04/11/2007

The Strange Death Of Liberal England @ Botanique

The Strange Death Of Liberal England @ Botanique

 

tsdole


 

Dans le cadre du concours lancé par Le Botanique pour le concert de The Strange Death Of Liberal England, place au projet ‘Un Concert, Trois Chroniques’.

Bien qu’une bonne dose de courage vous sera nécessaire pour vous lancer dans la lecture de ces trois chroniques, je trouve que ce projet est une véritable réussite. Une expérience très chouette dont j’espère que la lecture et la complémentarité des trois chroniques vous plairont.  Merci à Thomas et à Renaud de s’être prêté au jeu !

 

Dans la lignée des groupes tels qu’Arcade Fire, les jeunes Anglais de The Strange Death Of Liberal England enchaînent des compositions débridées. Emmené par la voix charismatique d’Adam Woolway, leur premier album « Forward March ! » alterne post-rock et influences indie inclassables. Entre rage et folie constructive, leurs prestations scéniques sont denses et électriques et provoquent un enthousiasme général.

 

SDOLE


Un samedi soir à Bruxelles et c’est une soirée entre mecs qui se profile. Le genre de soirée qui pourrait paraitre pitoyable de l’extérieur mais qui est tellement agréable de l’intérieur. Apéro, potins et Pro Evolution Soccer. Il n’en faut pas plus. Enfin si… alors que d’autres préfèrent passer la soirée tranquillement, le cul coincé devant la télé ou encore à trémousser ce dernier en boîte de nuit ; d'un autre côté,  quelques courageux continuent de parcourir les salles de concerts belges.

 

Ce soir, c’est avec le Botanique et les anglais de The Strange Death Of Liberal England (TSDOLE) que j’ai rendez-vous. 

 

Si Le Botanique grouille d’agitation en ce samedi soir, c’est surtout pour Wax Tailor qui joue dans l’Orangerie. Pourtant, quelques rares irréductibles attendent devant la rotonde pour TSDOLE… De plus, ils sont annoncés à 20h30, avec 30 minutes de retard, ce qui laisse tout le loisir de continuer sur la lancée de l’apéro et de faire un détour par le bar.

 

20h29. C’est devant un comité restreint d’une cinquantaine de personne que le quintet anglais entre en scène. L’évolution majeure avec ma précédente rencontre avec le groupe en mai dernier ce que sachant que le groupe resterait silencieux, de marbre et ne péterait pas un mot durant le concert, je savais à quoi m’attendre et j’ai ainsi pu profiter au maximum de leur excellente prestation.

Quarante minutes, il n’en a pas fallu plus à TSDOLE pour me faire rejoindre le clan de leurs admirateurs. Une véritable bouffée d’énergie. La voix quelque peu criarde d’Adam Woolway est impressionnante, tellement impressionnante que quand il se met sur le devant de la scène pour chanter sans micro… il n’y avait aucune différence. Derrière lui, un groupe de déchaînés s’agite et échange régulièrement leur place derrière les instruments.

Comme prévu, aucune communication, juste quelques pancartes. C’est une des originalités de groupe mais ça reste quand même une grande frustration pour le public…

Heureusement, après la scène, le groupe assure la communication et vient naturellement à la rencontre du public. L’occasion pour moi d’acheter l’album, de recevoir quelques cadeaux mais surtout de discuter avec Adam… en français s’il-vous-plait ! Il m’avait mis la puce à l’oreille, en découvrant il y a quelques jours qu’il traduisait lui-même son site internet dans la langue de Molière. « Messieurdames, une version en français se trouve ici »

J’en ai profité pour échanger quelques mots avec l’artiste. Et même s’il ne l’a (malheureusement) pas dit durant le concert, il trouve que la Rotonde est une des plus belles, si ce n’est la plus belle salle de concert de sa tournée européenne. Un gars souriant et proche du public mais surtout un album ‘Forward March’ qui fait parti des perles de l’année 2007.

 

24h après Arcade Fire, quel plaisir de retrouver du rock indépendant, du vrai, un peu amateur et pas toujours très délicat, un son puissant et énergique, et surtout des gens simples… et efficaces.

 

On en reparlera…


SD Bota


 

Place à la chronique de Thomas…pardon, celle d’Edmond.

