28/03/2010

Phoenix @ Ancienne Belgique 27/03/2010

« How I Met Phoenix ? »

« Comment j’ai rencontré Phoenix ? »

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Samedi 27 mars 2010. 23h. Bruxelles. Retour sur la journée extraordinaire que je viens de passer avec en prime, la recette pour rencontrer Phoenix en toute simplicité et sans dépenser un rond.

Jusqu’en 2009, j’appréciais Phoenix même si je connaissais surtout le groupe pour ses plus grands succès au hit parade, à commencer par If I ever feel better. En 2009, avec la sortie de leur 4ième album studio « Wolgang Amadeus Phoenix », j’ai commencé à de plus en plus m’intéresser à ses français un peu particulier et à leur discographie déjà bien fournie. Et je dois bien avouer que cet album reste l’une des choses que j’ai le plus apprécié cette année. Ensuite, surtout, au mois de juin, j’ai enfin eu l’occasion de les découvrir pour la première fois en live. C’était à l’Orangerie du Botanique et ça reste  un bon souvenir… bien que le résultat final fût un peu mitigé.

Soit. Venons-en aux faits. Leur date de ce soir à l’Ancienne Belgique était complète depuis belle lurette et c’était tout simplement l’un des concerts les plus attendus de ce début 2010. Résultat des courses : des places qui s’arrachent à prix d’or au marché noir. Malgré tout, cela faisait quelques jours que je scrutais/squattais le forum de l’AB en essayant de trouver la bonne affaire à faire, des tickets en vente pas cher ! Puis, jeudi, j’ai eu cette info que je me suis empressé de publier chez Guismo.

Ça donnait quelque chose comme ça :

« Wow, je viens d'apprendre qu'en marge de leur concert complet à l'AB, Phoenix donnait ce samedi un petit showcase privé et acoustique suivi d'une séance de dédicace. Evidemment ça se passe sur invit’ et ça risque d'être assez chaud de rentrer mais après les guests, une fois que le concert aura commencé, il devrait bien y avoir moyen... Moi je pense tenter ma chance. »

L’annonce était faite, il ne manquait plus qu’un petit barbu nommé Manu passe par là et y adhère. Ce fût rapidement le cas. « Je tenterais bien le coup avec toi... et si on se fait refouler, ce sera toujours l'occasion d'aller prendre une chope... Qu'en penses-tu ? »

Le rendez-vous était fixé, il ne manquait plus qu’à mettre un plan sur pied. On s’installe chez Jenny et chez moi  et on se rend rapidement compte qu’on est finalement tous pareil : on est tous tombé sous le charme du Télémoustique de cette semaine. C’est donc autour d’une Tauro qu’on se retrouve…

Le plan finalement, il n’y en avait pas vraiment. On s’est dit qu’on allait juste essayer d’avoir confiance en nous. La première chose était de trouver l’endroit du showcase secret. En passant devant l’AB, on était bien quelques sons résonner mais… impossible de trouver l’entrée. On désespérait, prêts à abandonner (Enfin, surtout Manu qui semblait ne pas pouvoir résister à l’appel de la bière). Alors, on a tenté le tout pour le tout. On s’est retrouvé dans une petite ruelle bien glauque dans laquelle on trouvait des pigeons écrasés et… jackpot, des gardes de sécurité. Devant, ces deux gars baraqués, Manu n’a pas hésité, il a demandé si la porte qu’ils surveillaient menée bien  au concert de Phoenix et… le gars nous y a gentiment amené. Résultat, après cet accueil poli et chaleureux de la part de la sécurité, quelques mètres plus loin, on se retrouve dans LA grande salle de l’Ancienne Belgique, logiquement complètement déserte 4h avant le début du concert, et devant le groupe Phoenix effectuant leur soundcheck. Evidement, on est tout content même si, assister à un pseudo showcase qui est en réalité la séance où le groupe effectue les derniers réglages avant la prestation du soir, ce n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant… surtout lorsqu’on arrive au dernier morceau. Heureusement, c’était Lisztomania.

