02/02/2008

Yoav @ Botanique

Yoav

Yoav @ Botanique

 

« Meilleur concert de ce début 2008 »

 

Bruxelles. Vendredi 1 Février 2008.

 

Changement de derrière minute. Je me laisse finalement tenter pour un vendredi soir bruxellois et par une soirée au Botanique. Au programme, un artiste inconnu au bataillon : Yoav.

 

Influencé par des groupes différents allant de Beck à Radiohead en passant par Massive Attack, Yoav allie, avec subtilité, sonorités trip hop à son univers pop mélancolique. Seul avec sa guitare, le jeune compositeur israélien remplace le traditionnel sample par des sonorités rappelant étrangement une batterie et un synthétiseur. Après avoir assuré la première partie de la tournée de Tori Amos, il vient nous présenter son premier album «Charmed & Strange» sorti sur le label américain Verve Forecast.

 

7€ la découverte. Allez, pourquoi pas. Qui est partant ? Moi, elle et lui. Et finalement, une toute petite centaine de personnes, toutes assises sur les petits nuages qui flottaient dans la Rotonde ce soir là…

 

Sans vraiment le savoir, un peu par hasard, par goût de la découverte, une petite centaine de personne a assisté, comme moi, à une prestation époustouflante et à ce qui restera comme le meilleur concert de ce début d’année 2008.

 

Quelques minutes avant le début du set, j’avais pourtant encore quelques doutes. A la lecture des quelques articles et chroniques qui traînent sur le net au sujet de Yoav, à l’écoute de quelques morceaux, j’avais peur de revivre le cauchemar « Justin Nozuka en live bis ». Chronique du désastre par ici. C’est vrai que leur timbre de voix peut être comparable et que tous les deux peuvent avoir un débit de paroles et des tonalités parfois « très R&B », très Justin Timberlake. Mais ces quelques doutes sont rapidement balayés. A la différence de Justin Nozuka, sur scène, Yoav est un artiste d’exception, un génie exceptionnel.    

Mais d’abord, c’est un artiste seul. Absolument seul. Un peu comme Hayden l’était en première partie de The National (ICI). Sur la scène, une paire de bottines, un ampli, quelques précieuses pédales d’effets, une guitare acoustique et un homme à lunette, en T-shirt/Jeans et à pieds nus.

En l’écoutant sur cd, il est difficilement imaginable que cet artiste est seul sur scène. Pourtant, il l’a démontré de la plus belle des manières ce soir à la Rotonde. Uniquement accompagné de son talent, de sa guitare et de quelques pédales d’effets et d’enregistrements, Yoav prouve à l’assemblée qu’il s’agit bien de lui, et lui seul, le génie qui est derrière toutes ces compos. Sa guitare lui sert tantôt de gratte traditionnelle, tantôt de porte-voix improvisé, mais souvent aussi, il la tambourine et s’en sert pour en sortir, avec ses doigts habilles, toutes sortes de sons étranges et de percussions. Ce mec est capable de vous jouer des sonorités techno/house en tambourinant sur sa guitare, ça l’amusera d’ailleurs de le prouver au public.

 

Aucune fausse note. Evidemment, tout n’est pas parfait, parfois ça s’essouffle, un peu, la faute à un léger manque de diversité. Mais quelques morceaux d’exceptions sont là pour balayer tout ça. Je pense par exemple à la superbe reprise de Where is my mind des Pixies, au tubesque et dansant There is Nobody ou encore à Beautiful Lie, étrangement très proche l’hymne qu’Underworld avait composé pour le film Trainspotting. Trois morceaux vraiment emballants et qui pour moi, à eux seuls, ont valu cette soirée improvisée.

 

Seul, Yoav impressionne et conquit la salle. Ses quelques mots en français et sa communication avec le public ne font qu’ajouter au charisme de ce charmant personnage. Pas de doute, on en ressort heureux, heureux d’avoir assisté en comité restreint à cette prestation, heureux de se dire que ce n’est sans doute qu’un début et que Yoav pourrait facilement remplir, dans quelques mois, des salles beaucoup plus grandes, et beaucoup moins intimistes par la même occasion.

