24/04/2008

Aaron @ Forest National

aaron (2)


AaRON @ Forest National

 

« Groupies s’abstenir »

 

Mercredi 23 Avril 2008. 20h. Bruxelles.

 

En Juillet dernier, ils étaient aux Ardentes et à Dour. En Novembre, ils remplissaient le Cirque Royal. En Mars, ils récidivaient avec l’Ancienne Belgique. A peine un mois plus tard, en s’attaquant à la plus grande salle bruxelloise, ils voient encore plus grand, les voici à Forest National. Impossible de passer à côté, ils sont partout. Eux, ce sont Simon et Olivier, les deux gars d’AaRON. Il y a un peu plus d’un an, ils étaient encore totalement inconnus. Depuis sa sorti début 2007, leur premier album s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires. Eux, depuis des mois, ils enchainent les dates et parcourent inlassablement la France et la Belgique. Ils sont courageux. Pourtant, je ne comprends pas. En juillet dernier, quand j’avais eu l’occasion (et quand c’était encore possible, avant qu’ils n’entrent pleinement dans le star system) d’interviewer Simon, à la question T’as pas l’impression de griller des étapes, il me répondait que non. Moi, j’en suis pas certain…et je ne suis pas tout à fait du même avis.

 

Moi, j’en suis pas certain… J’ai l’impression qu’ils en font trop. Trop de dates mais aussi trop de manières sur scène. Enfin, après les avoir déjà vu trois fois, c’est parti… Aaron en concert à Forest National…pour, je l’espère, leur dernière date belge avant un petit temps…

 

Pourtant, leur date bruxelloise sera d’ors et déjà un succès populaire avec un Forest Club quasi comble… c'est-à-dire un peu plus de 4 000 personnes présentes pour les accueillir…

 

En guise d’amuse-gueules, non annoncés et relativement dénués d’intérêts, deux groupes français : Suarez et un second qui ne se présentera pas (du moins, pas avant la fin du set).  Est-ce nécessaire de préciser que j’étais assez peu motivé ? Mais ça n’a fait qu’empirer, j’ai donc très peu apprécié. Les premières parties à Forest National ne servent qu’à faire patienter le public.

 

L’immensité de Forest National, son public, son acoustique, son manque de proximité, d’intimité,… rien qui, a priori, ne convienne à Aaron. A priori. De plus, qu’est-ce que Aaron pouvait faire pour me surprendre ? Ajouter un batteur peut-être ? Mouais, pourquoi pas. C’est chose faite en tout cas. Mais moi, je préfère Aaron en acoustique, Aaron en showcase, Aaron dans l’intimité, Aaron dans la Rotonde, Aaron en cd… mais pas Aaron à Forest. Et qu’il ne me dise pas qu’il n’a pas l’impression de sauter des étapes.

 

En quelques mois, AaRON s’est transformé en super héros disposé à sauver les couples comme les célibataires endurcies, les adolescentes comme leur mère. 

 

Là où ça commence plutôt mal, c’est que, pour nous faire patienter, on nous plonge dans le noir pendant 20 minutes avec de la musique chiante dans les oreilles, ça n’a aucun sens et c’est surtout très ennuyant. Tout ça pour attendre 21h et enfin les voir débarquer.

 

Aaron


 

Dès les premières notes, c’est l’introduction, tout récente, de la batterie dans leurs compositions qui m’intrigue. Elle ajoute bien une dimension supplémentaire au groupe mais surtout, elle le fait s’éloigner encore un peu plus de son côté acoustique, celui que j’apprécie le plus. Après un début plutôt calme et correct, sur Endless Song, le troisième morceau, Simon entame déjà ses sauts de carpe et ses cabrioles scéniques. Du grand spectacle. Ben oui, c’est du grand spectacle et je ne comprends définitivement plu ce qu’Aaron a pour me plaire. Simon semble pourtant touché et apprécier la réaction et l’engouement total du public, c’est sans doute le plus important. Cependant, j’avoue ne pas avoir tout compris au show de ce soir. Quelque chose m’échappe. Ce soir, il y avait tout ce que je déteste le plus chez Aaron : la dimension spectaculaire et la tournure musicale, beaucoup plus rock, que le groupe prend sur scène. Ou comment jouer des morceaux tristes et prenants dans une exaltation totale. Si, en plus, les morceaux acoustiques sont gâchés et entravés par les cris hystériques des fans qui profitent d’un peu de calme pour se faire entendre… alors il n’y a alors décidément rien à mes yeux pour sauver le set et la piètre prestation de ce soir. Ha si, peut-être leur nouveau morceau en français.