Après, ça a commencé à devenir marrant. On s’est retrouvé dans un bar lounge, avec de beaux canapés rouges, des bières gratuites à volonté (mais à la tête du client) et puis accessoirement, avec les gars de Phoenix. Manu et moi, on n’a pas vraiment l’âme d’une groupie, on a donc préféré s’installer et boire. Puis, on a décidé d’utiliser notre atout secret ; on s’est dit que ce serait pas mal que Jenny aille voir le chanteur de Phoenix, qu’elle lui explique qu’on n’a malheureusement pas de places pour ce soir, que sur Ebay elles s’échangent à 80€ et blablabla et tout simplement, s’il ne pouvait pas nous aider. Aussi sympa qu’il ait pu être, il n’avait malheureusement plus de places sur leur guestlist perso mais, il n’a pas tardé à nous refiler le meilleur bon plan qu’il ait pu trouver. Nous, toujours posé dans notre canapé, on rencontre des gars du groupe et on commence à discuter. A commencer par Deck D’Arcy, bassiste et claviériste. Bon, il est un peu à la masse. Hier soir, ils jouaient à Amsterdam où ils ont ensuite fêté son anniversaire… ça donnait un gars un peu crevé avec lequel on pouvait tranquillement discuter de bien des choses. On apprend par exemple qu’il est sans domicile fixe mais aussi, on le rend un peu plus intelligent en lui expliquant ce qu’est le couchsurfing. Après on rencontre aussi Laurent et Christian, un peu plus réveillés mais aussi un peu plus sympas et réceptifs! En tout cas, on n’a rien à redire sur les membres Phoenix. Ils sont super accessibles, sympas et disponibles.

Finalement, après 1 heure de réception VIP, on est invité à sortir et, un peu saoul, on se retrouve à la porte. Le plan B pouvait commencer. Ainsi en un peu moins d’une heure, on a pu rencontrer des gars de l’AB, un DJ Has Been qui anime le bar avant, pendant et après les concerts, des fans lillois qui suivent Phoenix lors de leur tournée, des gens bizarres, un paquet de frite, le chanteur de Two Door Cinema Club et enfin, notre contact, l’homme qui allait nous filer deux invitations pour assister à la soirée.

A peine le temps de réaliser et de boire une dernière chope pour la route que sur le coup de 20h, on se retrouve au premier rang d’une Ancienne Belgique archi-complète et sur-motivée pour assister à la prestation du groupe qui allait ouvrir la soirée : les Two Door Cinéma Club. J’avais déjà écouté, j’en avais beaucoup entendu parler, sans avoir réellement accroché. Pourtant, ces jeunes anglais assurent pas mal sur scène, ils remplissent parfaitement leur rôle de chauffeur de salle et leurs mélodies accrocheuses et bien balancées arriveront aisément à faire bouger les premiers rangs (qui semblaient déjà conquis d’avance). C’était surprenant, une heure plus tôt, on rencontrait ce petit rouquin, timide et crevé qui se fumait une dernière clope avant de monter sur scène le leader du groupe. Et quelques minutes plus tard, de le voir assurer sur scène en tant que leader des Two Door Cinema Club. Il était transfiguré. Comme si la scène lui donnait des ailes. Même si perso je ne risque pas d’en faire mon album de l’année, le public semble avoir apprécié et c’est plutôt mérité. Un groupe dont on reparlera certainement.