 

Après avoir débuté sa tournée à Copenhague, il y a deux jours, il ne reste déjà plus que quatre dates en Europe pour Yoav. Parmi celles-ci, La Flèche d’Or à Paris le 4 Février. Il s’envolera ensuite pour l’Amérique du Nord.

 

Son premier album Charmed & Strange ne sortira en Europe qu’en mars prochain. Vous en entendrez sans doute reparler mais d’ici là, voici quelques uns de mes morceaux préférés.

    

Yoav - Where Is My Mind

Yoav - Beautiful Lie

Yoav - There Is Nobody

  

A suivre…

 

Yoav (2)


Ah oui, comme d’hab, Jenny était de la partie et comme son avis m’intéresse, le voici :

 

What would you say for this – one man and one guitar? Seems quite dull and simple, eh? How about – one man unconventionally using his guitar? Any better? One man, one guitar, unconventional use, loop pedal, delay pedal and the magic atmosphere of the Rotonde – would you like to experience this one Friday evening?

Yoav.

And say, you’d listen to a few of his songs before the concert and you’d like them, just like, nothing more, but then you’d still decide to find yourself surrounded by some 40 other people and by a stage – microphone, loud speakers, two other pieces of equipment, guitar and.. a pair of shoes. Then you’d find out that the whole trick with the shoes is that the artist appears on the stage barefoot.

What would you think?

And then, let’s say that the show starts and it’s amazing to watch how one man, with nothing more, but a guitar and a head full of brilliant ideas can produce so many different sounds. Not only produce, but also record them, put together and spicy all this with smooth lyrics.

Still not convinced?

Well, what if I’d tell you that with his guitar he’s able to play drum‘n’bass, crazy rap beat, the sounds of morning breeze, sunshine, noises of meadows and tropical beaches? Then you’d hear it yourself in his best songs. You’d find an energizing “There Is Nobody” and quite rap-like “Club Thing”. You’d also hear some kind of an inner voice in “Where Is My Mind”. And you’d not believe your eyes [ears] but I’d tell you that all this magic appears thanks to one, single guitar. Then you’d see that it affects not only you, but also all the listeners around.

“Wow”, you’d say, “wow, how amazingly impressive can one man and one guitar be!!”

 

http://www.yoavmusic.com/

30/05/2007

Architecture in Helsinki @ Botanique 29/06/2007

HiH

Mardi 29 Mai 2007. PureFm m'invite pour ce qui sera certainement ma dernière soirée de la saison au Botanique. Et dans le programme assez vide de cette fin de saison, il restait un groupe que j'avais bien envie de découvrir sur scène: Architecture in Helsinki.

 

Comme leur nom ne l'indique pas, ils sont… australiens.

Comme les infos sur le net ne l'indiquent pas, ils sont 6 sur scène (et non 8)

Comme la rumeur ne l'indique pas, ces australiens et leur musique n'ont rien à voir avec les suédois de « I'm from Barcelona ».

 

20h. Le Botanique est loin de l'agitation qui peut parfois l'envahir. La fin de saison se fait sentir. Les étudiants sont en examens, les Nuits Botanique sont terminées, les groupes finissent leurs tournées et pensent déjà à préparer les festivals d'été.

Qu'importe, c'est avec plaisir et impatience, accoudé à la scène, que j'attends de voir ce que 'Architecture in Helsinki' a dans le ventre.

20h30. Le groupe monte sur scène. Pas de première partie au programme et une Orangerie loin d'être comble.

En face de nous, des australiens bien peu communicatifs ou démonstratifs. La simplicité, les Nike et les Converse sont de rigueur. Le groupe semble assez fatigué … et en 1h leur set est bouclé. Parmi les six membres sur scène, deux sont totalement effacés et hors de leur sujet ; quant aux autres, ils font leur possible pour rester éveiller et pour nous tenir éveiller par la même occasion en passant constamment d'un instrument à l'autre. Ce sera finalement une chose plutôt bien réussie.

