14/05/2008

Sebastien Tellier, Blitzen Trapper, Rogue Wave @ Nuits Botanique

 

« Les hommes s’en mêlent »

 

Ces derniers jours, dans vos commentaires (cf. les deux chroniques précédentes), vous avez été particulièrement critiques et acerbes (et anonymes). Surprenantes, perturbantes ou amusantes, ces critiques me permettent surtout de remettre l’église au milieu du village. Vous vous trouvez ici sur un blog personnel, mon blog personnel, sur lequel est partagé un avis personnel, mon avis personnel. Loin de toute objectivité, il s’agit ici de mon regard, de mes perceptions et de mes ressentis. Depuis bientôt un an et demi, j’essaie de respecter cette ligne éditoriale. Si vous cherchez quelque chose de plus sérieux et de plus objectif, alors certainement que ToX n’est pas pour vous. Je ne suis ni journaliste, ni critique musical alors revoyez peut-être vos attentes. Vous avez ici à faire à un étudiant de 21 ans qui essaie, tant bien que mal, de faire partager ses découvertes, ses concerts et ses impressions… rien de plus… A bon entendeur, salut !

 

Soit. Ce qui m’intéresse ce soir c’est une nouvelle série de concerts au Bota, avec pour l’occasion, sous le Chapiteau : Sebastien Tellier mais aussi, et c’est peut-être le plus intéressant, deux outsiders américains de chez Subpop qui tenteront de voler la vedette à Sebastien, Rogue Wave (www.myspace.com/roguewave)  et Blitzen Trapper (http://www.myspace.com/blitzentrapper).

 

Tellier (2)

 

Après une très bonne impression sur cd, c’était avec impatience que j’attendais la venue des américains de Rogue Wave. A peine 1 mois après leur prestation au très populaire festival de Coachella, les voici aux Nuits Botanique ! Apparemment, ce n’est pas pour Rogue Wave que le public avait acheté son ticket puisqu’à 20h, lorsqu’ils débutent leur set, ce n’est que devant une petite cinquantaine de personnes. Dès les premières notes, à l’écoute de leur pop mélodieuse, je pense à leurs compatriotes de Nada Surf et de Death Cab for Cutie. Les ressemblances sont flagrantes. Et même si, sur scène, avec l’appuie de trois guitares électriques, leur pop prend des accents beaucoup plus rock, leur musique reste quand même profondément ancrée dans la pop… sans vraiment qu’ils puissent se démarquer des groupes cités précédemment. Néanmoins, même si en quarante minutes on semble avoir fait le tour, leur musique me plait beaucoup et j’assiste à un très bon set ! Dans dix jours, ils reprennent la route pour le pays de l’Oncle Sam, ils y finiront leur tournée fin août après des dizaines de concerts. On en reparlera.     

 

Tellier


 

Là où l’on peut facilement enfermer Rogue Wave dans une bulle « pop gentille et efficace », ça devient beaucoup plus compliqué de catégoriser Blitzen Trapper, quelque part entre la folk, la country, la pop et le classic rock avec quelques poussées expérimentales. Sur scène, si la complicité entre les deux frontmen et leur acolyte le batteur semble évidente, c’est nettement moins le cas avec les trois autres membres du groupe, nettement plus en retrait. C’est plutôt sympa, intéressant et rafraichissant même si, encore une fois, un set de 40 minutes est suffisant.

 

« Sébastien Tellier déchaîné/déchet né »

 