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A 21h, après une attente insoutenable, entouré de jeunes filles en fleurs qui n’arrêtaient pas de gueuler dans nos oreilles, nos nouveaux amis de Phoenix arrivent enfin sur scène. Dernière un immense drap blanc, ils débutent leur set par, et ce n’est pas une surprise c’est comme ça qu’ils ouvrent leurs concerts depuis maintenant 1 an par le même morceau, Lisztomania. Le public est réellement déchainé et le groupe est ravi de le constater. Je n’avais pas connu une telle ambiance dans les premiers rangs depuis bien longtemps. Bien plus présent scéniquement qu’il y a quelques mois à l’Orangerie, le groupe est en grande forme, apparemment complètement remis de leur soirée de la veille à Amsterdam et des dizaines de dates qu’ils ont déjà dans les pattes. Ils balancent la plupart des morceaux du dernier album dont les fans sont ravis de reprendre toutes paroles à l’unisson. De son côté, Thomas Mars, leader du groupe, n’hésite pas à y mettre du sien et à se rendre régulièrement dans la fosse auprès des fans en liesse.  Ensuite, place à une petite période creuse, une dizaine de minutes où il ne se passe pas grand-chose de bien intéressant. Je décide alors de quitter l’énergie et la chaleur des premiers rangs et de voyager un peu dans la salle. Histoire de constater que ce soir, c’était vraiment la grande affluence et la grosse ambiance. Après 1h, le groupe quitte la scène. Avant de revenir pour un rappel de 25 minutes. Phoenix en live, ça reste quand même un peu particulier, c’est parfois un peu…timide mais c’est souvent excellent. Pourtant cette fois, avec des centaines de fans à leurs pieds, j’ai trouvé que le groupe s’est vraiment bien débrouillé. Il faut dire que leur répertoire ultra efficace se prête vraiment bien à ce genre de soirée.

Même si c’est surtout l’ensemble de cette journée que je retiendrais et qui m’a enchanté. Impossible de m’imaginer, en me levant le matin tout ce qui allait m’arriver.

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24/03/2010

Owen Pallett @ Botanique 23/03/2010

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Deux ans plus tard…

Mardi 23 Mars 2010, 20h, Botanique, Bruxelles. Deux ans plus tard, je ne change pas. Ou plutôt, je ne change pas une recette qui gagne. Toujours la même ville, toujours la même heure et toujours le même genre de concert. Par contre, ce qui change ou en tout cas ce qui semble changer à mes yeux, c’est la centaine de personne qui m’entoure dans la Rotonde pour assister à la prestation du jour, Owen Pallett. Il y a quelques années, lorsque j’assistais à des dizaines de concerts chaque année et que je m’empressais de publier les comptes-rendus de ces soirées sur ToX, il m’arrivait assez régulièrement de me retrouver dans des salles pour ainsi-dire quasiment vides. J’y retrouvais quelques habitués, d’autres mélomanes dont les visages m’étaient familiers. Aujourd’hui, l’explosion de la musique live semble aussi se faire ressentir au Botanique. Résultats, de plus en plus de monde et de plus en plus de concerts complets. Bonne surprise. Ou pas. C’est à cause de ce nouvel engouement que j’ai raté, entre-autre, le concert de The Tallest Man On Earth. Complet à la dernière minute.

C’est qui change aussi, c’est le public. Alors qu’auparavant les néerlandophones semblaient plutôt délaisser les salles francophones du Botanique. Aujourd’hui, ils semblent y trouver leur bonheur dans la programmation indie. La faute (ou grâce c’est selon) aux médias néerlandophones qui contrairement aux médias francophones n’hésitent pas à se mouiller et à orienter leurs lecteurs/auditeurs vers une certaine prise de risque et vers des goûts et des découvertes relativement pointus. En témoigne le concert de The Antlers qui remplit par deux fois l’ABClub. Du coup, un large public néerlandophone est désormais attiré vers le Botanique.

C’est qui change aussi, mais à ma petite échelle personnelle cette fois, c’est le fait de maintenant habiter à 10 minutes à pied du Bota. Très pratique donc. Ce qui change aussi, c’est d’être salarié, d’avoir un boulot, de merde mais qu’importe, c’est d’avoir des rentrées financières qui me permettraient d’assister à beaucoup plus de concerts si je le voulais. Mais mes préoccupations sont ailleurs maintenant. Nettement moins pratique du coup.

