27/11/2007

iLiKETRAiNS @ Botanique

ILT

iLiKETRAiNS @ Botanique

 

Originaire de Leeds en Angleterre, I Like Trains revient avec «Elegies to Lessons Learnt». Le quintet compose une musique inspirée de catastrophes, de meurtres, de trahisons et de chemins de fer. Vêtus sur scène d'uniformes de la Société des Chemins de Fer Britannique, les Anglais de I Like Trains proposent un rock sombre et mélancolique, le chant se veut porteur d’émotion et les textes sont réformateurs. A mi-chemin entre la Britpop du milieu des années 1990 et My Bloody Valentine, leurs composition sont à la fois longues répétitives, psychédéliques et on y trouve de nombreuses plages instrumentales.

 

Lundi 26 novembre 2007

 

Avec des morceaux pas vraiment palpitants sur cd, c’est sur scène que l’univers du groupe iLiKETRAiNS prend tout son sens. Treize mois plus tôt, même ville, même salle ; ils m’avaient touché. J’avais même pu à l’époque sortir un truc du genre « Rien que pour l’intensité du single Terra Nova, le concert valait les 7€ du ticket d’entrée. »

Avec la présentation d’un nouvel opus en prime, treize mois plus tard,  iLiKETRAiNS est de retour à la Rotonde. 

Et puis, ce soir, j’avais cette envie de nostalgie, d’ambiance glauque et pesante…

JACKPOT.

 

19h59. Déception. Avec un nom comme Cecilia Eyes, je m’attendais à avoir en face de moi une charmante jeune fille…Hé bien non ! Pour le même prix ce sera quatre poilus pseudo-ténébreux ou quatre ténébreux pseudo-poilus, je sais pas trop. Toujours est-il qu’ils proposent du post-rock instrumental comme on en fait mille.

C’est pourtant pas si mal, ça s’inscrit complètement dans la lignée de iLiKETRAiNS, avec quand même quelques éléments en moins… pas de voix, pas de paroles, pas de  charisme, pas de personnalité, pas de mise en scène, pas de visuels… mais malgré tout, pas sans rien.

Pas de micro, pas de mots. Telle pourrait être la devise du groupe.

Une prestation qui aura le mérite de rendre l’impatience pour iLiKETRAiNS d’autant plus grande mais qui aura aussi le mérite de mettre le public dans le bain, ou plutôt de lui faire mettre un premier pas dans la tombe, avant d’accueillir le ténébreux quinquet anglais.

N’empêche qu’après quarante minutes de set, poilus pseudo-ténébreux ou ténébreux pseudo-poilus, je sais toujours pas trop…

 

Pendant « la pause », une toile blanche derrière les musiciens est abaissée. Le projecteur devant la scène est installé. Le projectionniste-trompettiste procède aux derniers réglages de son instrument qui joue une place considérable dans l’univers du groupe.

Sauvé ! iLiKETRAiNS n’a pas changé. Mieux, en plus de ne rien avoir perdu par rapport à l’année dernière, iLiKETRAiNS revient encore plus fort et plus puissant.

Les cinq compères débarquent sur scène, quatre barbus pour un non barbu, brassards noirs au bras, chemises blanches, cravates noirs, la grande classe.

Il y a un an, ils ouvraient le concert avec un timide « Nous sommes J’aime les trains ». Ce soir, sous une salle comble et avec une basse horriblement mal au point, le concert débute avec « This town is burning down ». Il n’y a rien à dire, ils se sont affirmés. Sur la toile blanche, les ombres des grands symboles bruxellois, l’Atomium, le Cinquantenaire, la Grand-Place. En arrière plan de ces symboles, des flammes.

Deuxième morceau, « A Rook House For Body » extrait lui de « Progress Reform ». Sur l’écran, l’inscription 1992, Belgrade. Une partie d’échec, tour par tour, en diapo, suivie de photos d’époque.

 

1692, Sallem, Massachussetts.

1666, Eyam, Derbyshire.

1969, Sargasso Sea.

1841, Beldam.

 

Je pourrais encore continuer longtemps.

Chaque morceau a son histoire, sa date, son lieu.

Chaque morceau est mis en image, illustré soit par des diapos, soit par des montages vidéo. Le plus souvent ce sont des images d’archives en noir et blanc. Une ambiance, on ne peut plus glauque et prenante. Les cordes de pendus occupent une place importante. Mais il y a aussi les noyades, les meurtres et les accidents…  

iLiKETRAiNS est passionnant.

 

21h34. Place au somptueux Terra Nova. Place au capitaine Scott et son équipage partis à la découverte de l’Antarctique. Place à cette voix impressionnante. Place à l’émotion, à l’univers du groupe, à la trompette, aux images de l’expédition, aux riffs des deux guitares. Place à la mélancolie du groupe. Un morceau à l’image du concert, sublime.

C’était la dernière date de leur tournée de trois mois qui les a emmenés un peu partout en Europe.

Durant 65 minutes,  ils ont livré une prestation captivante du début à la fin. D’une intensité rare. En un an, ils ont énormément grandi, ils ont rempli la Rotonde et on risque bien d’encore entendre parler de leurs prestations live.

Par contre, malgré que ce concert rejoigne celui de The National au Panthéon de mes préférences de ces derniers mois, je ne vous conseillerai pas de découvrir le dernier album du groupe, vous risquez certainement de ne pas apprécier… C’est sur scène que ça se passe…

 

Du grand Art.*

 

Je n’ai abordé ici que les aspects scéniques du groupe, si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de jeter un œil sur l’excellente chronique que Sylvain a réalisé à propos du groupe. http://parlhot.over-blog.com/article-7230656.html

 

Great god
This is an awful place
And I do not think that we can hope
For any better things now
Oh the end
Cannot be far
It cannot be far
I cannot wait