31/10/2007

Benjamin Biolay @ Botanique

BenjaminBiolay

Benjamin Biolay @ Botanique

 

« Petite connasse
Pourquoi tu fais ta radasse
Petite pétasse
Qui montre rien en surface
Qui veut qu'on l'embrasse encore
L'embrasse encore »

 

Mardi 30 Octobre. 10h33. Je reçois deux places pour assister au concert de Benjamin Biolay qui a lieu le soir même à l’Orangerie du Botanique. Voici le genre de surprise et d’aventure que j’aime particulièrement.

 

Benjamin Biolay, je vous en avais justement parlé il y a peu de temps sur ToX, en présentant son dernier single ‘Dans la Merco Benz’.

Pour le reste, je ne connaissais absolument rien à propos de l’artiste… J’avais juste comme a priori que je ne l’aimais pas beaucoup… qu’il a plutôt une grande gueule et des prises de position relativement ridicule.

 

J’avais donc tout à apprendre et tout à découvrir pour cette soirée. Benjamin Biolay, sa musique, ses compositions et…son public.

 

Première chose, trouver une personne avec qui partager ma deuxième place… ça tombe bien, il y a quelques jours, j’ai remarqué que la petite Pauline avait chez elle un album original du Monsieur… Ce sera donc à elle que je ferai plaisir…

 

Résumé de la soirée.

 

20h06. Place à la première partie : Samir Barris.

 

Toujours accompagné par l'excellent contrebassiste Nicholas Yates, ce jeune chanteur bruxellois nous livre avec sincérité et enthousiasme des textes spontanés dans uns style pop.

 

J’avais pris le parti de ne pas écouter cet artiste avant le concert en vue de laisser place à la surprise et à la découverte.

Samir Barris…avec un nom pareil, j’aurais pu m’attendre à … de la musique du monde. Et bien non, ce sera de la musique française. Devant un public présent en nombre, deux jeunes hommes, Samir et Nicholas, nous proposent des compositions naïves, simplettes et surtout d’une platitude extrême. C’est doux et surtout, beaucoup trop lisse.

A côté de Samir, un artiste comme Raphael (avec qui on pourrait trouver quelques ressemblances) passe même pour carrément rock’n’roll. C’est peu dire…

Samir aurait sans doute pu être un élève studieux dans la nouvelle promotion de la Star Ac, il est mignon, gentil, musicien et chanteur. Pourtant, non. Il est en première partie de Benjamin Biolay. En 40 minutes, c’est bouclé et rapidement oublié.

 

21h08. Une heure après Samir Barris, c’est au tour de Monsieur Biolay de débarquer sur scène.

 

Auteur, compositeur, interprète et arrangeur, Benjamin Biolay a composé entre autres pour Keren Ann, Juliette Gréco et Henri Salvador. Venant d’une formation classique, Benjamin Biolay nous a habitué à sa poésie mélancolique et une pop assez classieuse. Il revient avec un quatrième opus "Trash Yéyé", teinté cette fois-ci de rock, de hip hop et aussi de dub.  

 

Pendant la pause, en arrière plan de la scène, on vient placer… des mannequins taille réelle en carton… de basketteurs noirs américains… Je ne sais absolument pas ce qu’ils viennent faire là… Ils doivent faire partie de l’équipe et être présent à tous les concerts puisque Benjamin prendra plaisir à présenter ces trois mannequins quand il nous fera découvrir son équipe de musiciens… (Un pseudo-bide au passage)

Ensuite, c’est au tour de quatre musiciens, d’une demoiselle aux chœurs et enfin de Benjamin Biolay de monter sur scène. Il est vêtu très sommairement d’un t-shirt noir, d’un pantalon noir et, à son habitude, a ses cheveux plaqués en arrière. Il débute le concert sur une ballade qu’il joue sur son piano. La salle est comble, ce qui flatte et touche le chanteur, et réagit au quart de tour.