 

12h07 samedi 3 novembre résidence d’Edmond. Le téléphone sonne, c’est Tox au bout du fil. Il me confirmait le concert de « Strange Death of Liberal England » et me communiquait les dernières informations pré-concert. Notamment qu’il fallait apporter un paquet de chips.

 

17h33 même jour résidence Tox. Nous mangeons tranquillement les chips avec en fond sonore le groupe de ce soir. C’est là ma première écoute de ce groupe qui je dois bien l’avouer m’était encore parfaitement inconnu jusqu’alors.

 

19h45 même jour Botanique. Nous sommes beaucoup trop tôt et décidons d’aller chercher une petite pils pour patienter. Nous passons devant le stand déjà érigé de « SDLE » et  nous y arrêtons quelques instants. Un jeune sbire est de garde, et après nous avoir furtivement adressé un œil méfiant, il replonge les bras croisés dans la contemplation du sol. Le ton est donné, le groupe de ce soir ne seront pas les rois de la communication. Voyant que Tox s’approprie dangereusement le livre d’or posé sur la table, le garde sort de sa léthargie et nous prononce quelques mots d’anglais dont voici un extrait fidèlement retranscris : « …Be careful with the book ». Charmant.

 

Mais assez parlé de l’avant-concert et passons au concert proprement dit.

Après quelques minutes de patience, la rotonde fort peu remplie voit apparaitre les membres du groupe. Armés uniquement d’un panneau avec leur nom écrit dessus, il faut en effet émettre la supposition qu’il s’agit bien d’eux. Dès la première chanson, ils déballent la puissance de leur musique et de la batterie. Sous certains aspects, ils paraissaient sous l’influence de l’ecstasy, tellement ils gesticulaient et grimaçaient à qui mieux lors de leurs chansons. Le batteur de loin le plus communicatif du groupe (assez rare d’ailleurs) singeait parfaitement la posture de quelqu’un sur le pot. De plus, il semblerait que monsieur le batteur n’avait pas attendu longtemps pour s’enivrer du délice local, comprenez de la Maes. Quand à celui tout a gauche de la scène, il semblait sortir tout droit d’un pogo de punk et j’ai prié plusieurs fois pour qu’il ne se fracasse pas le nez par terre ou qu’il ne rentre pas en collision avec un de ses compères. Le chanteur et leader du groupe avec sa tignasse bouclé orange vif m’a tout d’abord fait penser à Tahiti bob (excusez la référence) mais il s’en distinguait par la suite, jusqu’à ce que je trouve en lui le parfait sosie du bassiste des guns&roses.  La fille du groupe, ne m’a pas laissé un souvenir indélébile excepté son fort joli minois. Enfin il y avait le claviériste, tout chauve, qui semblait parfois être le père des autres membres et qui ressemble vaguement à John Locke de Lost (excusez encore la référence)

 

La musique en elle-même était plus que rythmée mais malheureusement, je ne pourrai distinguer une seule chanson parmi le set, tout m’a semblé en effet très identique. De plus la batterie occupait à mon avis une place trop importante et masquait assez régulièrement les autres instruments présents.  Malgré tout, j’ai pu apprécier  le début de l’une ou l’autre chanson. Il s’agit notamment de celle où « Tahiti bob »  troque sa guitare électrique pour une bonne vieille guitare de campeur. Malheureusement, seule la première minute m’a plu car après cela repartait dans le vacarme de plus belle.

 

Les chansons étaient écrites en anglais, mais je n’ai pu à aucun moment exception faite de la dernière chanson éponyme de l’album « the Strange Death of Liberal England,  intercepter ne fusse qu’une bribe de phrase. Tout juste entendions nous des  « Ohhhhhhhh » « heeeeeee »  « ahhhhhhhhhhhhhhhh » chanté d’une voix somme toute assez plaintive.

Reste l’après-concert et le moment d’une chouette rencontre où Tox n’a pas pu s’empêcher de parler français avec le chanteur du groupe. Le temps pour moi, de réaliser qu’il ne ressemble pas vraiment au bassiste des guns&roses et qu’il arbore une toute autre voix que lorsqu’il chante.

 

Vous l’aurez compris si vous êtes arrivé au bout de la lecture de ce ramassis, The Strange Death of Liberal England ne fut pas un coup de cœur pour moi.

 


SD Bota1


Et enfin celle de Renaud.

