04/05/2007

Nuits Botanique 02/05 : Cat Power, Dexter Romweber

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Mercredi 2 Mai 2007. Pour la deuxième fois en trois jours, je me rends au Cirque Royal pour assister à la deuxième soirée des Nuits Botanique. C’est sans réelle conviction que je m’apprête à découvrir Cat Power et une première partie inconnue, Dexter Romweber.

 

Le concert de Dexter Romweber ou 30 minutes pour convaincre…

Dexter Romweber, c’est un homme, la quarantaine, crooner, américain, une légère calvitie commençant à se dessiner sur son crâne, chemise blanche et pantalon noir, mais surtout avec sa guitare et sa… sœur à la batterie. Du rock’n’roll américain. On se retrouve transporter dans l’Amérique profonde des années 50. Et finalement, c’est plutôt pas mal et dépaysant. Je me surprends à me laisser apprécier le style et l’énergie. Ça n’a pas la prétention d’être le meilleur concert 2007, mais un bon (et court) moment tout de même.  

 

21h. Place à celle que tout le monde était venu voir ce soir, Cat Power.

 

Repérée entre autre par Steve Shelley de Sonic Youth, Chan Marshall aka Cat Power a sorti un nouvel album «The Greatest» en 2006. Ses nouvelles compositions, parfois dépouillées et souvent émouvantes, allient librement ballades folk, mélodies soul et rythmes blues. Sur scène, on retrouve le charme de cette auteure interprète aux côtés de sa nouvelle formation Dirty Delta Blues (qui compte notamment dans ses rangs le guitariste de Jon Spencer et Jim White de Dirty Three).

 

Je ne suis pas un grand connaisseur de Cat Power à vrai dire, quelques morceaux par-ci par-là et c’est tout. Soirée découverte donc. Pourtant, la déception et l’ennui ne se firent pas attendre. Une prestation soporifique, et ce n’est pas Cat (pour ne pas dire Chan Marshall) qui fera quelque chose pour me sortir du sommeil.

Pourtant, ce n’est pas ça, elle bouge. Elle est libre de tout instrument et elle occupe l’espace… enfin si faire d’innombrables et incessants aller-retour entre le côté gauche et le côté droit de la scène pour être considéré comme de l’occupation d’espace…

Il y aura bien quelques pas de danse… en total désaccord avec la musique. Ni sa pseudo présence, ni ses « merci beaucoup, dank u wel » viendront la sortir de ce pétrin.

Au niveau musical, les instruments et la musique restent en arrière-plan pour surtout laisser place à la voix de Cat. Jolie voix mais le tout reste bien trop monotone à mon goût. Aucune mélodie ici, juste un rythme blues avec toujours la même ligne de basse. Mais bon, c’est ça Cat Power… A découvrir de préférence dans le canapé…

Et après 1h40, c’est avec un certain plaisir et soulagement que j’observe Chan quitter enfin la scène…

 

Le magazine Télémoustique qui couvre la totalité du festival semble aussi partager certaines de mes impressions. Les voici :

 

« On s'en est rendu compte lors de cette deuxième soirée qui a accueilli la versatile Cat Power dans un Cirque Royal rempli au deux tiers pour un concert somme toute très classique. (…) Dès l'entame du quatrième morceau, le très attendu "The Greatest", chanson titulaire du dernier album et, en toute subjectivité, l'une des meilleures chansons au monde, Cat Power se révélait une nouvelle fois à côté de ses pompes. Pas concernée, dansant de manière enjouée sur ce qui reste quand même l'une des mélodies les plus mélancoliques de son répertoire, inadéquate pour ne pas dire défoncée, elle a ensuite enchaînée les fautes de goût et les approximations jusqu'à la fin d'un concert à oublier assez vite. »

 

 

Les prochains rendez vous seront Peter Von Poehl, La Nuit Belge et les Two Gallants. Voila qui me réjouit nettement plus et qui annonce des chroniques, enfin je l’espère, nettement plus positives.

01/05/2007

Nuits Botanique 30/04 : Abd Al Malik, Keren Ann

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Lundi 30 Avril, un peu plus de 19h, direction le Cirque Royal.

Au programme de ce soir, le coup d’envoi de l’édition 2007 des Nuits Botanique. Et pour inaugurer cette soirée, outre le gratin des peoples belges et des gens huppés, Karen Ann et Abd Al Malik.

