02/08/2015

Paradise Lost, The Staircase, The Jinx, une sélection des meilleurs documentaires judiciaires

Quand la réalité dépasse la fiction

Pourquoi vouloir à tout prix se plonger dans des fictions, dans des romans ou au cinéma, quand la réalité peut offrir des histoires encore plus surprenantes, marquantes et inquiétantes. À l’occasion de la sortie de l’excellente mini-série documentaire « The Jinx :The Life and Deaths of Robert Durst » que j’ai littéralement dévorée, j’ai décidé de plonger dans mes souvenirs pour vous livrer ma sélection des meilleurs documentaires judiciaires. Ils retracent des enquêtes criminelles, parfois les procès, et rencontrent les protagonistes de ces affaires et essayant de ne pas émettre de jugements. Dans ces faits divers morbides, vous rencontrez des innocents condamnés à tord et des dangereux tueurs innocentés.

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J’ai toujours aimé regarder des documentaires ou lire des romans de récit, de vie ou de voyage. En 2008/2009, lorsque j’étais étudiant, j’ai eu la chance de travailler quelques mois à La Médiathèque de l’Université Libre de Bruxelles. C’était un endroit et un job idéal pour moi puisque j’y retrouvais toutes mes passions : la musique, les jeux vidéo mais aussi les films et les documentaires. Et surtout, en tant qu’employé, j’avais la chance de pouvoir reprendre tout cela gratuitement chez moi. Un jour, la doyenne de l’équipe, en charge de la musique classique et des documentaires, m’a conseillé plusieurs documentaires « judiciaires ». C’était nouveau pour moi, mais j’ai découvert trois chefs-d’œuvre qui m’ont vraiment marqué.

Un coupable idéal - Jean-Xavier de Lestrade – 2001

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Brenton Butler, un adolescent noir âgé d'une quinzaine d'années, est accusé du meurtre d'une touriste blanche en mai 2000 à Jacksonville, en Floride. Ses avocats Patrick McGuiness et Ann Finnell vont se battre contre les méthodes quelque peu discutables de la police locale.

« Un coupable idéal » a remporté l’Oscar du meilleur film documentaire en 2002. Malgré la situation aberrante que le film dénonce et met en avant, 15 ans plus tard, le film reste on ne peut plus d’actualité. Personnellement, de part son format (un seul film 1h50), je trouve « Un coupable idéal » un peu moins prenant que les série qui vont suivre. C’est cependant une introduction idéale aux documentaires judiciaires  et au travail de Jean-Xavier de Lestrade. À noter que 10 ans après les faits, le réalisateur français est retourné à la rencontre de Brenton. Ces retrouvailles ont été diffusées en 2014 sur France et restent nettement moins passionnantes que le film original.

Paradise Lost - Joe Berlinger et Bruce Sinofsky – 1996/2000/2011

Paradise Lost, The Staircase, The Jinx, documentaire, justice, procès, enquête, crime, judiciaire, Jean-Xavier de Lestrade, vidéo, dvd, West Memphis Three, Robert Durst, HBO, Andrew Jarecki Plusieurs fois récompensés, les films Paradise Lost racontent l'histoire vraie et horrifiante des West Memphis Three, une célèbre affaire de meurtre dans laquelle trois adolescents de l'Arkansas, avec un penchant pour les vêtements noirs et le heavy metal, ont été accusés du meurtre de trois garçons de huit ans lors d'un rituel satanique. Ce documentaire retrace l'odyssée et les procès de Damien Echols, Jason Baldwin et Jessie Misskelley, trois adolescents incarcérés pour un crime effroyable qu'ils affirment ne pas avoir commis.

Les faits commencent à dater (1994), mais l’histoire des « Trois de Memphis » reste toujours aussi passionnante. Elle a également connu de nombreux rebondissements, c’est la raison pour laquelle le troisième épisode est sorti 15 ans après le premier. Les épisodes sont longs (150 min, 130 min et 120 min) est bien foutus. Ces documentaires ont entrainé une véritable mobilisation populaire, mais également d’artistes connus, et l’affaire continue de faire beaucoup parler d’elle sur Internet.  Plus récemment, en 2012, soit 18 ans après les faits, le documentaire « West of Memphis » a également retracé en 2h30 le destin de ces trois ados et le fonctionnement du système judiciaire américain.  