 

Une entrée rapide et discrète sur la scène d’une rotonde à moitié remplie. Un membre du groupe agite un carton blanc arborant le nom du groupe en guise d’introduction, prenant à revers le public achevant sa commande au bar et l’ingénieur du son qui peine à retrouver la manette pour arrêter la musique. Une petite heure plus tard Strange Death of Liberal England quittera le champ de bataille à l’issue d’un concert blitzkrieg, comme ils sont arrivés, agitant simplement une pancarte « Dank U ». Entre les deux, pas une minute de répit. Le groupe enchaîne les titres de son premier album sans interruptions, quitte à prolonger un petit solo de guitare ou de batterie superflu pour laisser le temps aux autres membre du groupe de se réaccorder avant de se lancer dans le morceau suivant. Tel un bataillon de jeunes soldats guidés par la fougue et quelques grandes idées, doués mais bordéliques, attachants mais énervants, ils mènent leur assaut musical de Bruxelles comme ils l’entendent, quitte à déplaire.

 

Tandis que le claviériste se tient au garde à vous, Adam Woolway, chanteur et guitariste en chef, mène les hostilités avec sa voix faussée qui a le don de séduire ou de dresser les cheveux selon les moments. Malheureusement le réglage du son laisse un peu à désirer (fait rarissime dans cette salle) et ne lui rend pas justice. Le reste du groupe se plait à échanger d’instruments, rajoutant ainsi de la dynamique sans vraiment convaincre pour autant. Il n’y a par exemple pas de véritable batteur mais bien trois musiciens avec une formation en tambour. Aucunement dérangeant, cela renforce la martialité des rythmiques sur la plupart des morceaux mais ne leur fait pas honneur dans les envolées. Leurs compositions restent aussi solides que sur le disque. « A Day another Day », « An Old Fashioned War » et « Oh Solitude » sont livrées fidèlement. Parfois trop fidèlement. On aurait pu imaginer un prolongement de « An old Fashioned War» pour entraîner véritablement le public dans leur combat mais ils optent pour une fin abrupte. L’assaut final se fait sur « I saw Evil » où ils lâcheront enfin tout pour emmener leur chanson au niveau supérieur.

 

Un groupe prometteur donc, encore (très) jeune, mais qui possède énormément de qualités et qu’il faudra continuer à suivre. Reste à voir également combien de temps ils pourront conserver leur approche muette de l’interaction avec le public et si ils seront capables de trouver une autre solution sans pour autant sacrifier de la théâtralité qui fait leur charme.

03/11/2007

Arcade Fire @ Forest National

Arcade Fire


Arcade Fire @ Forest National

 

Il y a une heure, j’étais devant Arcade Fire…

 

Il y a deux ans, la majorité d’entre vous ne connaissait probablement pas encore Arcade Fire.

Et pourtant, trois ans après la sortie de ‘Funeral’ leur premier album, ces canadiens connaissent aujourd’hui un retentissant succès médiatique et populaire par la même occasion.

 

Arcade Fire, c’est l’indie, l’indépendant qui s’offre au grand public ; le seul groupe de ce ‘mouvement’ qui puisse (presque) remplir Forest National avec seulement deux albums.

Alors Arcade Fire, indie-superstar ou… dérive commerciale ? La question mérite d’être posée.  

 

Difficile de ne pas avoir entendu parler d’eux, difficile de ne pas avoir lu une critique ou une chronique sans qu’ils ne soient cités, comparés ou adulés. Arcade Fire par-ci, Arcade Fire par-là, Arcade Fire à tout va.

Avec la sortie de ‘Neon Bible’, 2007 fut l’année de la révélation au grand public pour la formation canadienne. Les voici de passage en Belgique, l’occasion de faire le point sur tout ça…

 

