26/04/2008

Ez3kiel et leur Battlefield

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Ez3kiel – Battlefield

« Sound & Graphik »

 

D’Ez3kiel, je n’avais qu’un vague souvenir. Celui d’une rencontre improbable avec Nosfell lors de l’édition 2005 des Eurockéennes de Belfort. A l’époque, du haut de mes 18 ans, j’étais plutôt attiré par les grosses pointures qui s’y produisaient : Interpol, Garbage ou encore Nine Inch Nails. Trois ans plus tard, c’est bon, je suis prêt. Prêt à m’attaquer à Ez3kiel et à me laisser surprendre par son Battlefield.

 

Ez3kiel, c’est avant tout un univers, aussi bien musical que graphique. Ez3kiel, ce sont des images qui marquent. Ainsi dès ses débuts, le groupe s’est créé une réelle identité graphique. Un corbeau mécanique surréaliste. Le visuel de Battlefield, leur sixième opus, est bien là pour confirmer cette tendance.

 

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Je n’ai été jamais fan des dénominations ou des étiquettes. Celles qui fourmillent  sur le net pour tenter de définir Ez3kiel sont pourtant nombreuses et variées.

 

Le groupe EZ3kiel développe un trip hop orienté dub et jungle.

Savoureux mélange de reggae-ska, de funk et de hard core.

Entre indus et dub.

Dub Indubitablement du dub. EZ3kiel donne dans le baroque futuriste.

Leur dub émaillé de crépitements electro, est passé aux moulinettes industrielles, trash et hip hop. on baigne en plein trip-hop avant d’être entraîné dans un tourbillon de syncopes electro-jungle-indus puis immergé dans des climats planants.

 

Indéfinissable. Vous l’aurez compris, en plus de l’union entre le visuel et le musical, le groupe joue sur le mélange des styles et des genres. De mon côté, je ne me lancerai pas l’exercice difficile qu’est de définir, ou plutôt de cloisonner, Ez3kiel.        

Qu’importe, le résultat est là. Sorti le 21 janvier dernier en France et le 14 Mars en Belgique, Battlefield est le sixième album de l’indéfinissable trio, désormais quatuor, français. Un album instrumental qui alterne entre douceur et fureur. Doux mais souvent lourd et violent (pour mes petites oreilles de popeux) ; dans tous les cas, Ez3kiel garde un sens certain de la mélodie et c’est sans doute ce qui fait tout son charme.

 

Mais là où Ez3kiel devient vraiment intéressant, c’est dans la pluralité des expériences qu’il propose. Un mélange constant de musical et de visuel qui prend tout son sens en live, dans l’expérience que le groupe propose à ses spectateurs. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de redéployer en live sur ce que le groupe a construit en studio avec Battlefield.

 

Il semblerait que le défi soit en passe d’être réalisé : c’est maintenant sur scène qu’EZ3kiel s’essaye à de nouveaux contacts avec le public : pendant le concert, un ballon truffé de capteurs sonores se ballade au gré des envies de la foule, la musique saccadée et aléatoire qui en découle vient alors immédiatement se caler sur la musique jouée sur scène, imparable!

EZ3kiel franchit une étape supplémentaire dans l’excellence, réussissant à immerger totalement le public dans leur univers poétique et si singulier.

 

Une expérience à vivre sur scène, le 14 mai à la Rotonde dans le cadre des Nuits Botanique. En juillet, le groupe sera de retour en Belgique le 17 juillet du côté du Dour Festival.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que je n’étais pas du tout conquis d’avance par Ez3kiel et ses mélanges de styles musicaux. Le résultat est pourtant intéressant et plutôt épatant. L’album n’est pas ce qu’il y a de plus accessible pour les non-habitués. Et ce n’est qu’après plusieurs écoutes qu’il se déploie et prend toute son ampleur.

 

La suite ? Dans quelques semaines au Botanique pour un compte-rendu de l’expérience live.