C’était pour moi une première, découvrir le Cirque Royal. Un lieu impressionnant par son agencement et ses dimensions. On est ici bien loin de la Rotonde ou de l’Orangerie… et cela au niveau du prix aussi, ce qui se ressent nettement en jetant un œil comparatif sur le public. J’abandonne ma place VIP dans le parterre pour rejoindre ma grande sœur sur les balcons. Il y règne une chaleur insupportable et pour couronner le tout, il ne manquait plus que d’avoir à mes côtés un énergumène, reniflant sans arrêt… bon appétit bien sûr…

 

Qu’importe, il est 20h, la sonnerie retentit et c’est le concert de Keren Ann qui a pour tâche d’ouvrir les hostilités.

 

Keren Ann a toujours réservé au Botanique la primeur de ses projets. Après «Nolita» en 2004 autour duquel les Nuits Botanique et le Printemps de Bourges avaient proposé une création avec le Mons Orchestra, Keren Ann fait à nouveau l’actualité en avril 2007 avec la sortie de «Keren Ann» qu’elle nous présentera en exclusivité.

 

Honte à moi (peut être, peut être pas), je ne connaissais pas Keren Ann. C’était donc une découverte totale aussi bien pour le personnage et son univers, que pour ses compositions. Heureusement, la tâche m’est rendue plus facile puisqu’en face de nous, il n’y a pas de personnage à découvrir. En face de nous, une demoiselle s’exprimant dans la langue de Molière mais qui pourtant s’en tient à un seul mot « merci ». Bien peu charismatique. Concernant son univers musical, il est simple, pur, acoustique, folk et rapidement émouvant. Keren était venu pour nous faire chialer, un point c’est tout. Et surtout pas pour communiquer. Le tout est long et assez ennuyeux, la chaleur et la place en balcon n’aidant pas à l’immersion…

 

Qu’importe, en ce 30 avril, j’étais surtout venu pour voir la prestation d’Abd Al Malik.

 

Abd Al Malik a foulé les scènes de nos soirées slam organisées en 2005 et 2006 avec nos partenaires de Lézarts Urbains. Il a confié à notre public en décembre dernier lors d’un des meilleurs concerts de l’année que c’est lors de ces soirées slam qu’il a décidé de sortir son majestueux «Gibraltar». Disque qui fut encore récemment récompensé du prix Constantin à Paris (c’était Cali, l’an dernier). Keren Ann avait aussi soufflé une mélodie magique sur une des plages de l’album…

 

Adb Al Malik, ce rappeur français, m’était déjà un peu plus familier. Tout a commencé dans les derniers mois de 2006, quand mon coloc français préféré me parle de ce rappeur, de son histoire, de son parcours, de sa musique. Je m’y intéresse et prête attentivement mon oreille à l’écoute de ces textes. N’étant pourtant pas fan de ce style musical, j’y adhère et y retrouve un côté très plaisant, une intelligence, des textes très bien écrits et un univers bien construit. De l’eau coule sous les ponts et Abd Al Malik continue son petit bonhomme de chemin, il remporte le prix Constantin et réalise une prestation remarquée et remarquable aux Victoires de la Musique.

C’était donc avec plaisir et une certaine impatience que je m’apprêtais à découvrir cet artiste sur scène.

21h40. Le show peut commencer. Place tout d'abord aux musiciens qui l’entourent. Percussions, claviers, contre basse et console viennnent donner de la vie aux textes d’Abd Al Malik. Dès les premières notes, le public se montre tout acquis à la cause de l’artiste, et celui-ci le rend bien. Il se montre attentif et ému. Contrairement à Karen Ann, il communique, nous regarde, nous remercie. Ça fait du bien de se sentir aimé et respecté en tant que public. Et le public lui rend de la plus belle façon qu’il soit. Les morceaux prennent une ampleur supplémentaire sur scène, Abd Al Malik vit ses morceaux et nous le communique à la fois dans son occupation de l’espace, dans ses démarches et dans sa prose. Soldat de plomb, 12 septembre 2001, l’incontournable Gibraltar, un rap improvisé (ou pas) et une reprise de Jacques Brel, tout y passe. Et c’est délicieux. On se régale devant ces textes, cette musique, cette prestation et cette communion avec le public. Un très bon moment d’une petite heure, pas le temps d’être déçu, ni de lui, ni de sa prestation. Abd Al Malik confirme tout le bien que je pensais de lui.

 

C’est ainsi que se clôture, pour moi, d’une très belle manière, cette soirée d’ouverture des Nuits Botanique 2007.

Le prochain rendez vous avec le Cirque Royal, ce sera avec Cat Power ce mercredi 2 mai.