The Staircase (Soupçons) - Jean-Xavier de Lestrade – 2004

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Précédemment oscarisé pour son documentaire "Un coupable idéal" en 2002, Jean-Xavier de Lestrade "récidive" et se passionne pour ce nouveau procès d'un riche américain en Caroline du Nord. The Staircase ("Soupçons") n'est pas une fiction mais la réalité, 18 mois d'enquête fractionnés en 8 épisodes de 45 minutes mais avec un verdict tout ce qu'il y a de plus réel à l'arrivée ! Et quand la réalité dépasse la fiction...

Cette mini-série reste pour moi la plus passionnante et la plus marquante de toutes. Il y a quelques années, j’ai d’ailleurs acheté le coffret de trois DVD. Si dans les  deux documents précédents, l’innocence des accusés est plutôt palpable. Dans The Staircase, la situation est toute autre. Le protagoniste, Michael Peterson, est un personnage charismatique, touchant et attachant qui comparait libre au moment de son procès. Cet écrivain à succès est accusé du meurtre de sa femme. Mais pour lui, il s’agit d’un accident et elle est décédée en tombant des escaliers. L’enquête est remplie de rebondissements et mêle argent, pouvoir, sexe et trahison. Ce chef-d’œuvre de six heures ne vous laissera pas indemne. Et comme pour « Un coupable idéal », The Staircase connaîtra une suite, dix ans plus tard, avec les derniers rebondissements de l’affaire. Après avoir fini les huit épisodes de la série originale, vous vous jetterez donc sur « Soupçons : la dernière chance » avec encore 2h10 de rebondissements au programme.      

Le premier épisode est disponible gratuitement :


The Staircase - épisode 1 gratuit par editionsmontparnasse

The Jinx :The Life and Deaths of Robert Durst - Andrew Jarecki – 2015

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En l’espace de 30 ans, Robert Durst, riche héritier au physique de grand-père a été soupçonné de 3 meurtres. Il échappe chaque fois à la justice. Jusqu’à ce qu’il confesse ses crimes à son insu! Voici son histoire digne d’un scénario hollywoodien. En 2010, Andrew Jarecki réalise “All good things” avec Ryan Gosling et Kirsten Dunst, en se basant sur les sombres affaires reliées à Robert Durst. Entre 1982 et 2003, le diabolique milliardaire a été inquiété dans la disparition mystérieuse de sa femme Kathleen, le meurtre de sa meilleure amie et celui de son voisin. Le film passe inaperçu auprès du grand public mais interpelle Durst, qui propose alors à Jarecki une longue interview pour raconter “sa version” des faits... Le résultat : une haletante série de 6 documentaires, condensé de longues années d’enquête durant lesquelles le cinéaste analyse tous les indices, rencontre les témoins et reconstruit l’histoire. On découvre une personnalité glaçante, terrifiante, arrogante.



Portrait d’un serial killer milliardaire. Cela faisait quelques années que je n’avais plus été captivé de la sorte par une mini-série judiciaire. A l’instar « The Staircase », « The Jinx » est long, prenant et captivant. Et si après avoir découvert la série, vous aimeriez découvrir des documentaires similaires, allez donc jeter un œil sur ma sélection. De votre côté, si vous avez également des documentaires du même genre à conseiller, n’hésitez pas à le faire via les commentaires. 

23/06/2014

Le cratère de Darvaza au Turkménistan : aux portes de l'Enfer

Au coeur du désert de Karakoum, un cratère géant crache du feu depuis quarante ans. Malgré le danger, aucune grille ni protection n'entoure le site ou n'empêche les touristes les plus intrépides de s'approcher du bord. À leurs risques et périls. (AFP)

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Surprenante histoire que celle racontée par l'AFP le 20 juin dernier à propos du cratère dit des "portes de l'Enfer", dans le désert Karakoum, au Turkménistan.

Le cratère de Darvaza est un énorme trou de 70 mètres de diamètre et de 20 mètres de profondeur. Il est en combustion continue depuis 1971.

Il ne s'agit pas d'un phénomène naturel puisque le cratère de Darvaza est en fait le résultat d'une erreur de calcul de la part de scientifiques et géologues soviétiques.

"En 1971, les géologues soviétiques ont commencé à forer pour prospecter. Personne n'aurait pu deviner qu'au final, ils allaient percer des couches souterraines qui contenaient du gaz", raconte à l'AFP Anatoli Bouchmakine, géologue turkmène. "En forant, ils sont tombés dans une poche souterraine, le matériel de forage y a disparu, mais heureusement personne n'est mort. Comme ils craignaient que le cratère n'émette des gaz empoisonnés, ils ont décidé d'y mettre feu", explique-t-il. Avant d'y mettre le feu, les scientifiques soviétiques avaient estimé que la réserve de gaz s'épuiserait en quelques semaines. Mais cela fait maintenant plus de 40 ans que le puits brûle sans interruption et que l'endroit est surnommé "la porte de l'Enfer".

