plus grand chose de leur prestation au Cirque Royal… quoique…

 

20h. Confortablement assis dans l’impressionnant Cirque Royal, mud flow arrive… mud flow surprend… mud flow impressionne… mud flow livre sa meilleur prestation que j’ai pu voir en 6 ans… mud flow me reconquit et me séduit…

 

Tout d’abord par la disposition dans laquelle le groupe se produit : ils ne sont que trois sur scène et ils livreront un set entièrement acoustique. Entourés du matériel de Wilco, Vincent Liben et ses deux musiciens trouvent discrètement leur place au milieu de la grande scène. Pas de batteur, pas de bassiste, juste de l’acoustique. Vincent ne quittera pas sa guitare sèche, il ne se lèvera pas, il ne fera pas d’interventions inutiles et se contentera de remercier le public, il sera parfait. A ses côtés, un pianiste et un guitariste, assis et en retraits, contribueront néanmoins à la création de cette atmosphère féérique et si particulière.

Une set-list surprenante. Six morceaux entièrement  remaniés pour cette disposition unique. Vingt-huit minutes plus tard, ils quittent (déjà) la scène aussi discrètement qu’ils sont arrivés et remballent eux-mêmes leur matériel.

Un univers acoustique incroyable dans lequel même l’affreux single ‘Monkey Doll’ sonne bien et dans lequel Vincent Liben semble être un génie de justesse et de professionnalisme. 

Condensé mais intense, mud flow a livré ici un set parfait et surprenant. Du grand très mud flow…

 

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  1. Shooting Star
  2. Today
  3. Unfinished Relief
  4. Monkey Doll
  5. Song 1
  6.  ?

 

 

Trente minutes qui à elles-seules méritaient le déplacement au Cirque Royal. J’aurai déjà pu repartir et m’arrêter à cette perfection…

…Pourtant, ce n’est pas tous les jours qu’on puisse avoir la chance d’assister à une prestation des américains de Wilco… et puisqu’ils ont choisi de ne s’arrêter en Europe continentale qu’en Belgique et en Espagne… JE RESTE !

      

Jeff Tweedy est devenu un homme plus calme et apaisé . Le chanteur de Wilco a réglé ses problèmes avec ses vieux démons et le résultat se fait entendre sur leur nouvel album Skye Blue Sky. Après les 2 chefs d'oeuvre absolus (et tourmentés) que sont Yankee Hotel Foxtrot et A Ghost is Born , ce nouvel opus sonne beaucoup plus serein. Musicalement, Sky Blue Sky nous ramène au Wilco du début, le groupe ayant vu le jour au milieu des années 90 sur les cendres d'un premier projet alternatif, répondant au nom d' Uncle Tupelo. Ajourd'hui, plus que jamais, Wilco est considéré à juste titre comme un groupe phare de l' Americana, cette dénomination qui regroupe tout ce qui se fait de mieux en country contemporaine. Moins expérimental que par le passé , avec un son nettement plus accessible, le groupe est de retour, maitrisant à la perfection leur savant mélange de rock, de country et de folk. Wilco n 'a pour autant rien perdu de son intensité et reste un des meilleurs groupes live du moment, leur récent concert au Vooruit en ayant apporté la preuve éclatante. Après un passage tout aussi remarqué cet été à Dour, un ultime rendez-vous est fixé en salle. Le mardi 6 novembre au Cirque Royal de Bruxelles!

 

21h. Le Cirque Royal est rempli à 75% pour les accueillir.

Wilco était une découverte pour moi. Un petit gars avec sa guitare, son harmonica, son chapeau de cowboy et ses 5 musiciens. Il propose un son que je qualifierai de pop-folk. De la pop-folk parfois soul, souvent rock, souvent expérimentale et surtout toujours d’une extrême justesse. Aussi bien au niveau vocal qu’instrumental, après six albums, on reconnait et on admire l’expérience scénique du groupe. Quasiment chaque morceau reprend le même schéma mais quasiment chaque morceau est une claque de justesse et de beauté. Le schéma est le suivant : Wilco nous emmène, nous transporte dans le désert américain, c’est beau, c’est calme, c’est reposant, c’est folk. Tout à coup, ce n’est pas un ange qui passe mais une tempête qui éclate, un énorme orage, les éléments et les instruments se déchainent dans une cacophonie instrumentale et expérimentale. Cette impression de tempête est extrêmement rendue bien sur scène aussi bien au niveau sonore que visuel. Ensuite, c’est un retour au calme… Un arc-en-ciel qui apparaît… un ange qui passe…

Je pourrai certes reprocher au groupe un cruel manque de communication mais je ne le ferai pas tant Wilco arrive à trouver les mots justes… juste par sa puissance musicale…

 

Wilco


 

Wilco touche et impressionne et en deux heures s’en sort avec tous les honneurs. Après plus de dix ans d’existence, Wilco a acquis une expérience et un professionnalisme qui les place au sommet de la scène indépendante américaine.