 

Du côté des rencontres pipole, on soulignera la présence de Vincent leader de Mud Flow, aperçu dans les couloirs, ainsi que la présence notre charmante ministre Laurette Onkelinx à quelques centimètre de mon siège. Quand je vous disais que c’était le rendez vous des gens huppés… ou pas…

 

Cependant, reste cette impression qui laisse songeur, alors que d’un côté Abd Al Malik souligne la Belgique comme étant un arc-en-ciel, de l’autre, dans le public, une seule couleur de cet arc-en-ciel semble présente…

 

 

25/03/2007

I’m From Barcelona @ Botanique 24/03/2007

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Alors qu’avez-vous fait de votre samedi soir ?

 

-         Regardé la cuisante défaite des diables rouges contre les portugais ?

-         Ou alors, comme pas mal de gens, vous étiez devant l’atomium, sous le froid, entouré de milliers de personnes, à quelques km de la scène ?

-         Pleins d’autres choses très intéressantes, je n’en doute pas.

 

Erreur ! L’endroit où Il fallait être hier soir, c’était au BOTANIQUE.

 

Fier de ma récente naturalisation suédoise, suite au concert de The Sounds, je me devais de participer à cette soirée 100% suédoise à l’orangerie. (Merci Cath et merci pure fm pour les places !)

 

Au programme de ce samedi soir, Samuraj Cities en première partie et I’m From Barcelona et surtout une énorme fête : Ballons, confettis, passages dans le public, montage sur scène, bières, des bananes, des agrafeuses, des trompettes en plastique… Et une très chouette soirée.

 

20h et des poussières, la première partie Samuraj Cities peut commencer.

 

Une heure avec le concert, je n’avais encore jamais entendu parler de ce groupe. A la dernière minute, je me lance donc dans une petite recherche Internet ; et je tombe sur le seul blog francophone qui en parle, Absolut Noise. Ces derniers proposent quelques morceaux en téléchargement et surtout ils les couvrent d’éloges.

 

C'est officiel : Samuraj Cities est le nouveau groupe suédois le plus intéressant et le plus prometteur ! Thxa1000000, leur toute nouvelle chanson et prochain single de leur prochain premier album, confirme tout le bien que je pensais d'eux ici (au tout début de ce blog) et . Il s'agit sans doute de leur meilleur titre jusqu'à présent. La première écoute m'a légèrement surpris car la chanson diffère quelque peu de leurs titres passés. Mais c'est sans doute leur principale qualité : ces Samuraj parviennent à créer une atmosphèrej qui leurj est proprej tout en empruntant différentes voies.

 

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Voilà qui donne vraiment envie de les découvrir sur scène. Malheureusement, ce fut un peu gâché par un son pas terrible du tout… Pourtant, ces quatre vikings nous ont fourni une bien belle prestation. Très heureux d’être là pour quatre dates en Europe, ils avaient pour l’occasion appris quelques mots de français « Bonjour, Merci beaucoup, A bientôt, Je m’appelle… » Malheureusement, ils n’eurent pas une journée très chanceuse, après avoir raté leur ferry, perdu leurs bagages à Londres, c’est la batterie qui les lâche durant le concert… Et quand ils proposent au public de soit refaire le morceau soit de passer au suivant… le public choisi « the next song »… Dommage. Pourtant, c’est énergique, mélodique, électronique parfois aussi. Niveau instrument, pas de basse, mais trois guitares et deux synthés. Et après le concert, c’est un plaisir de (re)découvrir leurs morceaux version ‘studio’ et bon son.

Vous n’avez aucune excuse, filez sur le site http://www.samurajcities.com/, où il est possible de télécharger gratuitement le superbe morceau Thxa1000000 et que je vous conseille fortement. Sinon, il reste aussi leur Myspace http://www.myspace.com/samurajcities

 

Quelques courtes minutes de préparation et place aux vedettes de la soirée : I’m From Barcelona.

 

Attention, ils vont remuer l’Orangerie… I’m from Barcelona sont 29 sur scène! Rien que batterie, basse, trois guitares, deux pianos, un glockenspiel, un accordéon, un tuba, une trompette, deux saxophones, deux clarinettes, des percussions et pleins de chœurs. Un joyeux "bordel" qui nous vient de Suède, contrairement à ce que leur nom indique. Les chansons pop explosives de cette véritable communauté sont dans la même idée que The Polyphonic Spree ou Architecture in Helsinki. Leur premier album «Let Me Introduce My Friends» est sorti en Septembre 2006.

 

Et le bota avait raison : Ils ont remué l’orangerie.