Après l’annulation d’une partie de leur tournée européenne au printemps dernier, Arcade Fire est de retour avec de nouveaux sinus pour Win Butler et surtout un nouvel album « Neon Bible » dont nous avons déjà tous pu apprécier le premier et puissant single « Keep The Car Running ». Composée de 7 personnalités musicales étonnantes, la formation s’est développée autour du couple Win et Régine Butler. Leur pop noire, sensible et raffinée puise ses attraits dans une orchestration minutieuse et ingénue, laissant place à des mélodies instrumentales riches et voluptueuses. C’est en 2003, avec leur premier album intitulé « Funeral », qu’ils ont littéralement explosé. Soutenue notamment par plusieurs blogs, leur musique traverse rapidement les océans pour conquérir le monde entier. Les critiques sont unanimes, les éloges fusent de toute part et le public accroche directement. Leurs concerts aux Nuits du Botanique ainsi que sur la scène du Pukkelpop en 2005 nous ont prouvé qu’en live le groupe est encore plus impressionnant, le spectacle est tout simplement incroyable. Aujourd’hui, le grandiose « Neon Bible » pousse encore plus loin leur statut de groupe à part et confirme le phénomène. « Intervention », second single extrait de l’album, illustre à merveille toute l’étendue de leur talent. Arcade Fire vous attend à Forest National le 2 novembre prochain pour un concert exceptionnel !

 

Arcade Fire à Forest National. Une découverte ‘deux en une’ puisque c’était pour moi l’occasion de découvrir à la fois Arcade Fire en live et la salle de Forest National.

Jusqu’à présent, j’associais Forest National (FN, désolé pour l’abréviation mais ce sera plus pratique) à… Holiday On Ice, un souvenir qui remonte maintenant à une dizaine d’année.

Depuis lors, je n’y suis jamais retourné et je dois avouer que FN me faisait peur. Sa taille, ses prix et ses chiffres impressionnants (7000 personnes, une des plus importantes salles de concert d’Europe et tout le blabla). Et pourtant…

 

ArcadeFireFn


 

Avec une ouverture des portes à 18h30, je pouvais m’attendre à me retrouver au fin fond de la salle en arrivant à 19h40… Surprise, ce ne fut pas du tout le cas. De l’extérieur, je ne suis pas trop dépaysé des soirées étudiantes. La police, la sécurité et surtout les marchands de pâtes et de frites ! Une bière à 3€ pour la route et la découverte de la salle peut enfin commencer. Bizarrement, ce n’est pas impressionnant. Il n’y a pas énormément de monde, ce qui me laisse le temps de poser un premier choix : les fauteuils ou … la fosse. Et puis merde, on n’est pas venu ici pour se faire chier assis dans un fauteuil, ce n’est pas tous les jours qu’on peut admirer Arcade Fire en live, ce sera la fosse.

Pas le temps de s’ennuyer puisqu’à 19h50 la première partie débarque déjà sur scène, ce sera les anglais de Clinic. Pour moi, c’était le retour des chirurgiens masqués puisque j’avais eu l’occasion de les voir en juillet dernier au festival ‘Les Ardentes’ de Liège.

Le groupe ne me touche pas beaucoup plus qu’il y a quelques mois et si son rôle était de chauffer la salle, c’est raté, tant le manque de communication est flagrant et tant le public est peu réceptif au rock expérimental des quatre Liverpudlians.

Cette première partie est tellement éloignée de l’univers d’Arcade Fire qu’on se demande ce qu’ils font là. Leur set de quarante petites minutes est cependant loin d’être déplaisant mais la préoccupation de la soirée est bien évidemment ailleurs…

 

Reste trente-cinq minutes d’attente… et comme souvent dans ces cas-là quand vous êtes dans la fosse, il y a toujours un groupe de garçons, toujours plus grands (et toujours plus cons) qui viennent se mettre juste devant vous… Tellement typique…

 

La salle se remplie seulement mais n’est pas pour autant complète. On devait approcher les 5000 personnes. La tension commence à monter. A 21h05 et sous les acclamations du public, et surtout sous des messages de télévisions évangéliques diffusés sur les écrans, la troupe de 10 musiciens montent enfin sur scène.

Le jeu visuel est impressionnant, des néons, beaucoup de néons mais aussi de nombreux écrans qui diffusent des images filmées en temps réel dans la salle. Au niveau sonore, c’est une claque tout aussi impressionnante. Des décibels, beaucoup de décibels pour énormément d’instruments. Les cuivres, les percussions, la contre-passe, les claviers, l’orgue,… L’univers et le décor d’Arcade Fire est rapidement planté. Le public est survolté. Evidemment, les impressions de la fosse sont souvent faussées tant l’émotionnel et le dérèglement des sens sont sollicités. Le sol qui tremble, le son, la lumière,… Keep The Car Running et No Cars Go. J’ai rarement connu une entrée en matière aussi incroyable, quelque chose, un frisson qu’on ne peut ressentir que dans les grandes salles. Il y a quelques mois, je ne comprenais pas quand un ami me racontait qu’il pouvait avoir une petite larme qui s’échappait lors de grands concerts… et bien grâce à Arcade Fire à FN, je peux maintenant le comprendre…