Pour Sébastien Tellier, c’est différent. D’abord, pour lui, quarante minutes ne suffisent pas. Ensuite, pour lui, le public est venu en nombre. Et juste avant 22h, pendant que les techniciens installent le bazar de Sébastien (consoles, synthés, batterie, guitare, boules à facettes, bouteille de vin,…), la salle commence déjà à se remplir. Chacun voulant être aux premières loges pour assister à ce show… à la française. C’est sans doute ça l’effet Eurovision. Pourtant, de l’Eurovision, de son sérieux et de sa débilité, Sébastien Tellier en sera bien loin  ce soir… Pour mon plus grand plaisir ! A 22h, accompagné de trois musiciens, il monte sur scène. Chaussures blanches, pantalon blanc, ceinture blanche, chemise noire, écharpe atour du cou, lunettes de soleil. Dans le style bourgeois chic et bien soigné, il n’a rien oublié. Sur scène, j’avais cru entendre qu’il s’était calmé… Au début, c’est vrai que ça aurait pu être plausible… Son jeu scénique est parfaitement rodé. Verres de vins, cigarettes, mouvements pseudo-sensuels. Sur un tempo electro, il mime continuellement des gestes plus ou moins sensu/sexuels ou encore des injections dans le bras. Ça aurait pu et ça aurait dû rester dans cet univers qui lui colle définitivement à la peau. Mais… c’est parti en couille et quand la bête est lâchée, rien ne peut l’arrêter. On adore ou on déteste, en tout cas, il ne peut laisser indifférent. Moi, j’ai beaucoup rigolé. Même si derrière ça, il y avait un gars complètement drogué, qui blaguera en racontant que c’est un enfant qui l’a contraint et forcé et qui lui a fourré du LSD dans la bouche. Des blagues, il en racontera beaucoup. Des histoires aussi. Sans queue ni tête… enfin si, avec beaucoup de queues et un peu de tête. Il n’y a ni limites, ni tabous pour Sébastien Tellier, il évoque le sexe mais surtout sa consommation excessive d’alcool et de drogues. Presqu’une apologie… 

 

Tellier (3)


 

 Il flirte constamment avec les limites. Ses limites mais aussi celles du public, notamment en frôlant l’irrespect envers ce public qui a payé sa place pour cette prestation. Durant des dizaines de minutes, il fait des interludes et assure non pas un spectacle musical mais un véritable one-man-show. Certains n’apprécieront pas et quelques « Ta gueule et joue » fuseront dans l’assemblée même si la majorité reste, rigole et le pousse dans ses délires. Musicalement, c’est l’electro sensuel de ces disques… mais vous l’aurez compris, c’est surtout l’univers du personnage qui intéresse. À 23h, après une heure de show, alors que Sébastien a quant à lui déjà complètement décroché depuis un petit temps, le public décroche lui-aussi peu à peu… ça tourne en rond… les mêmes blagues et les mêmes gestes reviennent (avec une prédominance du suçage de micro !) Pourtant, malgré les avertissements des programmateurs (qu’il jugera de nazis) et de ses musiciens qui tenteront tant bien que mal de le faire revenir à la raison, sont set durera encore 1h… soit 45 minutes de plus que le temps qui lui était imparti. Il est comme ça Sébastien. C’était l’une des dernières dates de la première partie de sa tournée, il était bien et il s’est fait plaisir. Ça réserve peut-être quelques surprises pour l’Eurovision. J’espère en tout cas qu’on pourra le retrouver vivant pour l’été et pour la deuxième partie de sa tournée… et ça, c’est pas ce qu’il y a de plus évident…

 

Moi, j’ai plutôt apprécié même si, avec quatre heures de concerts dans les jambes et avec un Tellier qui fait des prolongations inutiles sur scène, j’en ressors crevé.

 

Mais avec, en une soirée, trois groupes excellents et vraiment très différents, avec près de 4 heures de concerts, avec une soirée entièrement masculine (un total de 15 mecs sont montés sur scène !), c’était à mon goût la soirée qu’il ne fallait pas manquer aux Nuits Botanique.

 

Tellier (4)


12/05/2007

Nuit Belge 2007 : mud flow, Sharko, Minérale, Sioen, Les Anges,…

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Nuit Belge 2007 : mud flow, Sharko, Minérale, Sioen, Les Anges,…

 

La fin de l’édition 2007 des Nuits Botaniques approche déjà. Surprises et déceptions se sont côtoyées durant cette quinzaine. Mais ce soir, les augures semblaient être bonnes. Au programme, la Nuit Belge, ou comment rassembler en une soirée et sur 3 scènes les artistes qui font la scène rock belge actuelle. La météo avait décidé d’être au rendez-vous et le temps c’était dégagé pour l’occasion.

 

Cette soirée était complète depuis quelques jours. Beaucoup de monde était donc au rendez-vous et trois solutions se présentaient aux nombreuses personnes qui cherchaient encore un ticket d’accès pour la soirée : Ramener des figurines pour l’équipe de la série d’animation « Panique au Village » pour les aider dans la réalisation de leur premier long-métrage, vous baladez avec une pancarte « Cherche places » aux alentours du Bota (et vous étiez nombreux à le faire !) ou encore, et c’est la dernière solution, attendre que je passe avec ma place en trop, avoir une tête sympathique et croiser mon chemin le premier.

Record d’affluence au Bota donc, et dès 19h30, une foule déjà importante est présente.