 

Leurs morceaux sont rapides, variés, expérimentaux et se laissent facilement écouter. J'avais pu lire à leur sujet qu'on pouvait les comparer à un groupe de potes musiciens enfermés dans un magasin de musique et essayant tous les instruments ce qui donne un magnifique bordel. Et c'est vrai qu'il y en a beaucoup des instruments sur scène mais ce sont surtout les percussions qui sortent de lot et qui occupent une place très importante Des sonorités simples mais recherchées, électroniques mais pas trop, des musiciens talentueux mais assez discrets, un style musical difficile à définir, un fourre-tout impressionnant, aux influences pop, mais prenant aussi d'autres sonorités totalement différentes sur certains morceaux. Des morceaux qui s'enchaînent rapidement et qui sont assez variés et étonnants pour ne pas nous laisser nous embêter.

 

Un son original, sympa et surprenant. Par contre au niveau de l'ambiance et de la présence, on est loin du bordel que 'I'm from Barcelona' avait foutu dans la même salle il y a quelques mois.

Une soirée loin d'être inoubliable mais cependant très sympathique et qui tiendra son rôle, celui de la détente et de la découverte durant une session d'exam.

 

On ne demande rien de plus, si ce n'est de les revoir sur scène lors d'un festival estival où le groupe devrait pouvoir ravir les foules et surtout prendre une ampleur supplémentaire que ce mardi soir au Botanique. C'est en tout cas l'impression qu'ils m'ont donné.

 

Architecture in Helsinki sera le jeudi 16 août au Pukkelpop. La sortie de leur prochain album est aussi prévue pour le courant du mois d'août. On en reparlera… ou pas…

 

13/05/2007

Nuits Botanique 12/05 : Two Gallants en acoustique

Nuits Botanique 12/05 : Two Gallants en acoustique

 

Les Nuits Botanique, c’est fini ! Du moins, c’est ce que je pensais avant le concert des Two Gallants de ce vendredi soir. Pas de première partie, rien qu’eux deux, leur batterie et leur guitare pour un show acoustique. En perspective, c’était donc une soirée calme et rapidement terminée qui s’annonçait…

En perspective…

Mais cette année, les Nuits Botanique auront décidé de me réserver des surprises jusqu’au dernier moment.

 

Le concert devait débuté à 20h et avoir lieu dans le Witloof Bar. Suite à l’énorme surprise qu’avaient été pour moi la découverte des Two Gallants sur scène en novembre dernier et vu que le concert est complet, je décide même d’être 30 minutes à l’avance. Surprise et changement de dernière minute, le concert n’aura pas lieu dans le Witloof mais dans la Rotonde (ce qui n’est pas mal), mais, la Rotonde étant occupée, le concert commencera à 22h… Machin Bazar… 2h à attendre, tout seul :o(… Cependant, l’immense générosité du Botanique nous donne accès gratuitement jusqu’à 22h au Chapiteau. L’occasion pour moi de voir Les Vedettes et Dez Mona mais pas The Young Gods…

 

Découvertes sur scène aux côtés de Philippe Katerine, Les Vedettes forment un sextuor trash pop de majorettes version années 60. Les Bruxelloises proposent "Papa est mort", un titre déjanté écrit et composé par Katerine qui allie humour et ironie dans un univers electro pop à la croisée des Zombies, de Sheila et des Claudettes de Claude François.

 

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J’avais (vite fait) entendu parler des Vedettes. Au programme, un spectacle de majorettes… tourné sous la forme d’un show pseudo-comique, avec un entraîneur en survêt Adidas et  fumant son cigare, deux gardes du corps et toute une troupe de majorettes… … … … Le tout se veut comique et amusant…

 

Enfin, ça fait toujours passer 20 minutes d’attente… Le temps de sortir prendre l’air sur les marches où mon regard de sociologue en formation est attiré par une certaine catégorie de jeunes hommes, venant passer leur soirée au Bota, sans avoir accès aux salles, juste pour se montrer et regarder les gens et boire de la vodka lemon pétillante du Lidl… Intéressant…Amusant…

 

Plus qu’1h20 à patienter avant les Two Gallants et c’est Dez Mona qui viendra essayer de nous faire passer le temps… chose un peu réussie… Mais décidément en cette dernière soirée, le Chapiteau est désespérément peu rempli. 