Sur scène, bien que Benjamin alterne entre des compositions calmes et d’autres nettement plus énergiques, les morceaux se suivent et se ressemblent. Pourtant, il y met du sien et n’a pas du tout la nonchalance que je lui aurai imaginé. Il communique beaucoup avec le public belge qu’il semble apprécier… et réciproquement. Justement le public, je ne savais pas trop à quoi m’attendre… j’aurai bien imaginé une assemblée majoritairement féminine… Et bien… Non. Il y avait bien quelques demoiselles, mais aussi beaucoup de messieurs, pas mal de couples, de têtes grisonnantes, de personnes de plus de 35 ans… et surtout, beaucoup de petits bourgeois bruxellois… C’était donc la grande fête… Un contraste énorme avec mes précédentes soirées…

 

Mais il manque un petit quelque chose à ce concert… Je pense… J’ai même quelque fois eu l’impression d’assister à un concert de Patrick Bruel… une équipe de musiciens en arrière plan… Un Benjamin Biolay qui se ballade entre eux et qui enchaîne ses morceaux… sans que je ne ressente la moindre émotion. Près de deux heures de concerts pour me confirmer une seule chose… Benjamin Biolay n’est pas ma tasse de thé… et c’est déjà bien de le savoir. Il m’a épuisé.

Heureusement, il y a quand même eu quelques bons morceaux, je pense par exemple à ‘Dans mon dos’ que j’ai découvert et retenu ou encore à ‘Dans la merco benz’ sur lequel, même si Biolay est loin d’atteindre l’excellence de la version studio, Benjamin s’improvise trompettiste.

 

Le public semble conquis (d’avance ?), Benjamin Biolay aussi. Samir Barris tente de vendre ses Cds à la sortie, ça semble bien marcher aussi. Tout le monde semble content… sauf moi, c’était assez chiant et surtout beaucoup trop lisse (même de la part de Biolay, c’est un comble). Mais au fait, sous ses airs de prisonniers ne serait-il pas aussi un peu (trop) BOBO ? (On me souffle dans l’oreillette que c’est bien le cas).

Quelques clopes fumées sur scène, quelques gros mots… la rebelle attitude de Benjamin s’arrête là… C’est peut-être pas plus mal finalement…

 

Reste cette question qui me turlupine : Qu’est ce qu’autant de mecs faisaient ce soir-là au Bota ?

 

 

Rock’n’Roll

30/10/2007

Deportivo – I Might Be Late

Deportivo

Deportivo – I Might Be Late

 

Un renard, une poule, une clé… Mais qu’est ce qui peut bien se cacher derrière la pochette de cet album ? Rien, certainement…

 

Deportivo est un groupe de rock français que les mauvaises langues considèrent comme un mélange entre Noir Désir et Louise Attaque.

Et si finalement, c’était ça le rock français…

 

J’ai un gros problème avec Deportivo… c’est que je les aime beaucoup…

En 2004, du haut de mes 17 ans, je découvre ‘Parmis Eux’, leur premier album.

Touché.

Des compositions courtes, très courtes même puisqu’elle dépasse rarement 2min30, souvent en français, quelques fois en anglais, des paroles simples mais touchantes (peut être seulement quand on a 17 ans…quoique…) mais surtout une alternance entre des morceaux  à l’énergie pure et brute et des ballades acoustiques. Il ne m’en fallait pas plus.

 

En 2004, Deportivo c’était ça, l’énergie d’un ‘1000 moi-même’ qui côtoie la douceur d’un ‘Sur le moment’ :

 

 

 

En 2007, trois ans plus tard, Deportivo est de retour et vient de sortir son deuxième album intitulé… Deportivo.

Trois ans plus tard, j’étais censé avoir (un peu) grandi… vous auriez même le droit de me dire « Comment peux-tu aimer cette musique adolescente ? » et pourtant… encore touché.

On prend les même et on recommence.

La recette ne change pas d’un milli poil : des compos courtes, alternant puissance et acoustique, français et anglais. On y ajoute quand même un petit bonus, une reprise de Miossec et de son morceau ‘Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement’.

Les 9 premiers morceaux (sur 10) sont bouclés en… 23 minutes ! Deportivo n’a décidemment pas changé.

 

Avec des paroles simples, parfois crues, parfois trop simple, parfois débiles, parfois un peu plus recherchée, Deportivo reste dans la lignée de son premier album… et c’est peut-être pour ça que je les aime bien…

 

« Allez rejoins moi dans la brise, on pourra baiser et faire n’importe quoi ».