Juste le temps de descendre au Witloofbar, pour apercevoir l’accueil réservé aux nombreux VIP de la soirée. Impressionnant. Un buffet énorme de sandwich préparés et les Tellers occupés d’être interviewés dans un canapé sur le côté. Un sandwich jambon fumé kiwi pour la route et le marathon peut enfin commencer.

 

Mais dès 20h, place aux premières déceptions. Les Van Jets inaugurent la soirée et tant pis pour ceux qui arrivent à 20h05, la Rotonde est complète. Dommage, on m’en avait dis beaucoup de bien.

Qu’importe, ce soir les groupes se suivent et ce sont Les Anges qui ouvrent l’Orangerie. Là aussi, le public est au rendez-vous et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est extrêmement en forme ce soir. Et heureusement, ce n’est pas le son puissant des Anges qui pourrait les endormir. Mais pas le temps de s’attarder sur ces morceaux bien peu originaux, c’est une découverte (tardive!) qui ouvrait le Chapiteau : Minérale.

 

Enregistré par Peter Crosbie (Mint, Jason Donovan,…) avec le batteur de Mud flow, « Shrines » le premier album des Bruxellois de Minerale est déjà salué par la critique. Ils proposent des mélodies efficaces entrecoupées d’envolées pop très British. Leur univers, à la fois mélancolique et fougueux, s’apparente au trip hop.

 

Le Chapiteau était comble pour les accueillir, une ambiance de folie. Un rock agréable et mélodique dont les morceaux sont extrêmement efficaces en live, sans pour autant se démarquer et sans révolutionner le genre, Minérale s’en sort avec les honneurs, je suis conquis. Avec une mention spéciale pour l’univers scénique du groupe, très joli visuellement. Juste le temps d’être convaincu, je ne m’attarde pas et je vais re-rejoindre l’Orangerie.

 

Sioen. Pas grand-chose à dire sur sa prestation. Une ambiance et un public relativement calmes pour accueillir le gantois et son piano. Trop calme à mon goût. Et même si ses albums sont excellents, les quelques morceaux de Sioen vus sur scène ne m’ont pas donné l’envie de rester.

 

Surtout que du côté du Chapiteau, c’est Sharko qui s’apprête à monter sur scène.

 

Grâce à un son pop rock aux velours rugueux, Sharko remporte la finale du Concours Circuit en 1997. Depuis, le trio est devenu une référence de la scène rock belge, chez nous comme à l’étranger. Leur nouvel album «Molecule» est produit par Dimitri Tikovoi que l’on retrouve également derrière «Meds», le dernier album de Placebo. Parfois théâtrale, souvent drôle et toujours surréaliste, c’est sur scène que la personnalité du groupe surprend le plus.

 

C’était pour moi, la première occasion de voir Sharko sur scène et c’est sous les acclamations de la foule qu’il monte sur scène. Une ambiance qui atteindra le sommet de la soirée. Et dès les premiers morceaux, le chanteur se trouve transporté pour cette ambiance. Remerciements, pas de danse, passage dans la foule, refrains repris par le public, tout y passe. Rien à dire au niveau de la prestation scénique donc. Par contre, au niveau musical, les morceaux sont assez inégaux, l’excellent côtoie le moins bon et l’ambiance retombe rapidement lors de ces derniers. Sharko a néanmoins pu démontrer toute son énergie et ses qualités scéniques bien qu’il semblerait que l’accueil du public y contribue énormément.

 

Joshua commence en retard, ce sera donc pour une prochaine fois…

 

20 minutes après le show de Sharko, c’est à mud flow, tête d’affiche de la soirée, de se produire.

 

Quelque part entre Radiohead et Echo and the Bunnymen, les Bruxellois alternent ballades mélancoliques, instrumentation de rock alternatif et envolées pop autour de la voix lancinante de Vincent Liben. Après le succès international de leur troisième opus «A Life On Standby», ils reviennent avec «Ryunosuke» un nouvel album produit par Rudy Coclet (Sharko, Arno) sur le label No vice MUSIC.      

 

Depuis la sortie de leur dernier album il y a quelques mois, les concerts de mud flow sont annoncés au compte goûte. Leur concert privé en janvier (à lire dans les archives), leur show à l’Ancienne Belgique en février et depuis pas grand chose… Juste la sortie de ‘Ryunosuke’, une énorme déception… Début juillet, ils seront aux Ardentes de Liège et fin août, ils viennent d’être annoncés pour le Pukkelpop. (Non non, la récente présence de néerlandophone dans le groupe n’y contribue pas).

