24/05/2014

En écoute : Talisco - Your Wish, extrait de l'album Run

Talisco, Run, Your Wish

Décidément, la nouvelle scène française n'en finit plus de m'étonner. Voici un artiste dont on a pas encore beaucoup parlé en Belgique, mais pour lequel ça ne devrait pas tarder. Il s'agit de Talisco, alias Jérôme Amandi. Après un EP "My Home", Talisco vient de sortir son premier album "Run". Signé sur le label Universal Music, cet album vient de recevoir d'excellentes et unanimes critiques dans l'Hexagone. Et c'est amplement mérité, tant il s'agit d'une vraie réussite.

L'album s'ouvre sur "Your Wish", un véritable petit bijou pop folk aux mélodies entêtantes taillé pour la bande fm. Mais alors qu'on aurait très bien pour en rester sur ce single entraînant, il n'en est rien. Les morceaux et les surprises s'enchaînent. Les influences sont multiples. J'y retrouve du The XX dans l'intro de "In Love" ou du Crystal Fighters dans le morceau "The Keys". Pour ensuite retomber, un peu plus loin dans l'album, sur des ballades folk à la Jeff Bucley ("So Old"). Et même si la magie et l'efficacité opèrent un peu moins dans les derniers morceaux de l'album, cela n'effacera pas les nombreuses pépites qu'il contient. Une preuve de plus, s'il en fallait une, que la la nouvelle scène française se porte bien.

Quelques concerts et festivals attendent Talisco cet été en France et en Suisse ainsi qu'une mini-tournée en Allemagne à la rentrée. On peut donc logiquement espérer le voir débarquer en Belgique d'ici la fin de l'année. A suivre !

Retrouvez Talisco sur Facebook et sur Twitter

24/04/2014

En écoute : JAWHAR - Allemni (extrait de l'album Qibla Wa Qobla)

Envouté par Jawhar. Ce matin, j'étais à mille lieues d'imaginer que mon morceau de la journée (et peut-être de l'année) serait chanté en arabe, par un tunisien immigré dans ma campagne tournaisienne natale, et surnommé "Le Nick Drake des sables". Et pourtant. C'est sans doute ça la magie des découvertes musicales sur le net, celle qui m'animait tant il y a quelques années et à laquelle je suis peu à peu en train de reprendre goût.

Préparant le retour sur scène de Mud Flow pour une date unique en juillet, je m'intéresse à son leader Vincent Liben. Dans ses rares interventions sur les réseaux sociaux, je tombe sur ces quelques mots accompagnés d'un lien YouTube : "Oh que j'aime http://www.youtube.com/watch?v=tOYJsDE5mmc"

Curieux, je clique et j'arrive sur le morceau Allemni de Jawhar vu à peine plus de 2000 fois depuis qu'il a été posté en novembre 2013. Surpris mais touché par la beauté de ce titre, je laisse les 4 minutes 9 s'écouler. Coup de foudre immédiat. Je relance le morceau tout en creusant un peu plus sur le net. Je découvre alors l'histoire du groupe et de ce morceau.

Belgo-Tunisien, Jawhar naît et grandit dans la banlieue sud de Tunis. A 20 ans, il part en France étudier la littérature et le théâtre. Il y écrit ses premières chansons et commence à se produire sur scène. Depuis quelques années, il vit entre la campagne belge et la capitale tunisienne où il s’engage en tant que musicien, dramaturge et comédien. Une première création sulfureuse autour de l’amour et du sexe dans le monde arabe (Hobb Story de Lotfi Achour) le voit renouer avec sa langue et réinventer la chanson d’amour tunisienne.

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Le morceau Allemni évoque quant à lui l'homme des rues.

La chanson s’inspire d’un style très populaire voire prolétaire en Tunisie, et en grande partie très anti-conformiste dans la forme : le mezwed. C’est le cri d’un gars de la rue qui se mets a nu devant une fille: “apprends moi à t’aimer, les salauds m’ont fait oublier, ils m’ont enterré avec mes larmes et ma sensibilité, apprends moi à t’aimer. On m’a toujours dit que c’est l’argent qui ramène les êtres chers, on m’a appris que l’amour est une escroquerie, que c’est une invention féminine et avilissante... que faire si j’ai grandi entre ces murs, ceux de la mentalité de ma classe et de mon milieu?.. Et un matin je me lève et je me retrouve dévoré par ton amour, et je n’ose le dire à mes amis, et je ne sais te parler qu’en macho qui se la ramène pour masquer sa timidité et sa sensibilité, oh apprends moi à t’aimer...”

Loin du one shot, le reste de l'album est à la hauteur de ce titre, tout aussi envoutant. On y retrouve même deux morceaux chantés en anglais (If I Rise) et en français (Le Reste est Ennui).