« Oh merde ! Où diable ai-je donc pu oublier mes armées de problèmes ? »

« Quand nos âmes auront repris leurs voles à l’unisson,
Quand on aura chanté du Brassens à l’unisson »

 

 

Sur ‘Parmis-eux’, un morceau m’avait particulièrement plu,  ‘A l’ avance’.

Sur ‘Deportivo’, ce sera ‘I Might Be Late’.

Cette capacité de chanter en anglais d’une manière tellement… française, cette simplicité, cette guitare, cette petite trompette…On y retrouve tout le charme du trio français. Pas étonnement que ce soit le morceau que je vous propose de découvrir.

 

L’album est sorti le 22 octobre et est actuellement introuvable en Belgique… (Ça donnerait presque envie de le télécharger).

 

Deportivo sera de passage en Belgique, le premier de mémoire d’homme, le 24 novembre prochain dans le cadre du festival ‘Rock en Vrac’ au Botanique.

 

Et si finalement c’était ça le rock français…

 

28/10/2007

Elvis Perkins @ ABClub


ElvisPerkins

Elvis Perkins @ ABClub

 

Samedi 27 Octobre. J’ai rendez-vous à l’ABClub avec Elvis Perkins.

19h45. Quel plaisir de monter ce long escalier pour atterrir dans l’ABClub. La dernière fois que j’y étais retrouvé, c’était pour voir Just Jack. L’endroit n’a rien perdu de son charme, un pièce en parquet, une proximité extrême avec la scène et le charmant petit bar à fond de cette minuscule salle, le tout sous un éclairage merveilleux. Je tire la porte et je me retrouve au milieu de… 5 personnes… Il n’y aura pas foule ce soir, c’est une évidence et ce n’est pas plus mal. En face de moi, un stand merchandising avec d’affreux T-shirts à l’effigie du groupe, des Cds et des vinyles aussi… Curieux, je m’approche. Assis derrière la table, une femme lit un livre. Elle lève son regard, lâche un ‘Hello’ et replonge aussitôt dans son bouquin. Elle est blonde, assez bien portante et surtout elle chique la bouche ouverte. Je m’écarte et passe 10 minutes à observer cette scène digne d’un pseudo film américain. Cette femme, seule ; qui lit et qui ne lui manque plus qu’un tricot à la main et quelques gosses qu’elle engueulerait à ses pieds pour décrocher haut la main l’oscar du meilleur rôle…

 

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Le décor est planté mais je m’éloigne un peu du sujet. Je suis venu pour voir Elvis Perkins, rappelez-vous.

A 20h, début la première partie. C’est Mel Dune qui s’en charge.

Une jeune femme, accompagnée de trois musiciens, qui propose de la folk, dans la plus pure tradition, si ce n’est avec un petit accent flamand qui trahit ses origines. De la folk flamande en anglais en quelque sorte. Assis contre la scène, j’ai beaucoup de mal à me laisser prendre par ces sonorités touchantes mais sans réelle âme. Pourtant, après quelques morceaux, j’arrive peu à peu à me laisser toucher par l’univers du groupe, triste voir dépressif…mais trop tard…30 petites minutes et puis s’en vont… Un concert acoustique qui ne laissera pas un souvenir impérissable puisque vous pouvez encore ajouter à cela qu’elle ne s’exprime qu’en néerlandais et que je n’ai donc pas compris grand-chose à son charabia entre les morceaux…

 

En attendant 21h et Elvis, quelques bières me font patienter. Ce qui est bien avec l’Ancienne Belgique, c’est qu’on paye le prix du (super) gobelet en plastique dans lequel est versée la bière, on peut donc les reprendre chez soi pour en faire une collection… (Pourtant à 2,20€ la pisse de chat, ça pourrait paraître excessif mais après un passage par ce que propose nos amis français, je reste calme !)

 

21h. L’air de rien, Elvis Perkins débarque seul sur scène, guitare acoustique autour du cou et harmonica au bec, deux instruments qu’il ne quittera pas d’une seule seconde durant son concert.