 

arcade-firejpg


 

Les premiers mots du groupe sont en français mais ils seront très rares. Le groupe n’est apparemment pas très porté sur la communication avec le public. En parallèle avec ce manque de communication, j’aurai envie de citer l’aspect assez froid et inaccessible du groupe. Il donne de l’émotion mais le retour du public ne semble que très peu les atteindre… Dommage…

Après un début de set tout bonnement incroyable, l’ambiance retombe peu à peu notamment à partir du morceau ‘Black Mirror’ qui sera totalement bâclé par Win Butler qui préférera passer la moitié du morceau à s’énerver sur l’ingénieur du son concernant sa guitare que de se concentrer sur sa composition. Une réaction assez choquante et surtout incompréhensible. Je ne sais pas si c’est à cause de ce souci et de cet énervement mais sur les morceaux suivants, l’ambiance en prend un coup… pour repartir de plus belle et c’est une des nombreuses forces d’Arcade Fire en live. Ils peuvent relancer la machine et vous donner des frissons quand bon leur semble.

 

Pourtant, après 1h10, ils annoncent le dernier morceau… Sous un déluge d’applaudissements, ils reviendront en rappel pour jouer ‘Intervention’ et ‘Wake Up’… L’ambiance est plus que présente mais le groupe n’y est plus… Après seulement 1h25 de show, c’est fini et… je reste sur sa faim… Ils ne joueront même pas la célèbre reprise de France Gall, ‘Poupée de Cire, Poupée de Son’… Heureusement, elle est sur ToX ! ;-)

Pareil pour le morceau Neon Bible, étrangement absent.

Un concert qui s’achève sur un goût de trop peu mais qui reste une prestation scénique grandiose.

 

Arcade Fire en live, c’était plusieurs claques visuelles et sonores, des frissons, de l’émotion mais un zeste de déception.

 

Finalement, Arcade Fire c’était assez proche de Mickey et d’Holiday On Ice il y a une dizaine d’année… du grand spectacle....

31/10/2007

Benjamin Biolay @ Botanique

BenjaminBiolay

Benjamin Biolay @ Botanique

 

« Petite connasse
Pourquoi tu fais ta radasse
Petite pétasse
Qui montre rien en surface
Qui veut qu'on l'embrasse encore
L'embrasse encore »

 

Mardi 30 Octobre. 10h33. Je reçois deux places pour assister au concert de Benjamin Biolay qui a lieu le soir même à l’Orangerie du Botanique. Voici le genre de surprise et d’aventure que j’aime particulièrement.

 

Benjamin Biolay, je vous en avais justement parlé il y a peu de temps sur ToX, en présentant son dernier single ‘Dans la Merco Benz’.

Pour le reste, je ne connaissais absolument rien à propos de l’artiste… J’avais juste comme a priori que je ne l’aimais pas beaucoup… qu’il a plutôt une grande gueule et des prises de position relativement ridicule.

 

J’avais donc tout à apprendre et tout à découvrir pour cette soirée. Benjamin Biolay, sa musique, ses compositions et…son public.

 

Première chose, trouver une personne avec qui partager ma deuxième place… ça tombe bien, il y a quelques jours, j’ai remarqué que la petite Pauline avait chez elle un album original du Monsieur… Ce sera donc à elle que je ferai plaisir…

 

Résumé de la soirée.

 

20h06. Place à la première partie : Samir Barris.

 

Toujours accompagné par l'excellent contrebassiste Nicholas Yates, ce jeune chanteur bruxellois nous livre avec sincérité et enthousiasme des textes spontanés dans uns style pop.

 

J’avais pris le parti de ne pas écouter cet artiste avant le concert en vue de laisser place à la surprise et à la découverte.

Samir Barris…avec un nom pareil, j’aurais pu m’attendre à … de la musique du monde. Et bien non, ce sera de la musique française. Devant un public présent en nombre, deux jeunes hommes, Samir et Nicholas, nous proposent des compositions naïves, simplettes et surtout d’une platitude extrême. C’est doux et surtout, beaucoup trop lisse.