Par contre, il n’était pas 29… une quinzaine (seulement) (dont seulement trois demoiselles) ! Et déjà quelques minutes avant leur montée sur scène, le ton est donné, on peut les entendre chanter tous ensemble dans les coulisses. Quelques instants plus tard, c’est une bande de potes qui débarque sur scène. Et quel bonheur d’être au deuxième rang pour assister à ce bordel. Avec juste en face de moi, Emma, la fille à la banane, son rôle : faire du bruit avec une banane, sa banane magique, et Anna, la fille à l’agrafeuse !

Ils montent sur scène avec pleins de ballons et nous commencent par nous interpréter ‘Treehouse’.

 

I have built a treehouse
I have built a treehouse
Nobody can see us
it’s a you and me house

 

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Et dès cette première chanson, Emanuel chanteur et leader de la communauté se jette dans la foule. Ils sont une dizaine à faire les cons, à chanter, à s’amuser, à balancer des ballons, lancer des confettis, passer leur micro dans le public, impossible de s’ennuyer. Muni de sa liste reprenant tous les membres du groupe, Emanuel nous présente ces derniers. Il s’amuse et communique avec le public. Le maître mot de la soirée : la bonne humeur. Une osmose parfaite entre le groupe et le public, ce soir tout le public fait parti du groupe et réciproquement.   

Les morceaux s’enchaînent et l’ambiance ne retombe pas d’un poil. Farandoles dans le public, descentes régulières des membres du groupe pour s’amuser avec nous. C’est ainsi avec surprise quand me retournant je me retrouve nez à nez avec Emma, la fille à la banane. Certains seront contents d’avoir reçu un essuie du groupe (hahaha JF) et moi je suis content d’avoir reçu une poignée de confettis de la part d’Emma.

 

Avec un seul album à leur actif, certains pouvaient s’attendre à un set très court (encore toi JF). Ce ne fut pas du tout le cas et l’envie de faire la fête avec nous jusqu’au bout de la nuit était bel et bien présente.

Et quand, après plus d’une heure de show, le concert arrive à sa fin, Emanuel vient nous présenter un invité surprise : leur pote suédois Adventure Kid, un petit gars qui a fait une reprise électro de leur tube « We're from Barcelona ». Et la fête continue avec ce DJ, c’est reparti pour 30 minutes de bonheur, avec l’orangerie qui se transforme en discothèque. Toute la troupe reste sur scène pour danser et déconner, ils viennent nous rejoindre dans le public, nous balancent des bracelets lumineux,…

Je vous conseille vivement de découvrir le site web de ce petit gars: http://www.adventurekid.se/

 

Je vous l’avais bien dit, c’était l’endroit où il fallait être ce samedi soir. Le tout sur un DJ set incroyable, qui n’a rien à envier à certains DJ comme Vitalic par exemple. De la très bonne musique électronique.

 

 

 

Décidément, quelle soirée ! Et c’est vraiment à contre cœur qu’à 22h40 ils quittent la scène et nous la salle.

 

Encore quelques bières à boire, et surtout la rencontre d’Emma, qui vendait ses T-shirt fait maison. L’occasion de lui demander si elle était institutrice (non elle est plasticienne en fait) et surtout de parler les premiers mots de ma nouvelle langue : Tack. Par contre pour la prononciation de ‘merci beaucoup ‘ on repassera plus tard.

 

Fin de soirée tout aussi exceptionnelle (ou pas) à errer dans Bruxelles, à se retrouver devant le Recyclart pour entendre le rappel de Katherine en concert et son tube « et je coupeeeee le son ».

 

J’espère que le concert d’Helmut et de Nana c’est tout aussi bien passé pour vous au pied de l’atonium !

 

Tack les suédois, tack pour cette super soirée, tack pour votre charisme et votre sens de la fête, tack pour l’ambiance, tack pour le contact avec le public, pour votre bonne humeur et tack pour vos excellents groupes. Qu’il est bon d’être suédois, je vous le dis.

 

Tack à Catherine et à JF pour la soirée (excusez moi pour l’après soirée). Et même en recevant à 1h14 ce sms « JF dit que tu es une petite b*te », c’est ce qu’on verra le 11 mai avec un certain pari, concernant certains poissons… mais chuuuttt c’est top secret.  

 

Je connais un groupe qui fera fureur dans les festivals estivaux, un DJ plein d’avenir et de grosses fiestas en perspective.

 

Voilà, c’était Ice Man pour vous hier soir à l’orangerie.

 

Tchusss