En avril 2010, le président Gurbanguly Berdimuhamedow a signé un décret visant à l'extinction du cratère, mais malgré les nombreuses tentatives pour éteindre les flammes, celui-ci est toujours actif à l'heure actuelle.

Darvaza, door to hell, porte de l'enfer, désert Karakoum, Turkménistan, AFP, photos, foto

Darvaza, door to hell, porte de l'enfer, désert Karakoum, Turkménistan, AFP, photos, foto

J'aurais pu vous diffuser l'une des nombreuses vidéos YouTube du phénomène, mais au final je vous propose d'écouter un petit "Highway To Hell" de AC/DC, on ne peut plus de circonstance à la vue des photos.

06/05/2014

Elections : Voter blanc ou voter nul, ce n'est pas donner sa voix à la majorité !

Le dimanche 25 mai prochain, les belges sont invités (sous peine de recevoir une amende) à ne pas faire la grasse mat' et à se rendre aux urnes. Mais à l'approche de chaque nouvelle élection, une légende urbaine refait surface : celle qui laisse penser que ne pas voter, voter blanc ou voter nul, c'est donner sa voix à la majorité .

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Heureusement, pour rétablir une bonne fois pour toute la vérité, le blog Ask LaLibre! a publié ce matin un article intéressant sur le sujet : "A qui profite vraiment le vote blanc ?"

"Ne vote pas blanc, tu donnes ta voix à la majorité!" Tout le monde a déjà entendu cette phrase à l'approche des élections. Mais est-elle vraiment correcte?


Chez nos voisins français ou allemands, chaque soirée électorale fait ressortir les fameux chiffres de l'abstention. Une réalité inconnue en Belgique, puisque le droit de vote est obligatoire dans nos contrées. Certains, par conviction ou désintérêt, optent donc pour le vote blanc ou le vote nul (celui où le bulletin de vote sert de support pour une phrase de haine, un petit dessin rigolo, et plus si affinités).

Et ils sont nombreux puisque 5,8 % des bulletins déposé dans les urnes lors des dernières élections fédérales étaient blancs ou nuls. Soit autant de personnes qui, selon le fameux refrain entonné avant chaque scrutin, donneraient indirectement et contre leur gré leur vote à la majorité. Un report de voix qui, selon cette même "croyance populaire", est uniquement valable pour le vote blanc. Mieux vaudrait donc prendre deux secondes pour faire un petit dessin, histoire d'être sûr de ne pas nourrir involontairement les grands partis, en laissant son bulletin vierge pour se prononcer contre le système.

Le vote blanc ne va à personne

La réalité est bien loin de cette idée reçue. Un petit tour sur le site internet belgium.be nous permet d'apprendre que le vote blanc, comme le vote nul, n'est pas comptabilisé lors de la répartition des sièges dans les assemblées fédérales et régionales. "Celui ou celle qui vote blanc ou nul s'incline donc devant ce que les autres électeurs décident ensemble", ajoute le site.

Les votes blancs ne sont donc pas ajoutés à ceux du parti récoltant le plus de voix, comme on l'entend souvent. Mais ce discours récurrent n'est pas sans fondement. En ne remplissant pas son bulletin, l'électeur protestataire offre, indirectement et mathématiquement, un plus grand pourcentage de voix aux partis les plus plébiscités: moins il y a de votes, plus les bulletins dûment complétés ont du poids dans le pourcentage total des voix, et donc dans la répartition des sièges.

Morale de l'histoire: non, votre vote blanc ou nul n'alimentera pas directement le total de voix récoltées par la majorité. Par contre, il donnera plus de poids aux bulletins dûment complétés avant d'être placés dans l'urne. Rester muet ou crier au fou ne sert donc à rien, mis à part à offrir un porte-voix au voisin d'isoloir pour lui permettre de faire entendre sa voix plus fort.

Source : http://ask.blogs.lalibre.be/archive/2014/05/06/a-qui-profite-vraiment-le-vote-blanc-1129729.html

 

Enfin, notez tout de même qu'à la différence du vote blanc, le vote nul n'est plus possible via le vote électronique. Impossible donc de laisser libre cours à votre créativité ou encore d'essayer d'amuser les assesseurs en griffonnant quelques mots ou dessins sur votre bulletin de vote.

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