 

Près du bar, 20 minutes avant le concert, j’ai l’occasion de croiser Tyson et Adam, les deux larrons des Two Gallants. Ils sont tranquilles, détendus, signes quelques autographes et font quelques photos avec les fans. Allez magné vous les mecs.

 

Après un concert sold out en novembre, Two Gallant n’a pas finit de faire parler d’eux. Formant un duo issu de San Francisco, Adam et Tyson sont tombés dans le blues étant petits, comme au siècle passé un Dylan ou hier des White Stripes. Leur dernier album «What the tolls tell» sorti en février 2006 laisse entrevoir un répertoire qui s’étend d’une certaine tradition folk jusqu’à un garage-rock énergique.

 

22h. Zzzz. Les Two Gallants sont en retards et il faut attendre 22h20 pour entrer dans la salle. Les surprises sont-elles enfin terminées ? Assister à 1h de concert, à écouter ce set acoustique et après faire un gros dodo ? Je passe la porte et j’entends les deux ‘hôtesses’ dire : « Tu penses qu’il faut leur dire ? », « Il faudrait, mais ils le verront bien »… Humhum il y avait donc encore de la surprise dans l’air. Et quelle surprise : des coussins rouges sont installés autour de la scène, et le concert sera OBLIGATOIREMENT assis. Surpris, tout le monde prend donc place sur les reposes cul rouges. Et alors qu’on aurait pu penser qu’un concert assis est synonyme de quiétude, d’aucuns soucis et d’aucunes aventures, ce ne sera pas le cas. Trois énergumènes (totalement explosés) se chargeront d’animer la soirée. Tout le monde est installé mais les Two Gallants tardent à arriver. Deux gars, sous l’effet de certaines substances, s’impatientent, commencent à crier, se lèvent, tentant d’applaudir, et attendent debout. Deux hurluberlus, debout, seuls au milieu de la salle. Après quelques plaintes, ils tentent, difficilement, de regagner leur position assise.

22h30. Tyson et Adam arrivent enfin. Adam avait pour l’occasion sortie sa plus belle chemise de bûcheron, à carreaux rouge et noir. La scène est épurée au maximum. Juste les Two Gallants et leurs instruments entourés de micros. Ceux qui espéraient les voir sortir une guitare électrique seront déçus. Et la déception de certains ne se fit pas attendre, après quelques morceaux, un gars au fond, se lève brusquement et commence à gueuler « Wake Up, Wake Up S’il vous plait, Wake Up » et il quitte la salle furieux. Devant un des deux énergumènes du début, s’endort profondément. Ce qui lui vaudra une remarque du chanteur… qu’il n’entendra pas. Et bien que tout le monde soit assis, un gars de la sécurité est obligé de rester débout sur le côté de la scène. Au premier rang, quelques demoiselles n’hésitent pas à constamment bombarder Adam et Tyson de flash dans la gueule, alors qu’à côté d’elles, leur voisin a sorti son matos de pro pour enregistrer l’intégralité du concert. Au premier rang, il fallait oser. Alalala.

 

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Et si on en venait enfin au concert ? Pas énormément de choses à dire. Une session acoustique de la sorte est un moment unique et très agréable mais voilà, ça reste très endormant. Ce qui fait tout le charme des Two Gallants, c’est justement d’alterner entre énergie et calme lors de leurs morceaux. Et c’est ce qui avait fait leur succès en novembre dernier. Ici, nous n’avons droit qu’au calme. Cependant, quel plaisir d’assister à leurs plus beaux morceaux dans cette disposition acoustique, ‘Steady Rollin’, ‘Long Summer Day’ ou ‘Threnody’ valent à eux seuls les 7€ déboursés pour la soirée. Ce sera cependant avec plaisir que nous les retrouverons en Belgique, à Dour et au Pukkelpop, dans leur disposition habituelle. Et là, je peux vous dire qu’ils sauront vous faire danser et pogoter (parfois), tout comme vous émouvoir (souvent).

 

1h15 de concert acoustique et cette fois s’en est vraiment fini avec les Nuits Botanique. Un festival riche en surprise, bonnes ou mauvaises mais une quinzaine très agréable, entre le Cirque Royal, l’Orangerie, la Rotonde et le Chapiteau. Maintenant place aux examens…