Septième fois que je les voyais sur scène, des surprises parfois, des déceptions souvent. Mais ici, après cet album très peu convaincant, mud flow jouait très gros (pour moi) ce soir. Le concert de la dernière chance en quelque sorte. Pour l’occasion, je n’ai donc pas hésité à attendre 20 petites minutes pour être aux premières loges.

 

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Ponctuels à 23h, ils montent sur scène. Surprise, ce sont les premières notes de ‘Ryunosuke’, ma chanson préférée du dernier album, qui inaugure le set. Cependant, je comprends rapidement, trop vite peut être, que ce sera la dernière surprise de la soirée.

Un son horrible, exécrable, imparfait. Et ce n’est pas les nombreuses demandes des musiciens vers l’ingénieur (!?) du son qui changeront quelque chose. Le son pourri gâchera l’intégralité du concert. Le son pourri mais pas seulement… S’ajoute à cela, la prestation de Vincent, leader du groupe. Evidemment leurs morceaux ne se prêtent pas à des effusions de joie et de bonne humeur, n’empêche… Vincent n’aura que très peu de considération pour son public ce soir… Il s’en tient aux traditionnels « merci » ou encore « heureusement qu’il pleut ce soir »… rien d’autre, et ce, même durant les quelques réglages du son, il attend mais ne communique pas. L’ambiance qui était à son comble avec Sharko retombe à zéro. Et même dans les premiers rangs.

 

Peut encore s’ajouter à cela une tracklist très peu convaincante… Seulement 2 morceaux du précédent album viendront s’ajouter à ceux du dernier. (et dire qu’ils en sont à leur 4ième album !) Vincent s’obstine à nous balancer des morceaux très peu accrocheurs issus de l’exécrable ‘Ryunosuke’.

La convergence de ces 3 facteurs donne La Pire des prestations et la déception de 2007. Il ne me reste plus qu’à me mettre à l’évidence, attendre 2 ans le prochain album (si il y en a un).

Je quitte le chapiteau 5 minutes avant la fin. Ce qui me donne l’occasion de le traverser pour voir que je ne suis pas le seul décu. Aucune ambiance, des dizaines de personnes se bouchant les oreilles… Voila qui me rassure. Tchusss mud flow.

 

Au final, après tant de médiocrité, une réflexion se pose : Que vaut réellement la scène rock belge ?

Certes, le public est au rendez vous, mais n’est ce pas un peu trop ? Trop pour ça ? C’est l’impression que j’ai pu avoir ce vendredi soir… Un public qui vient pour faire la fête, fier d’assister à une si belle affiche de groupes belges, pensant qu’il ne peut être déçu tellement on en parle. Et au final, un public plus à la hauteur que les groupes et leurs prestations.

Voir certains artistes ayant déjà une très grosse tête, en plus négliger leur public, est ce vraiment nécessaire? .…

 

La scène rock belge actuelle peut-elle s’exporter hors du plat pays ? Rien n’est moins sur.

Une éventuelle percée en France, mais après ? Ont-ils vraiment l’ampleur nécessaire pour s’exporter ?

Cette soirée m’a semblé avoir montré les limites de la scène belge.   

 

Une dernière critique sera pour le Botanique. Tout d’abord, concernant le nombre de personnes présentes hier soir, trop de places auraient-elles été vendues ? Un passage difficile, des couloirs remplis, des salles combles,… Il n’était pas aisé de circuler ni de s'approcher de la scène, encore fallait il avoir l’occasion d’y entrer…

S’ajoute à cela, une programmation horaire pas top… Comme vous pouvez le voir plus haut.

Ok, c’est un festival… n’empêche…

 

La déception est donc au rendez vous de cette Nuit Belge. La prestation de mud flow y est certainement pour beaucoup. Néanmoins, voir autant de personnes rassemblées au Botanique pour voir nos artistes belges, fait extrêmement plaisir… Ne reste plus qu’à avoir des groupes vraiment à la hauteur… Rendez vous l’année prochaine !

 

Tout ceci n’étant que mon humble avis personnel, n’hésitez pas à laisser le votre ou vos réactions dans les commentaires !

Quant à moi, je file étudier avant de retrouver une dernière fois le Botanique ce soir avec les Two Gallants. L’impatience monte, avec la certitude d’une valeur sure qui ne pourra me décevoir.