Désormais, je choisis mes concerts. Owen Pallett en fait partie. Ce gars, je l’ai découvert en 20005 grâce à l’album qu’il a produit sous le nom de Final Fantasy, « Has a good home ». A l’époque, j’étais tombé amoureux du morceau « Furniture ». http://www.youtube.com/watch?v=85PmZJoor74 . J’ai du l’écouter des centaines de fois. Ensuite, j’ai vaguement suivi la sortie de ces EP et albums suivants. Mais surtout, j’étais toujours impressionné de constater les nouvelles contributions de cet artiste. Arcade Fire, Beirut, Stars, and many more. Je n’étais pas un auditeur acharné ou un fan absolu d’Owen Pallett mais j’appréciais ce qu’il faisait et j’attendais avec une réelle impatience de pouvoir le rencontrer en live. Pourtant, en 5 ans, je n’en avais jamais eu l’occasion. C’est réparé maintenant !


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Mardi 23 mars. 20h. Quelques heures avant le début du show, deux nouvelles. Une bonne et une mauvaise. Ou alors deux bonnes, deux mauvaises, je ne sais pas trop. Le concert est complet et une première partie est annoncée. Ce sera des norvégiens. Next Life. Trente seconde d’écoute sur MySpace me suffisent pour savoir que… ce ne sera pas ma tasse de thé. Disons le comme ça.  Quelques minutes avant le concert, je n’arrivais toujours pas à trouver la motivation pour me rendre à ce concert que j’attendais pourtant de longue date. Si bien que si un gars à l’entrée m’avait proposé de me racheter ma place, pour quelques euros de plus que les 7€ du prix d’achat, j’aurais craqué. Mais il n’avait pas d’amateur. Grand bien m’en fait.

Il fait chaud. Comme prévu la Rotonde est pleine à craquer et sur le coup de 20h10, le trio norvégien débarque. Longs cheveux, pantalons treillis, postures très particulières, avant même qu’ils ne commencent à jouer, ils proposent déjà tous les clichés de métalleux de seconde zone. Mais le plus marrant n’est pas là, il viendra justement quand ils commenceront à jouer. J’ai rarement eu cette sensation : un public, un groupe et une énorme incompréhension. Un public qui est venu pour écouter un virtuose du violon et qui se voit proposer en première partie du black métal instrumental et norvégien. Du coup, les réactions sont extraordinaires à observer. Après le premier morceau, il n’y eu que quelques applaudissements et leurs contraires, quelques huées  Par la suite, les « Bouhhhh » se sont tus, laissant place à quelques timides frappements de mains. C’était nul et franchement mauvais et pourtant, mémorable comme première partie. Heureusement, 20 minutes plus tard, ils pliaient déjà bagages.

A l’approche de 21h pourtant, place à la magie d’Owen Pallett. Bizarrement, c’est ce concert et ce moment intense, magique et magnifique qui m’a donné envie de reprendre la plume et de vous faire partager mes impressions et cependant, je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce moment parfait. C’est vrai qu’Owen Pallett, sur CD, c’est joli mais ça m’emballe moyennement. C’est parfois relativement chiant. Mais je savais que sur scène, il proposait autre chose. Il y a 1 an, j’avais eu l’occasion d’assister à un concert d’Andrew Bird. Comme Owen Pallett, il est seul sur scène et construit ses morceaux en maniant habillement l’oversampling (une technique de jeu musical. Elle consiste à construire un morceau en enregistrant à l'aide d'un sampler plusieurs bribes successives les unes par dessus les autres. Dixit Wikipédia) Cela m’avait beaucoup plu et je savais que je pouvais m’attendre au même genre de construction musicale pour le concert de ce soir. Par contre, je ne pouvais pas prévoir qu’une telle intensité allait se dégager des interprétations d’Owen Pallett. Le rendu sonore était tout simplement parfait et minutieusement réglé. Le jeu de l’artiste était incroyable, tout comme sa voix d’ailleurs. Et je suis resté, 1h10 durant, bluffé et emporté par un tel talent.