 

Malheureusement, pas grand-chose de légal à se mettre sous la dent. Je vous renvoie donc vers leur MySpace, http://www.myspace.com/ez3kielmyspace , et vers cette interview récemment réalisée par l’équipe de mativi.fr. C’est par ici que ça se passe : http://www.dailymotion.com/video/x506cj_ez3kiel-le-son-puissance-4_music

24/04/2008

Aaron @ Forest National

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AaRON @ Forest National

 

« Groupies s’abstenir »

 

Mercredi 23 Avril 2008. 20h. Bruxelles.

 

En Juillet dernier, ils étaient aux Ardentes et à Dour. En Novembre, ils remplissaient le Cirque Royal. En Mars, ils récidivaient avec l’Ancienne Belgique. A peine un mois plus tard, en s’attaquant à la plus grande salle bruxelloise, ils voient encore plus grand, les voici à Forest National. Impossible de passer à côté, ils sont partout. Eux, ce sont Simon et Olivier, les deux gars d’AaRON. Il y a un peu plus d’un an, ils étaient encore totalement inconnus. Depuis sa sorti début 2007, leur premier album s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires. Eux, depuis des mois, ils enchainent les dates et parcourent inlassablement la France et la Belgique. Ils sont courageux. Pourtant, je ne comprends pas. En juillet dernier, quand j’avais eu l’occasion (et quand c’était encore possible, avant qu’ils n’entrent pleinement dans le star system) d’interviewer Simon, à la question T’as pas l’impression de griller des étapes, il me répondait que non. Moi, j’en suis pas certain…et je ne suis pas tout à fait du même avis.

 

Moi, j’en suis pas certain… J’ai l’impression qu’ils en font trop. Trop de dates mais aussi trop de manières sur scène. Enfin, après les avoir déjà vu trois fois, c’est parti… Aaron en concert à Forest National…pour, je l’espère, leur dernière date belge avant un petit temps…

 

Pourtant, leur date bruxelloise sera d’ors et déjà un succès populaire avec un Forest Club quasi comble… c'est-à-dire un peu plus de 4 000 personnes présentes pour les accueillir…

 

En guise d’amuse-gueules, non annoncés et relativement dénués d’intérêts, deux groupes français : Suarez et un second qui ne se présentera pas (du moins, pas avant la fin du set).  Est-ce nécessaire de préciser que j’étais assez peu motivé ? Mais ça n’a fait qu’empirer, j’ai donc très peu apprécié. Les premières parties à Forest National ne servent qu’à faire patienter le public.

 

L’immensité de Forest National, son public, son acoustique, son manque de proximité, d’intimité,… rien qui, a priori, ne convienne à Aaron. A priori. De plus, qu’est-ce que Aaron pouvait faire pour me surprendre ? Ajouter un batteur peut-être ? Mouais, pourquoi pas. C’est chose faite en tout cas. Mais moi, je préfère Aaron en acoustique, Aaron en showcase, Aaron dans l’intimité, Aaron dans la Rotonde, Aaron en cd… mais pas Aaron à Forest. Et qu’il ne me dise pas qu’il n’a pas l’impression de sauter des étapes.

 

En quelques mois, AaRON s’est transformé en super héros disposé à sauver les couples comme les célibataires endurcies, les adolescentes comme leur mère. 

 

Là où ça commence plutôt mal, c’est que, pour nous faire patienter, on nous plonge dans le noir pendant 20 minutes avec de la musique chiante dans les oreilles, ça n’a aucun sens et c’est surtout très ennuyant. Tout ça pour attendre 21h et enfin les voir débarquer.

