30/10/2007

Deportivo – I Might Be Late

Deportivo

Deportivo – I Might Be Late

 

Un renard, une poule, une clé… Mais qu’est ce qui peut bien se cacher derrière la pochette de cet album ? Rien, certainement…

 

Deportivo est un groupe de rock français que les mauvaises langues considèrent comme un mélange entre Noir Désir et Louise Attaque.

Et si finalement, c’était ça le rock français…

 

J’ai un gros problème avec Deportivo… c’est que je les aime beaucoup…

En 2004, du haut de mes 17 ans, je découvre ‘Parmis Eux’, leur premier album.

Touché.

Des compositions courtes, très courtes même puisqu’elle dépasse rarement 2min30, souvent en français, quelques fois en anglais, des paroles simples mais touchantes (peut être seulement quand on a 17 ans…quoique…) mais surtout une alternance entre des morceaux  à l’énergie pure et brute et des ballades acoustiques. Il ne m’en fallait pas plus.

 

En 2004, Deportivo c’était ça, l’énergie d’un ‘1000 moi-même’ qui côtoie la douceur d’un ‘Sur le moment’ :

 

 

 

En 2007, trois ans plus tard, Deportivo est de retour et vient de sortir son deuxième album intitulé… Deportivo.

Trois ans plus tard, j’étais censé avoir (un peu) grandi… vous auriez même le droit de me dire « Comment peux-tu aimer cette musique adolescente ? » et pourtant… encore touché.

On prend les même et on recommence.

La recette ne change pas d’un milli poil : des compos courtes, alternant puissance et acoustique, français et anglais. On y ajoute quand même un petit bonus, une reprise de Miossec et de son morceau ‘Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement’.

Les 9 premiers morceaux (sur 10) sont bouclés en… 23 minutes ! Deportivo n’a décidemment pas changé.

 

Avec des paroles simples, parfois crues, parfois trop simple, parfois débiles, parfois un peu plus recherchée, Deportivo reste dans la lignée de son premier album… et c’est peut-être pour ça que je les aime bien…

 

« Allez rejoins moi dans la brise, on pourra baiser et faire n’importe quoi ».

« Oh merde ! Où diable ai-je donc pu oublier mes armées de problèmes ? »

« Quand nos âmes auront repris leurs voles à l’unisson,
Quand on aura chanté du Brassens à l’unisson »

 

 

Sur ‘Parmis-eux’, un morceau m’avait particulièrement plu,  ‘A l’ avance’.

Sur ‘Deportivo’, ce sera ‘I Might Be Late’.

Cette capacité de chanter en anglais d’une manière tellement… française, cette simplicité, cette guitare, cette petite trompette…On y retrouve tout le charme du trio français. Pas étonnement que ce soit le morceau que je vous propose de découvrir.

 

L’album est sorti le 22 octobre et est actuellement introuvable en Belgique… (Ça donnerait presque envie de le télécharger).

 

Deportivo sera de passage en Belgique, le premier de mémoire d’homme, le 24 novembre prochain dans le cadre du festival ‘Rock en Vrac’ au Botanique.

 

Et si finalement c’était ça le rock français…

 

25/10/2007

Beirut – Nantes

Beirut


 

Nobody raise your voices
Just another night in Nantes

 

C’est un de mes coups de cœur de la rentrée : Beirut.

 

Zach Condon, 21 ans, tête pensante de Beirut, s’est accompagné d’un groupe pour la sortie de ‘The Flying Club Cup’ son deuxième album et ce, pour notre plus grand plaisir. Un deuxième album pour lequel, même si il continue à composer pour la plupart des instruments, Zach laisse cette fois place aux nombreux musiciens pour l’enregistrement comme pour la scène… un enregistrement qui a d’ailleurs eu lieu dans l’église canadienne transformée en studio par Arcade Fire… Tiens tiens, nous y voila. A la sortie de cet album, je pourrais encore associer d’autres noms prestigieux  comme celui d’Owen Pallett de Final Fantasy. Voici quelques gages de qualités concernant ‘The Flying Club Cup’.   

 

Malgré son titre anglophone, l’album tout entier est un hommage à la vieille France, aussi bien de part les titre de certains morceaux ‘Nantes’, ‘Cherbourg’, ‘La Banlieue’ ou encore ‘Un dernier verre (pour la route)’ que par les nombreux clins d’œil à l’intérieur-même des compositions comme cet extrait de Bardot issu du film ‘Le Mépris’ de Godart qui vient s’insérer au cœur du morceau ‘Nantes’…

 

‘Nantes’, justement, le morceau que j’ai choisi de vous faire découvrir. Une petite perle à l’image de l’album, sublime et astucieux. Si vous aimez ce morceau, jetez vous sur l’album les yeux fermés. On pourrait qualifier le son de Zach de ‘Pop Orchestra’, des ballades qui nous emmènent dans un univers unique, particulier et surtout reconnaissable entre mille. Il y a là-bas une certaine gaieté, une certaine nostalgie mêlée à un zeste de mélancolie.

 

En plus, ce qui est bien, c’est que La Blogothèque et ses Concerts à emporter sont passés par là début septembre. Ils ont ainsi enregistré l’entièreté de ce nouvel album dans les dispositions propres aux Concerts à emporter, ils proposent tout ça en streaming sur le site officiel de ‘The Flying Club Cup’ et en vente sur support dvd à la fin de leurs concerts européens.