 

Cet Elvis-ci n'est autre que le fils d'Anthony Perkins, l'acteur de 'Psychose'. Ceci étant dit, il est nettement plus pertinent de faire remarquer qu'ELVIS PERKINS est apparu pour la première fois sur la scène de l'AB en début d'année, en première partie de Clap Your Hands Say Yeah. Ce singer-songwriter était à l'époque totalement inconnu mais il a sorti depuis un 'Ash Wednesday' à vous donner des frissons. L'album a été enregistré à Los Angeles en compagnie de quelques amis musiciens et du batteur Gary Mallaber (Van Morrison). Un album pop folk qui s'épanche sur les bons comme les moins bons moments de la vie et qui nous fait penser, de temps à autre, à Bob Dylan. Après quelques tournées couronnées de succès à travers les Etats-Unis avec Okkervil River et My Morning Jacket, Elvis Perkins viendra cette fois en Europe, accompagné de son trio DEARLAND.
Petite communication d'ordre pratique : Elvis Perkins n'est pas contraire aux enregistrements audio et vidéo à usage privé, dixit un communiqué officiel sur son site web.

 

Après un premier morceau solo, Elvis se fait rapidement rejoindre sur scène par trois brillants musiciens multi-instrumentalistes. Une atmosphère étrange se dégage. Un univers dont je ne sais pas s’il est issu dans mon imaginaire ou non mais qui se juxtapose parfaitement à celui de la femme qui tient le stand merchandising. Imaginez à la fois des hippies dans les années 60 aux Etats-Unis et des jeunes fermiers américains tout droit tirés de leur ranch, mélangez les deux et vous aurez Elvis et ses musiciens. Elvis n’est pas très beau, sa barbe n’est pas très jolie. Il porte une chemise blanche et un vieux pantalon, un style assez négligé. Il porte autour du cou un long collier ainsi qu’un médaillon (avec une photo du christ ?). Le bassiste l’accompagne dans ce style hippie tandis que les deux autres cultivent plutôt le style bucheron avec de jolies chemises…de bucherons.

 

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Elvis est plutôt antipathique et peu communiquant, il est plongé dans son univers, un univers pas très joyeux. Durant les morceaux, il garde toujours les yeux fermés. Entre les morceaux, il change d’harmonica et de guitare et lance quelques mots au public, le plus souvent un vulgaire ‘Heyyy’.

Pourtant, le concert se déroule parfaitement, sans accros. C’était le Elvis Perkins que j’attendais. Avec un plus, les joyeux musiciens qui l’entoure. Je pense que tout seul, il doit être assez peu amusant… voir chiant… mais voir ses musiciens sourire entre eux et à toujours changer d’instruments rend le spectacle très attachant. Le nombre d’instruments joué par ces trois là durant le concert est vraiment impressionnant. Basse, contre-basse, violoncelle, trombone, grosse-caisse,… Ce qui fait qu’on peut rapidement passer de morceaux pop folks assez déprimants sur lesquels c’est Elvis qui occupe le devant de la scène à d’autres morceaux où l’on assiste à une véritable cacophonie multi-instrumentale. Dans ce bordel magnifique, le batteur qui prend la grosse caisse y joue pour beaucoup ! On s’éloigne de l’album, c’est varié, plaisant, de nombreux nouveaux morceaux sont joués… mais malgré tout, après 1h de concert, la majorité du public n’attend qu’une chose, son tube et certainement son meilleur morceau : While You Were Sleeping. Un morceau qui ne tombera finalement qu’en rappel et qui sera suivit d’un excellent morceau sur lequel les instruments se déchaînent et qui pour clôturer les 80 minutes de ce set, nous laissera partir avec un sentiment de gaieté et de bonne humeur…

1h20 de concert. Elvis n’ayant qu’un seul album, j’en suis agréablement surpris.

Du premier rang, j’ai passé un excellent moment, dans un univers particulier auquel j’étais déjà habitué… ce qui m’a facilité la tâche.

Ce n’est pas le concert de l’année mais Elvis Perkins m’a touché.

 

(Et pour 10€, c’est ce qu’on appelle : une bonne affaire).

 

0h42. Il y a 3h, j’étais à deux pas d’Elvis Perkins. Maintenant, je pense avoir fini cette chronique et je pense avoir tout dit. Reste cet interminable ‘While You Were Sleeping’ qui tourne en boucle…