 

Aaron


 

Dès les premières notes, c’est l’introduction, tout récente, de la batterie dans leurs compositions qui m’intrigue. Elle ajoute bien une dimension supplémentaire au groupe mais surtout, elle le fait s’éloigner encore un peu plus de son côté acoustique, celui que j’apprécie le plus. Après un début plutôt calme et correct, sur Endless Song, le troisième morceau, Simon entame déjà ses sauts de carpe et ses cabrioles scéniques. Du grand spectacle. Ben oui, c’est du grand spectacle et je ne comprends définitivement plu ce qu’Aaron a pour me plaire. Simon semble pourtant touché et apprécier la réaction et l’engouement total du public, c’est sans doute le plus important. Cependant, j’avoue ne pas avoir tout compris au show de ce soir. Quelque chose m’échappe. Ce soir, il y avait tout ce que je déteste le plus chez Aaron : la dimension spectaculaire et la tournure musicale, beaucoup plus rock, que le groupe prend sur scène. Ou comment jouer des morceaux tristes et prenants dans une exaltation totale. Si, en plus, les morceaux acoustiques sont gâchés et entravés par les cris hystériques des fans qui profitent d’un peu de calme pour se faire entendre… alors il n’y a alors décidément rien à mes yeux pour sauver le set et la piètre prestation de ce soir. Ha si, peut-être leur nouveau morceau en français.

 

Merci aux pétasses hystériques qui m’ont niqué les oreilles avec leurs cris stridents. Je dois certainement être le seul dans la salle à porter un regard aussi critique sur le groupe, et surtout la tournure qu’il prend. Je préfère sortir et m’arrêter là. Ne croyez pas que j’ai pris du plaisir à démonter AaRON. Après les avoir vu quatre fois en concert, je ne demandais qu’à être surpris. Et je tenais juste à partager un dernier avis personnel sur le groupe. Une Overdose d’Aaron qui donne un regard blasé sur Aaron.

 

Finalement, on assiste à un set énergique mais pas touchant pour un sous.

 

À Aaron et à ses prestations scéniques, on préférera la simplicité et la justesse de son album Artificial Animals Riding On Neverland.   

 

 

20/04/2008

Merz Ukulélé Session & concert @ Botanique

Merz

Merz Ukulélé Session & concert @ Botanique

 

Depuis quelques semaines, il occupe mes journées, il m’accompagne sur les routes, il me fait pleinement vivre et découvrir sa musique. Lui, c’est Conrad Lambert aka Merz et son merveilleux troisième album, Moi et mon camion. Vendredi 18 Avril 2008. Hier soir, il se produisait à Paris. Demain soir, à Bruxelles. Six jours plus tard, il sera pour une soirée en Suisse. Il se lancera, ensuite, à la conquête de l’Allemagne. Sans enchainer les dates, sans enchainer les semaines interminables de tournée, simplement en prenant le temps. Il est comme ça Merz, sur la route comme en studio, il prend son temps et ce, pour notre plus grand plaisir. C’est ainsi qu’aujourd’hui, pour sa journée de repos (pour ne pas dire de promo), il offre une session Ukulélé au journal Le Soir. Le principe de ces sessions est simple et efficace, au lieu de laisser parler les mots, l’équipe Ukulélé enregistre, dans une disposition particulière, quelques morceaux de l’artiste invité, avec comme seule contrainte de manier l’ukulélé (ou tenter de le faire).

 

 

16h30. Aujourd’hui, le temps est printanier, beau et doux ; parfait pour accueillir l’anglais du côté des jardins du Botanique. Si dehors, le temps est radieux, ça n’aura pas beaucoup d’importance sur le déroulement de la session puisqu’avec l’équipe Ukulélé (deux personnes seulement !!!) nous nous dirigeons vers les sous-sols du Botanique et plus précisément dans son cinéma (dont cela faisait apparemment plusieurs semaines qu’il n’avait plus été aéré). Le genre de vieille salle de cinéma parfaite pour un film d’horreur… Quelques instants plus tard, c’est Merz et son équipe qui débarquent. Moi, un peu idéaliste, je m’imaginais Merz comme un homme seul et introverti, dans son univers… Du coup, ça m’a fait bizarre de le voir arriver avec une équipe au style plutôt hip-hop, en tout cas dans un style très différent du sien. Comme on lui laisse le choix des morceaux et des instruments, il choisi de se faire accompagner par sa drôle d’équipe. Avec, pour cette session acoustique, un batteur (Adidas style et indispensable casquette de rappeur) qui utilisera ses gros mollets tatoués en guise d’instruments, un contrebassiste recouvert d’une capuche noire, un joueur d’ukulélé au centre et enfin Merz, Conrad Lambert, presque oublié avec sa guitare … Autour de lui, ça rigole et ça blague… c’est assez étrange… Pour eux, ça doit faire partie de la promo, juste une session promo.