 

Regardez Zach descendre l’escalier d’un pas hésitant, se réveillant, s’étirant à la mesure du morceau qui se déplie au fil des marches. Ecoutez cette chanson qui s’épaissit depuis les ténèbres, d’abord dans un son sourd et lointain, de plus en plus clair, lourd et puissant. Nantes est alors martiale, volontaire, on penserait presque au We came through de Scott Walker. Dans cet escalier gris, Nantes devient viscérale, une impulsion. C’était le premier morceau tourné à New York. On avait fait un premier pas, et quel pas...

 

 

 

 

Pour mon plus grand bonheur, ce n’en est pas encore fini avec Beirut puisque je retrouverai Zach Condon et ses musiciens dans deux semaines au Botanique… Un concert complet depuis quelques temps… Affaire à suivre donc… Et puis, en ces premières journées hivernales, un souffle de fraîcheur et d’originalité ne pourra pas vous faire de mal… Que du contraire…

 

Les Paroles :

 

Nantes

 

Well it's been a long time, long time now
Since I've seen you smile
And I'll gamble away my fright
And I'll gamble away my time

And in a year, a year or so,
This will slip into the sea
But it's been a long time, long time now
Since I've seen you smile

Nobody raise your voices
Just another night in Nantes
Nobody raise your voices
Just another night in Nantes

Well it's been a long time, long time now
Since I've seen you smile
And I'll gamble away my fright
And I'll gamble away my time

And in a year, a year or so,
This will slip into the sea
But it's been a long time, long time now
Since I've seen you smile

 

 

29/09/2007

Kill The Young - Proud Sponsors Of Boredom

killtheyoung


Kill The Young - Proud Sponsors Of Boredom

 

Les frères Gorman sont de retour.

 

Enfants d’immigrés irlandais, les trois frères anglais qui forment Kill The Young ont grandi dans une petite ville près de Manchester. Le groupe revendique, jusque dans leur nom, le droit d’exister face à la pression imposée par la société occidentale de consommation sur la population. Après un premier opus produit par Dimitri Tikovoï (Placebo) et mixé par Flood (Depeche Mode, U2), le trio s’est inspiré de la scène US des années 1990 mais aussi de leur ascendance post-punk pour sortir un nouvel album «Proud Sponsors of Boredom »…

 

C’est avec beaucoup de craintes et d’appréhensions que j’attendais le second album du trio anglais de Kill The Young.

 

Sceptique, je l’ai pourtant entre les mains… Verdict…

 

Ma première rencontre avec le groupe remonte à il y a deux ans à la Rotonde devant 250 personnes. Il faut dire qu’à l’époque leur imparable single ‘Origin of Illness’ cartonnait sur les ondes françaises mais que le groupe avait encore du mal à percer en Belgique. C’est d’ailleurs une chose qui se confirme encore aujourd’hui, Kill The Young cartonne surtout en France. Cependant, j’en garde un excellent souvenir de cette soirée, un peu courte certes mais en face un groupe avec de l’ambition (Quitte à rejouer une seconde fois ‘Origin of Illness’ quand il n’y a plus de morceaux !) et avec un premier album variés et prometteur.

Depuis deux ans, les trois frères ont continué leur chemin (sans moi) écumant de nombreuses salles et festivals et en se taillant une réputation scénique plutôt méritée. Même si en France, ils côtoient un côté accessible et grand public … et plaisent particulièrement aux adolescent(e)s… ou autres chaînes musicales…

 

C’est justement ce qui me laissait craindre le pire concernant leur second album ‘Proud Sponsors Of Boredom’ : développer ce côté simple et grand public avec des singles accrocheurs et accessibles comme ‘Origin of Illness’…

 

C’était sans doute mal les connaître.

 

Dès les premières notes de ‘All By Myself Part 1’, la plage introductive, Kill The Young donne le ton ; un gain de maturité et surtout un album surprenant, différent et par la suite, beaucoup plus rock.

L’album s’ouvre sur un morceau qui rend le groupe méconnaissable, juste du piano et la voix sombre et posée de Tom.

1 minutes 27 de douceur directement suivies de l’excellent ‘Saturday Soldier’ qui lui ne laisse aucun doute, on a bien à faire à Kill The Young, et du grand Kill The Young. Un morceau pêchu qui me conquit d’entrée de jeu.

Sans pour autant vraiment se démarquer, les onze autres morceaux de l’album suivent la même lignée. Une lignée beaucoup plus rock et plus pêchue que leur précédent album. Ce qui ressort aussi de ce nouvel opus est un côté plus sombre, plus mélancolique du groupe ; fini les petites mélodies à la ‘Origin of Illness’ et place à des riffs beaucoup plus rock’n’roll. Pour mon plus grand plaisir.

 

Evidemment tout n’est pas parfait et certains morceaux manquent cruellement d’intérêt, Bitting The Bullet par exemple. D’autres comme le premier single extrait de cet album ‘We are the birds’ sont loin de me convaincre et me paraissent assez mal choisis. Un album qui se conclut de manière aussi surprenante qu’il a débuté, par une plage longue de 23 minutes.  

 

Mais la surprise est bien là, je ne voudrai pas bouder mon plaisir.

 

Kill The Young me confirme tout le bien que j’ai peu penser d’eux après la sortie de leur premier album.

 

Alors ouais, je ne pensais pas vous dire ça mais Kill The Young est le 29 Novembre prochain au Botanique et pour 10€ avec la Botacarte cela pourrait s’avérer être un excellent choix !   

      

PS : Si ces trois anglais vous plaisent, ils pourraient bien faire un détour pour la rubrique acoustique…

 

Le Clip du ‘We are the birds’ :

 

 

Le Clip de ‘Origin of Illness’ :