 

Merci aux pétasses hystériques qui m’ont niqué les oreilles avec leurs cris stridents. Je dois certainement être le seul dans la salle à porter un regard aussi critique sur le groupe, et surtout la tournure qu’il prend. Je préfère sortir et m’arrêter là. Ne croyez pas que j’ai pris du plaisir à démonter AaRON. Après les avoir vu quatre fois en concert, je ne demandais qu’à être surpris. Et je tenais juste à partager un dernier avis personnel sur le groupe. Une Overdose d’Aaron qui donne un regard blasé sur Aaron.

 

Finalement, on assiste à un set énergique mais pas touchant pour un sous.

 

À Aaron et à ses prestations scéniques, on préférera la simplicité et la justesse de son album Artificial Animals Riding On Neverland.   

 

 

20/04/2008

Merz Ukulélé Session & concert @ Botanique

Merz

Merz Ukulélé Session & concert @ Botanique

 

Depuis quelques semaines, il occupe mes journées, il m’accompagne sur les routes, il me fait pleinement vivre et découvrir sa musique. Lui, c’est Conrad Lambert aka Merz et son merveilleux troisième album, Moi et mon camion. Vendredi 18 Avril 2008. Hier soir, il se produisait à Paris. Demain soir, à Bruxelles. Six jours plus tard, il sera pour une soirée en Suisse. Il se lancera, ensuite, à la conquête de l’Allemagne. Sans enchainer les dates, sans enchainer les semaines interminables de tournée, simplement en prenant le temps. Il est comme ça Merz, sur la route comme en studio, il prend son temps et ce, pour notre plus grand plaisir. C’est ainsi qu’aujourd’hui, pour sa journée de repos (pour ne pas dire de promo), il offre une session Ukulélé au journal Le Soir. Le principe de ces sessions est simple et efficace, au lieu de laisser parler les mots, l’équipe Ukulélé enregistre, dans une disposition particulière, quelques morceaux de l’artiste invité, avec comme seule contrainte de manier l’ukulélé (ou tenter de le faire).

 

 

16h30. Aujourd’hui, le temps est printanier, beau et doux ; parfait pour accueillir l’anglais du côté des jardins du Botanique. Si dehors, le temps est radieux, ça n’aura pas beaucoup d’importance sur le déroulement de la session puisqu’avec l’équipe Ukulélé (deux personnes seulement !!!) nous nous dirigeons vers les sous-sols du Botanique et plus précisément dans son cinéma (dont cela faisait apparemment plusieurs semaines qu’il n’avait plus été aéré). Le genre de vieille salle de cinéma parfaite pour un film d’horreur… Quelques instants plus tard, c’est Merz et son équipe qui débarquent. Moi, un peu idéaliste, je m’imaginais Merz comme un homme seul et introverti, dans son univers… Du coup, ça m’a fait bizarre de le voir arriver avec une équipe au style plutôt hip-hop, en tout cas dans un style très différent du sien. Comme on lui laisse le choix des morceaux et des instruments, il choisi de se faire accompagner par sa drôle d’équipe. Avec, pour cette session acoustique, un batteur (Adidas style et indispensable casquette de rappeur) qui utilisera ses gros mollets tatoués en guise d’instruments, un contrebassiste recouvert d’une capuche noire, un joueur d’ukulélé au centre et enfin Merz, Conrad Lambert, presque oublié avec sa guitare … Autour de lui, ça rigole et ça blague… c’est assez étrange… Pour eux, ça doit faire partie de la promo, juste une session promo.