Bref, c’était magnifique et je me souviendrais longtemps de la prestation de cet incroyable artiste qu’est Owen Pallett.

Ce qui n’a pas changé, c’est que je ne m’aventurai pas en profondeur dans une analyse musicale du concert. C’est pas trop mon truc et d’autres font cela bien mieux que moi. Si vous voulez donc en savoir encore plus sur le concert, je vous invite à aller lire ce qu’en a écrit mon ami Marc : http://mescritiques.be/spip.php?article1032

Tchusss               

 

14/05/2008

Sebastien Tellier, Blitzen Trapper, Rogue Wave @ Nuits Botanique

 

« Les hommes s’en mêlent »

 

Ces derniers jours, dans vos commentaires (cf. les deux chroniques précédentes), vous avez été particulièrement critiques et acerbes (et anonymes). Surprenantes, perturbantes ou amusantes, ces critiques me permettent surtout de remettre l’église au milieu du village. Vous vous trouvez ici sur un blog personnel, mon blog personnel, sur lequel est partagé un avis personnel, mon avis personnel. Loin de toute objectivité, il s’agit ici de mon regard, de mes perceptions et de mes ressentis. Depuis bientôt un an et demi, j’essaie de respecter cette ligne éditoriale. Si vous cherchez quelque chose de plus sérieux et de plus objectif, alors certainement que ToX n’est pas pour vous. Je ne suis ni journaliste, ni critique musical alors revoyez peut-être vos attentes. Vous avez ici à faire à un étudiant de 21 ans qui essaie, tant bien que mal, de faire partager ses découvertes, ses concerts et ses impressions… rien de plus… A bon entendeur, salut !

 

Soit. Ce qui m’intéresse ce soir c’est une nouvelle série de concerts au Bota, avec pour l’occasion, sous le Chapiteau : Sebastien Tellier mais aussi, et c’est peut-être le plus intéressant, deux outsiders américains de chez Subpop qui tenteront de voler la vedette à Sebastien, Rogue Wave (www.myspace.com/roguewave)  et Blitzen Trapper (http://www.myspace.com/blitzentrapper).

 

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Après une très bonne impression sur cd, c’était avec impatience que j’attendais la venue des américains de Rogue Wave. A peine 1 mois après leur prestation au très populaire festival de Coachella, les voici aux Nuits Botanique ! Apparemment, ce n’est pas pour Rogue Wave que le public avait acheté son ticket puisqu’à 20h, lorsqu’ils débutent leur set, ce n’est que devant une petite cinquantaine de personnes. Dès les premières notes, à l’écoute de leur pop mélodieuse, je pense à leurs compatriotes de Nada Surf et de Death Cab for Cutie. Les ressemblances sont flagrantes. Et même si, sur scène, avec l’appuie de trois guitares électriques, leur pop prend des accents beaucoup plus rock, leur musique reste quand même profondément ancrée dans la pop… sans vraiment qu’ils puissent se démarquer des groupes cités précédemment. Néanmoins, même si en quarante minutes on semble avoir fait le tour, leur musique me plait beaucoup et j’assiste à un très bon set ! Dans dix jours, ils reprennent la route pour le pays de l’Oncle Sam, ils y finiront leur tournée fin août après des dizaines de concerts. On en reparlera.     

 

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Là où l’on peut facilement enfermer Rogue Wave dans une bulle « pop gentille et efficace », ça devient beaucoup plus compliqué de catégoriser Blitzen Trapper, quelque part entre la folk, la country, la pop et le classic rock avec quelques poussées expérimentales. Sur scène, si la complicité entre les deux frontmen et leur acolyte le batteur semble évidente, c’est nettement moins le cas avec les trois autres membres du groupe, nettement plus en retrait. C’est plutôt sympa, intéressant et rafraichissant même si, encore une fois, un set de 40 minutes est suffisant.