La visibilité de Jawhr est plutôt faible. Je découvre que mon ami Marc a également découvert, apprécié et chroniqué cet album sur Esprits Critiques. Les chroniques publiées par Focus Vif et Le Soir sont également excellentes. Pour le reste, c'est à vous de jouer et d'également faire partager cette chouette découverte !

Jawhar sera en concert le dimanche 18 mai à Bruxelles dans le cadre des Nuits Botanique

26/04/2008

Ez3kiel et leur Battlefield

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Ez3kiel – Battlefield

« Sound & Graphik »

 

D’Ez3kiel, je n’avais qu’un vague souvenir. Celui d’une rencontre improbable avec Nosfell lors de l’édition 2005 des Eurockéennes de Belfort. A l’époque, du haut de mes 18 ans, j’étais plutôt attiré par les grosses pointures qui s’y produisaient : Interpol, Garbage ou encore Nine Inch Nails. Trois ans plus tard, c’est bon, je suis prêt. Prêt à m’attaquer à Ez3kiel et à me laisser surprendre par son Battlefield.

 

Ez3kiel, c’est avant tout un univers, aussi bien musical que graphique. Ez3kiel, ce sont des images qui marquent. Ainsi dès ses débuts, le groupe s’est créé une réelle identité graphique. Un corbeau mécanique surréaliste. Le visuel de Battlefield, leur sixième opus, est bien là pour confirmer cette tendance.

 

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Je n’ai été jamais fan des dénominations ou des étiquettes. Celles qui fourmillent  sur le net pour tenter de définir Ez3kiel sont pourtant nombreuses et variées.

 

Le groupe EZ3kiel développe un trip hop orienté dub et jungle.

Savoureux mélange de reggae-ska, de funk et de hard core.

Entre indus et dub.

Dub Indubitablement du dub. EZ3kiel donne dans le baroque futuriste.

Leur dub émaillé de crépitements electro, est passé aux moulinettes industrielles, trash et hip hop. on baigne en plein trip-hop avant d’être entraîné dans un tourbillon de syncopes electro-jungle-indus puis immergé dans des climats planants.

 

Indéfinissable. Vous l’aurez compris, en plus de l’union entre le visuel et le musical, le groupe joue sur le mélange des styles et des genres. De mon côté, je ne me lancerai pas l’exercice difficile qu’est de définir, ou plutôt de cloisonner, Ez3kiel.        

Qu’importe, le résultat est là. Sorti le 21 janvier dernier en France et le 14 Mars en Belgique, Battlefield est le sixième album de l’indéfinissable trio, désormais quatuor, français. Un album instrumental qui alterne entre douceur et fureur. Doux mais souvent lourd et violent (pour mes petites oreilles de popeux) ; dans tous les cas, Ez3kiel garde un sens certain de la mélodie et c’est sans doute ce qui fait tout son charme.

 

Mais là où Ez3kiel devient vraiment intéressant, c’est dans la pluralité des expériences qu’il propose. Un mélange constant de musical et de visuel qui prend tout son sens en live, dans l’expérience que le groupe propose à ses spectateurs. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de redéployer en live sur ce que le groupe a construit en studio avec Battlefield.

 

Il semblerait que le défi soit en passe d’être réalisé : c’est maintenant sur scène qu’EZ3kiel s’essaye à de nouveaux contacts avec le public : pendant le concert, un ballon truffé de capteurs sonores se ballade au gré des envies de la foule, la musique saccadée et aléatoire qui en découle vient alors immédiatement se caler sur la musique jouée sur scène, imparable!

EZ3kiel franchit une étape supplémentaire dans l’excellence, réussissant à immerger totalement le public dans leur univers poétique et si singulier.

 

Une expérience à vivre sur scène, le 14 mai à la Rotonde dans le cadre des Nuits Botanique. En juillet, le groupe sera de retour en Belgique le 17 juillet du côté du Dour Festival.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que je n’étais pas du tout conquis d’avance par Ez3kiel et ses mélanges de styles musicaux. Le résultat est pourtant intéressant et plutôt épatant. L’album n’est pas ce qu’il y a de plus accessible pour les non-habitués. Et ce n’est qu’après plusieurs écoutes qu’il se déploie et prend toute son ampleur.

 

La suite ? Dans quelques semaines au Botanique pour un compte-rendu de l’expérience live.

 

Malheureusement, pas grand-chose de légal à se mettre sous la dent. Je vous renvoie donc vers leur MySpace, http://www.myspace.com/ez3kielmyspace , et vers cette interview récemment réalisée par l’équipe de mativi.fr. C’est par ici que ça se passe : http://www.dailymotion.com/video/x506cj_ez3kiel-le-son-puissance-4_music