 

Merz (2)


 

Juste une prise de son et c’est parti. La fine équipe commence par interpréter Lucky Adam, le morceau le plus enjoué de l’album. Ça me fait très plaisir qu’ils le choisissent et qu’ils le jouent en acoustique puisque je l’avais justement choisi pour vous présenter Merz. Dans la salle, plantés dans les sièges de ciné, nous ne sommes que quatre, ce qui contribue vraiment à ce moment inimaginable pour moi. Juste après Lucky Adam, ils enchainent avec Call Me, la perle de l’album. C’est beau, c’est magique, pourtant je n’arrive pas à me laisser toucher. Pas de complicité et pas grand-chose qui passe. C’est étrange de voir Merz jouer un si joli morceau et trente secondes plus tard de le voir déconner avec ses musiciens. Ça aurait pu être touchant mais ça ne l’ai pas vraiment… ça doit être ça de se trouver dans un moment privilégié comme celui-ci, ça doit être ça de découvrir le visage d’un artiste, un visage qui peut être différent de celui qu’il propose sur scène, un artiste dans son intimité…

 

A la fin de la session, après ces deux morceaux réalisés en une seule prise, il repart, pose un dernier regard sur nous, en nous considérant comme des random people… 

 

De cette session Ukulélé, j’en ressors ravi mais pas bouleversé et plutôt perturbé…

Reste ces quelques photos vraiment magiques et surtout la session Ukulélé en question, bientôt dispo sur Fronstage au milieu de toutes les autres sessions déjà enregistrées : http://blogs.lesoir.be/festivals/ukulele-sessions/    

 

http://blogs.lesoir.be/festivals/2008/05/02/merz-ukulele-...

 

Merz (5)


      

Merz m’avait un peu laissé sur ma faim… au point que j’attendais son concert avec un peu moins d’impatience. Pourtant, sur scène, même s’il est toujours accompagné de ses deux musiciens, l’ambiance est toute autre, un peu plus en adéquation avec celle de l’album oserai-je dire, calme et travaillée. L’album justement, c’est sur lui que Merz reposera la totalité son set bruxellois. C’est la première fois que je vois un artiste annoncé d’entrée de jeu qu’il jouera l’intégralité de son dernier album. Mais là où l’exercice devient encore un peu plus surprenant, c’est qu’il jouera Moi et mon camion dans l’ordre chronologique. Comme ça, au moins, il n’y a pas l’encombrement d’une setlist inutile. Moi et mon camion, Call me, Shun, Malcom, Silver Moon Ladders,… Tout est travaillé, tout est recherché. C’était parfait. Il reviendra ensuite pour interpréter trois morceaux plus anciens dont le sublime Lotus. Mais, puisqu’il y a un mais, les jours se suivent et se ressemblent, et Merz me laissera une nouvelle fois sur ma faim. Moi qui voulais échanger quelques mots avec lui, moi qui voulais acheter sa discographie, c’est raté puisqu’il ne reviendra pas…

 

Merz, c’est décidément un personnage énigmatique…

 

J’aurai pu vous parler bien plus longuement de ce concert mais je pense que j’en ai assez dit sur Merz. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille la chronique de Manu, qui lui aussi été dans les parages et comme souvent, il aura certainement les mots justes. http://blog.getnexthighestdepth.com/?p=62

 

Voilà, après deux jours passés avec Merz, je pense que cette fois, c’en est fini. Quelques regrets mais surtout des souvenirs pleins la tête… J’aurai juste voulu lui dire aurevoir et encore une fois, voir son énorme visage s’illuminé d’un grand sourire…

 

Un remerciement particulier à Pascale du Bota, à Cédric du Soir et à Conrad pour son album. Même si je ne pourrai sans doute jamais assez les remercier.

 

Merz (3)


16/04/2008

The Brunettes & Alaska in Winter @ Botanique

Alaska


The Brunettes & Alaska in Winter @ Botanique

 

Mardi 15 avril 2008. 20h.

 

Deux mois. Ça fait plus de mois que je garde cette place à l’abri d’un vol ou d’une perte. Il faut dire qu’avec une telle affiche, la soirée devait être magistrale. Quelque part entre la Nouvelle-Zélande, le Nouveau Mexique et l’Alska, deux-cents personnes dans une Rotonde bien remplie et Bruxelles, le temps d’une soirée musicale, au centre du monde.