A côté de Samir, un artiste comme Raphael (avec qui on pourrait trouver quelques ressemblances) passe même pour carrément rock’n’roll. C’est peu dire…

Samir aurait sans doute pu être un élève studieux dans la nouvelle promotion de la Star Ac, il est mignon, gentil, musicien et chanteur. Pourtant, non. Il est en première partie de Benjamin Biolay. En 40 minutes, c’est bouclé et rapidement oublié.

 

21h08. Une heure après Samir Barris, c’est au tour de Monsieur Biolay de débarquer sur scène.

 

Auteur, compositeur, interprète et arrangeur, Benjamin Biolay a composé entre autres pour Keren Ann, Juliette Gréco et Henri Salvador. Venant d’une formation classique, Benjamin Biolay nous a habitué à sa poésie mélancolique et une pop assez classieuse. Il revient avec un quatrième opus "Trash Yéyé", teinté cette fois-ci de rock, de hip hop et aussi de dub.  

 

Pendant la pause, en arrière plan de la scène, on vient placer… des mannequins taille réelle en carton… de basketteurs noirs américains… Je ne sais absolument pas ce qu’ils viennent faire là… Ils doivent faire partie de l’équipe et être présent à tous les concerts puisque Benjamin prendra plaisir à présenter ces trois mannequins quand il nous fera découvrir son équipe de musiciens… (Un pseudo-bide au passage)

Ensuite, c’est au tour de quatre musiciens, d’une demoiselle aux chœurs et enfin de Benjamin Biolay de monter sur scène. Il est vêtu très sommairement d’un t-shirt noir, d’un pantalon noir et, à son habitude, a ses cheveux plaqués en arrière. Il débute le concert sur une ballade qu’il joue sur son piano. La salle est comble, ce qui flatte et touche le chanteur, et réagit au quart de tour.

Sur scène, bien que Benjamin alterne entre des compositions calmes et d’autres nettement plus énergiques, les morceaux se suivent et se ressemblent. Pourtant, il y met du sien et n’a pas du tout la nonchalance que je lui aurai imaginé. Il communique beaucoup avec le public belge qu’il semble apprécier… et réciproquement. Justement le public, je ne savais pas trop à quoi m’attendre… j’aurai bien imaginé une assemblée majoritairement féminine… Et bien… Non. Il y avait bien quelques demoiselles, mais aussi beaucoup de messieurs, pas mal de couples, de têtes grisonnantes, de personnes de plus de 35 ans… et surtout, beaucoup de petits bourgeois bruxellois… C’était donc la grande fête… Un contraste énorme avec mes précédentes soirées…

 

Mais il manque un petit quelque chose à ce concert… Je pense… J’ai même quelque fois eu l’impression d’assister à un concert de Patrick Bruel… une équipe de musiciens en arrière plan… Un Benjamin Biolay qui se ballade entre eux et qui enchaîne ses morceaux… sans que je ne ressente la moindre émotion. Près de deux heures de concerts pour me confirmer une seule chose… Benjamin Biolay n’est pas ma tasse de thé… et c’est déjà bien de le savoir. Il m’a épuisé.

Heureusement, il y a quand même eu quelques bons morceaux, je pense par exemple à ‘Dans mon dos’ que j’ai découvert et retenu ou encore à ‘Dans la merco benz’ sur lequel, même si Biolay est loin d’atteindre l’excellence de la version studio, Benjamin s’improvise trompettiste.

 

Le public semble conquis (d’avance ?), Benjamin Biolay aussi. Samir Barris tente de vendre ses Cds à la sortie, ça semble bien marcher aussi. Tout le monde semble content… sauf moi, c’était assez chiant et surtout beaucoup trop lisse (même de la part de Biolay, c’est un comble). Mais au fait, sous ses airs de prisonniers ne serait-il pas aussi un peu (trop) BOBO ? (On me souffle dans l’oreillette que c’est bien le cas).

Quelques clopes fumées sur scène, quelques gros mots… la rebelle attitude de Benjamin s’arrête là… C’est peut-être pas plus mal finalement…

 

Reste cette question qui me turlupine : Qu’est ce qu’autant de mecs faisaient ce soir-là au Bota ?

 

 

Rock’n’Roll