 

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Juste une prise de son et c’est parti. La fine équipe commence par interpréter Lucky Adam, le morceau le plus enjoué de l’album. Ça me fait très plaisir qu’ils le choisissent et qu’ils le jouent en acoustique puisque je l’avais justement choisi pour vous présenter Merz. Dans la salle, plantés dans les sièges de ciné, nous ne sommes que quatre, ce qui contribue vraiment à ce moment inimaginable pour moi. Juste après Lucky Adam, ils enchainent avec Call Me, la perle de l’album. C’est beau, c’est magique, pourtant je n’arrive pas à me laisser toucher. Pas de complicité et pas grand-chose qui passe. C’est étrange de voir Merz jouer un si joli morceau et trente secondes plus tard de le voir déconner avec ses musiciens. Ça aurait pu être touchant mais ça ne l’ai pas vraiment… ça doit être ça de se trouver dans un moment privilégié comme celui-ci, ça doit être ça de découvrir le visage d’un artiste, un visage qui peut être différent de celui qu’il propose sur scène, un artiste dans son intimité…

 

A la fin de la session, après ces deux morceaux réalisés en une seule prise, il repart, pose un dernier regard sur nous, en nous considérant comme des random people… 

 

De cette session Ukulélé, j’en ressors ravi mais pas bouleversé et plutôt perturbé…

Reste ces quelques photos vraiment magiques et surtout la session Ukulélé en question, bientôt dispo sur Fronstage au milieu de toutes les autres sessions déjà enregistrées : http://blogs.lesoir.be/festivals/ukulele-sessions/    

 

http://blogs.lesoir.be/festivals/2008/05/02/merz-ukulele-...

 

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Merz m’avait un peu laissé sur ma faim… au point que j’attendais son concert avec un peu moins d’impatience. Pourtant, sur scène, même s’il est toujours accompagné de ses deux musiciens, l’ambiance est toute autre, un peu plus en adéquation avec celle de l’album oserai-je dire, calme et travaillée. L’album justement, c’est sur lui que Merz reposera la totalité son set bruxellois. C’est la première fois que je vois un artiste annoncé d’entrée de jeu qu’il jouera l’intégralité de son dernier album. Mais là où l’exercice devient encore un peu plus surprenant, c’est qu’il jouera Moi et mon camion dans l’ordre chronologique. Comme ça, au moins, il n’y a pas l’encombrement d’une setlist inutile. Moi et mon camion, Call me, Shun, Malcom, Silver Moon Ladders,… Tout est travaillé, tout est recherché. C’était parfait. Il reviendra ensuite pour interpréter trois morceaux plus anciens dont le sublime Lotus. Mais, puisqu’il y a un mais, les jours se suivent et se ressemblent, et Merz me laissera une nouvelle fois sur ma faim. Moi qui voulais échanger quelques mots avec lui, moi qui voulais acheter sa discographie, c’est raté puisqu’il ne reviendra pas…

 

Merz, c’est décidément un personnage énigmatique…

 

J’aurai pu vous parler bien plus longuement de ce concert mais je pense que j’en ai assez dit sur Merz. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille la chronique de Manu, qui lui aussi été dans les parages et comme souvent, il aura certainement les mots justes. http://blog.getnexthighestdepth.com/?p=62

 

Voilà, après deux jours passés avec Merz, je pense que cette fois, c’en est fini. Quelques regrets mais surtout des souvenirs pleins la tête… J’aurai juste voulu lui dire aurevoir et encore une fois, voir son énorme visage s’illuminé d’un grand sourire…

 

Un remerciement particulier à Pascale du Bota, à Cédric du Soir et à Conrad pour son album. Même si je ne pourrai sans doute jamais assez les remercier.

 

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