 

Quand j’ai eu l’occasion de les découvrir en novembre dernier au Recyclart (chronique par ici), The Brunettes avaient brillé et m’avaient conquis. La seule question qui me hantée était de savoir quand ces néo-zélandais reviendraient en Belgique. Un souhait rapidement réalisé. Un souhait rêvé aussi puisqu’en plus de revenir cinq mois plus tard, ils jouent ce soir dans la plus jolie salle du Royaume, la Rotonde.

20h05 pétantes. Dès les premières notes, je suis ravi de constater qu’entre l’univers des Brunettes et moi la magie prend toujours autant et aussi rapidement. Ils sont charmants et amusants. Entre le couple, qui occupe le devant de la scène, l’harmonie est parfaite et touchante. Une harmonie qui côtoie une grande complicité largement ressentie. Pourtant, ils ne sont pas seuls et ils s’intègrent plus ou moins facilement au groupe de quatre musiciens multi-instrumentalistes qui les accompagnent. Je dis plus ou moins car cette fois entre eux et le groupe ça prenait un peu moins bien, il n’y avait pas cette bonne humeur ambiante sur scène ou cette prise de parole à tout va. C’est essentiellement le duo qui occupe le devant de la scène.  A eux six, avec de nombreux instruments, cuivres et percussions, ils apportent une ampleur supplémentaire à des morceaux juste sympas et gentils sur cd. Mais alors, des tubes comme Brunettes Against Bubblegum Youth ou Her Hairagami Set déjà efficaces et entraînants en version album prennent en live une tournure magique et insoupçonnée.

Par contre, par rapport à leur dernière prestation bruxelloise, le groupe paraît moins en forme, plus fatigué et les musiciens un peu moins barrés. Dommage parce qu’il y avait moyen de mettre un joyeux bordel sur scène avec des gars loufoques comme eux. J’en ressors satisfait mais un peu déçu. Une déception qui s’accentue encore un peu plus après avoir été discuté avec le chanteur du groupe après le concert…plutôt antipathique… Un gars qui expliquera ne pas trop être en forme pour…avoir trop mangé lors du souper…

Après cinquante minutes et une bonne prestation ni trop courte ni trop longue, le groupe quitte la scène pour laisser place à Alaska in Winter.

 

Brunettes (2)


 
 

A Alaska in Winter est inexorablement accolé le nom de Zach Codon de Beirut et c’est sans doute ce qui leur vaut une bonne partie de leur renommée. Pourtant, sur scène, et c’est une surprise pour certains, pas de traces de Zach. On y retrouve juste  son influence vocale et musicale (dans les cuivres). Sur scène, pas l’ombre d’un musicien. Et là aussi, ce sera une surprise pour une bonne partie du public. Alaska in Winter, sur scène en tout cas, c’est l’œuvre d’un mec, de sa voix, de son Mac et d’un dvd. Sur ce dernier, l’enregistrement d’un orchestre vidéo. Pour faire simple, toutes les parties instrumentales sont enregistrées ; l’écran est divisé en plusieurs cases et dans chacune de celles-ci, le gars mime de jouer aux instruments qu’on entend.

L’espace est donc désespérément vide. Un Mac et un projecteur planté au milieu font donc office de groupe. A l’extrême droite, un micro. Le chanteur lance son dvd et il vient y poser une voix pas toujours juste. C’est surprenant, voire intéressant, durant les trois premiers morceaux mais tout ça perd très rapidement tout intérêt. S’il y avait une pointe de génie, de charisme ou d’intelligence dans le personnage, ça aurait pu rester intéressant. Mais là, je ne vois pas grand-chose d’autre qu’un gugusse qui change de vêtement à chaque morceau. Un gugusse qui ira même jusqu’à quitter la scène durant deux minutes pour changer de veste… Je n’accroche pas du tout et j’en ressors déçu comme tout… Même si sur cd, ça reste du plus bel effet…

 

Brunettes