 

Une soirée qui s’impose comme une des meilleures de cette rentrée.

04/05/2007

Nuits Botanique 02/05 : Cat Power, Dexter Romweber

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Mercredi 2 Mai 2007. Pour la deuxième fois en trois jours, je me rends au Cirque Royal pour assister à la deuxième soirée des Nuits Botanique. C’est sans réelle conviction que je m’apprête à découvrir Cat Power et une première partie inconnue, Dexter Romweber.

 

Le concert de Dexter Romweber ou 30 minutes pour convaincre…

Dexter Romweber, c’est un homme, la quarantaine, crooner, américain, une légère calvitie commençant à se dessiner sur son crâne, chemise blanche et pantalon noir, mais surtout avec sa guitare et sa… sœur à la batterie. Du rock’n’roll américain. On se retrouve transporter dans l’Amérique profonde des années 50. Et finalement, c’est plutôt pas mal et dépaysant. Je me surprends à me laisser apprécier le style et l’énergie. Ça n’a pas la prétention d’être le meilleur concert 2007, mais un bon (et court) moment tout de même.  

 

21h. Place à celle que tout le monde était venu voir ce soir, Cat Power.

 

Repérée entre autre par Steve Shelley de Sonic Youth, Chan Marshall aka Cat Power a sorti un nouvel album «The Greatest» en 2006. Ses nouvelles compositions, parfois dépouillées et souvent émouvantes, allient librement ballades folk, mélodies soul et rythmes blues. Sur scène, on retrouve le charme de cette auteure interprète aux côtés de sa nouvelle formation Dirty Delta Blues (qui compte notamment dans ses rangs le guitariste de Jon Spencer et Jim White de Dirty Three).

 

Je ne suis pas un grand connaisseur de Cat Power à vrai dire, quelques morceaux par-ci par-là et c’est tout. Soirée découverte donc. Pourtant, la déception et l’ennui ne se firent pas attendre. Une prestation soporifique, et ce n’est pas Cat (pour ne pas dire Chan Marshall) qui fera quelque chose pour me sortir du sommeil.

Pourtant, ce n’est pas ça, elle bouge. Elle est libre de tout instrument et elle occupe l’espace… enfin si faire d’innombrables et incessants aller-retour entre le côté gauche et le côté droit de la scène pour être considéré comme de l’occupation d’espace…

Il y aura bien quelques pas de danse… en total désaccord avec la musique. Ni sa pseudo présence, ni ses « merci beaucoup, dank u wel » viendront la sortir de ce pétrin.

Au niveau musical, les instruments et la musique restent en arrière-plan pour surtout laisser place à la voix de Cat. Jolie voix mais le tout reste bien trop monotone à mon goût. Aucune mélodie ici, juste un rythme blues avec toujours la même ligne de basse. Mais bon, c’est ça Cat Power… A découvrir de préférence dans le canapé…

Et après 1h40, c’est avec un certain plaisir et soulagement que j’observe Chan quitter enfin la scène…

 

Le magazine Télémoustique qui couvre la totalité du festival semble aussi partager certaines de mes impressions. Les voici :

 

« On s'en est rendu compte lors de cette deuxième soirée qui a accueilli la versatile Cat Power dans un Cirque Royal rempli au deux tiers pour un concert somme toute très classique. (…) Dès l'entame du quatrième morceau, le très attendu "The Greatest", chanson titulaire du dernier album et, en toute subjectivité, l'une des meilleures chansons au monde, Cat Power se révélait une nouvelle fois à côté de ses pompes. Pas concernée, dansant de manière enjouée sur ce qui reste quand même l'une des mélodies les plus mélancoliques de son répertoire, inadéquate pour ne pas dire défoncée, elle a ensuite enchaînée les fautes de goût et les approximations jusqu'à la fin d'un concert à oublier assez vite. »

 

 

Les prochains rendez vous seront Peter Von Poehl, La Nuit Belge et les Two Gallants. Voila qui me réjouit nettement plus et qui annonce des chroniques, enfin je l’espère, nettement plus positives.