 

« Sébastien Tellier déchaîné/déchet né »

 

Pour Sébastien Tellier, c’est différent. D’abord, pour lui, quarante minutes ne suffisent pas. Ensuite, pour lui, le public est venu en nombre. Et juste avant 22h, pendant que les techniciens installent le bazar de Sébastien (consoles, synthés, batterie, guitare, boules à facettes, bouteille de vin,…), la salle commence déjà à se remplir. Chacun voulant être aux premières loges pour assister à ce show… à la française. C’est sans doute ça l’effet Eurovision. Pourtant, de l’Eurovision, de son sérieux et de sa débilité, Sébastien Tellier en sera bien loin  ce soir… Pour mon plus grand plaisir ! A 22h, accompagné de trois musiciens, il monte sur scène. Chaussures blanches, pantalon blanc, ceinture blanche, chemise noire, écharpe atour du cou, lunettes de soleil. Dans le style bourgeois chic et bien soigné, il n’a rien oublié. Sur scène, j’avais cru entendre qu’il s’était calmé… Au début, c’est vrai que ça aurait pu être plausible… Son jeu scénique est parfaitement rodé. Verres de vins, cigarettes, mouvements pseudo-sensuels. Sur un tempo electro, il mime continuellement des gestes plus ou moins sensu/sexuels ou encore des injections dans le bras. Ça aurait pu et ça aurait dû rester dans cet univers qui lui colle définitivement à la peau. Mais… c’est parti en couille et quand la bête est lâchée, rien ne peut l’arrêter. On adore ou on déteste, en tout cas, il ne peut laisser indifférent. Moi, j’ai beaucoup rigolé. Même si derrière ça, il y avait un gars complètement drogué, qui blaguera en racontant que c’est un enfant qui l’a contraint et forcé et qui lui a fourré du LSD dans la bouche. Des blagues, il en racontera beaucoup. Des histoires aussi. Sans queue ni tête… enfin si, avec beaucoup de queues et un peu de tête. Il n’y a ni limites, ni tabous pour Sébastien Tellier, il évoque le sexe mais surtout sa consommation excessive d’alcool et de drogues. Presqu’une apologie… 

 

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 Il flirte constamment avec les limites. Ses limites mais aussi celles du public, notamment en frôlant l’irrespect envers ce public qui a payé sa place pour cette prestation. Durant des dizaines de minutes, il fait des interludes et assure non pas un spectacle musical mais un véritable one-man-show. Certains n’apprécieront pas et quelques « Ta gueule et joue » fuseront dans l’assemblée même si la majorité reste, rigole et le pousse dans ses délires. Musicalement, c’est l’electro sensuel de ces disques… mais vous l’aurez compris, c’est surtout l’univers du personnage qui intéresse. À 23h, après une heure de show, alors que Sébastien a quant à lui déjà complètement décroché depuis un petit temps, le public décroche lui-aussi peu à peu… ça tourne en rond… les mêmes blagues et les mêmes gestes reviennent (avec une prédominance du suçage de micro !) Pourtant, malgré les avertissements des programmateurs (qu’il jugera de nazis) et de ses musiciens qui tenteront tant bien que mal de le faire revenir à la raison, sont set durera encore 1h… soit 45 minutes de plus que le temps qui lui était imparti. Il est comme ça Sébastien. C’était l’une des dernières dates de la première partie de sa tournée, il était bien et il s’est fait plaisir. Ça réserve peut-être quelques surprises pour l’Eurovision. J’espère en tout cas qu’on pourra le retrouver vivant pour l’été et pour la deuxième partie de sa tournée… et ça, c’est pas ce qu’il y a de plus évident…

 

Moi, j’ai plutôt apprécié même si, avec quatre heures de concerts dans les jambes et avec un Tellier qui fait des prolongations inutiles sur scène, j’en ressors crevé.

 

Mais avec, en une soirée, trois groupes excellents et vraiment très différents, avec près de 4 heures de concerts, avec une soirée entièrement masculine (un total de 15 mecs sont montés sur scène !), c’était à mon goût la soirée qu’il ne fallait pas manquer aux Nuits Botanique.

 

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